mercredi 24 septembre 2008

Vida Universitaria

Devant la demande générale, je vais parler un peu plus de ma vie à l'université, parce que c'est quand même pour ça que je suis ici, officiellement.
Donc, je passe la majorité de mes cours à l'IFCH, Institut de Philosophie etSciences Humaines. Et l'IFCH, à l'Unicamp, c'est tout un concept. C'est le prototype même de l'étudiant décalé qui échafaude des thèses sur tout, qui est végétarien et qui s'habille bizarrement. Des gros babs, quoi, en français.
La réputation des étudiants des facs est la même qu'en France, c'est marrant: lettres et arts c'est des hippies, et les ingénieurs, scientifiques, etc, c'est des geeks. Heureusement qu'il n'y a pas d'étudaints en droit sur le campus, vu la réputation qu'ils ont en France... Enfin, ça reste des clichés, tous les gens ne sont pas comme ca bien sûr.
Enfin, toujours est-il que les fêtes de l'IFCH et des Arts sont mieux, à mon sens, que celles des facs d'ingénieurs, qui sont plus des grosses beuveries où tout le monde s'embrasse dans tous les coins.
La cafét' de l'IFCH est un peu le QG de tous les gens qui veulent refaire le monde, donc c'est pas mal de boire un café là bas, toute façon tu sais que quelqu'un viendra te parler parce que tu as une tête d'étranger ("francês?? Que legaaaaaal!!!" Genre, trop bien!!!) Je suis fière d'ailleurs ici de mon statut de française, tout le monde a l'air d'adorer la France, le français (et les françaises). Tout étudiant de l'IFCH se doit de parler un minimum de français pour lire les textes qu'on leur donne en cours (en V.O, waw).
Ce qui est assez fou d'ailleurs, parce qu'ils lisent Deleuze ou Foucault comme on lit Marc Lévy, et t'en parlent, parce qu'en tant que française tu as forcément une opinion sur la question (pas vraiment...). En fait, ils t'en apprennent plus sur ta propre culture. En matière de films aussi, ils sont super calés, c'est assez impressionant.
Les cours aussi (malheureusement) sont très basés sur la culture européenne, beaucoup de thèses d'auteurs français ou allemands, ce qui fait qu'on en apprend pas beaucoup sur la culture brésilienne. Ca reste assez généraliste, je m'attendais à quelque chose d'un peu plus... brésilien. Mais cela reste très intéressant, avec plein de textes à lire, les élèves qui participent, les profs intéressés.
Sinon la fac est très vivante, avec toujours de la musique (souvent des bruits de fond de percus, les gens ne se rendent plus compte mais c'est assez dingue), des animations, des petits marchés, des gens qui font la pub pour leurs fêtes. Il y a parfois des fêtes à l'intérieur du campus et là il y a des petits vendeurs qui arrivent et vendent de la pinga com mel (alcool de canne au miel) et plein de trucs, et ca sent des odeurs de maconha, et tout le monde se parle, c'est vraiment sympa.
Au niveau des amis, on a plein de POTES, avec qui on parle, on fait des fêtes, on boit des verres et tout, mais très peu d'AMIES brésiliennes (voire, pas du tout). J'avoue, j'ai un peu de mal avec les brésiliennes. On a toujours l'impression, quand on leur parle, d'entrer en compétition avec elles, d'être jugées... Pas très agréable, quoi. Et puis la grande majorité d'entre elles ont l'air d'être super sophistiquées, du genre j'ai passé 3heures dans la salle de bains avant d'aller en cours. Mais encore une fois, elles ne sont pas toutes comme ca, c'est donc un de mes objectifs, ici au Brésil, d'avoir des amies brésiliennes!!
Voila en gros ma vie de tous les jours, je travaille quand même pas mal (lire un texte de Freud de 30 pages en portugais ca demande du temps...), mais je m'amuse beaucoup aussi!

jeudi 18 septembre 2008

Juste un petit message pour que vous m'enviez, vous français qui avancez vers l'automne avec sa grisaille, sa routine et ses embouteillages... Ici , on va vers le printemps, qui n'a aucune signification au Brésil, sinon de passer du "pas très chaud" (20°) au chaud, puis au très chaud (35, 40° en décembre, janvier, vous savez, quand il commence à geler et à neiger en France...)

En résumé, soleil tout le temps. Et ce weekend, Ilhabela: tout un concept!! Une île, des plages, des cascades dans la forêt, bref, assez proche du paradis. Imaginez: vous, le sable, la mer, des petites vagues (juste pour faire le fond sonore), de l'"agua de coco" à la main (noix de coco percée pour boire le jus à la paille), des cocotiers au dessus de la tête... Bon, j'exagère, d'accord. Le dimanche il n'a pas fait beau, une espèce de bruine à la bretonne avec du vent, qui nous a fait attendre le ferry pendant 3 heures pour rentrer... Enfin, ca fait partie du jeu!

Très beau voyage en tout cas, maintenant retour à Campinas (bien moins sexy), en attendant le prochain périple...

samedi 6 septembre 2008

Va com Deus



S'il y a plein de clichés sur les brésiliens qui se trouvent infondés, autant celui de leur ardeur religieuse est bien réel.


Même dans un univers comme l'Unicamp, qui est très "upper-class" assez riche, instruit et politisé (de gauche, entendons-nous), la religion est très présente.


Des formules comme "Va com Deus" (Va avec Dieu), à laquelle on répond "Amen", font partie des expressions courantes pour dire à bientôt...


Il n'est pas rare au resto universitaire de voir des gens qui font le bénédicité avant le repas.


Et nous avons même remarqué que sur les paquets de parmesan (entre autres!!), il y avait l'inscription "Deus é fiel" (Dieu est fidèle). Du parmesan béni??!!

(L'image, c'est un tract qu'on a reçu a la maison...)

Les églises pentecôtistes, assomptionnistes, des Saints des derniers jours, et j'en passe, sont omniprésentes dans les villes et font souvent partie des bâtiments les plus luxueux d'une ville. Elles sont d'ailleurs en général assez récentes, ce qui montre bien la recrudescence de toutes ces nouvelles églises ici au Brésil.


En parlant avec certains amis brésiliens, on peut se rendre compte que pour eux la religion est très importante et qu'on ne peut pas plaisanter avec elle. Par exemple un soir on s'était perdus avec un ami en rentrant, il me soutenait que c'était "grâce à Dieu" qu'on avait retrouvé notre chemin... Le retour s'est mal terminé, puisque je lui ai soutenu que c'était grâce à nous seulement qu'on était rentrés, que Dieu n'avait rien a voir dans tout ça...


Ne généralisons pas non plus, il n'y a pas que des dévôts par ici, beaucoup de gens anti-religieux et athées aussi...


Enfin, pour nous français laïcisés, c'est souvent assez étrange cette omniprésence de la foi dans la vie quotidienne. Mais cela fait partie intégrante de la population brésilienne et c'est intéressant à observer.