dimanche 19 octobre 2008

Petit cours d'histoire: le Brésil, avant d'être colonisé par les Portugais, était habité par des populations indigènes, les Tupi-Guarani notamment. D'où l'existence de noms indiens dans la langue, très marrants pour les Européens. En voilà une petite sélection:


- Abacaxi: ananas. Ca sert pour faire des très bons jus frais, et des batidas, avec de la cachaça (désolée papa, je parle encore d'alcool...). On s'en sert aussi dans l'expression "Qué abacaxi!", qui signifie, plus ou moins, c'est quoi ce bordel.


- Berimbau: instrument qui rythme le jeu de la capoeira. Il ressemble à une canne à pêche, avec une calebasse en bas, et ça se joue avec un espèce d'arc. Il y en a 3en capoeira, et c'est le maître qui joue de la plus grosse. Il s'en sert aussi pour arrêter le jeu.


- Capivara: gros rongeurs mi-cochon, mi-hamster. Voir dans l'article à Socorro. Un des animaux les plus bizarres de la création. A ne pas confondre avec catupiry, (c'est déja arrivé...) un fromage crémeux et industriel qu'ils ont la manie de mettre partout, sur les pizzas, dans les salgados, tout ca...


- Guarana: fruit d'Amazonie. Par extension, boisson énergisante, qui a un air de famille avec le Redbull. Généralement, les refrigerantes (sodas), c'est soit du coca (mondialisation oblige), soit du guarana.


- jabuticaba: baie noire qui pousse sur le tronc de l'arbre (cf photo), qui a un gros pépin, et qui a un nom imprononçable. On en fait aussi une boisson (alcoolisée), ca devient de la pinga com jabuticaba.


- jacaré: Crocodile qui vit dans les fleuves de l'intérieur du Brésil, et avec lequel on fait des steaks. Au lieu de demander une vulgaire escalope de dinde, on peut demander un steak de jacaré, et la on a plus la classe.


- Jurupinga: vin doux, sucré, "ta pra boiolas" (c'est pour les tapettes)


- Jaguariuna, Sorocaba, Ubatuba, Indaiatuba, Mogi Mirim, Araraqua, Caiaguatatuba...: villes près d'ici, qui peuvent rivaliser avec "anticonstitutionnellement" dans le nombre de syllabes.

- Piriguete: je sais pas si c'est de l'indien, mais c'est drôle quand même. Fille qui couche avec un mec, mais à qui ça ne dérange pas de coucher avec 2, 3, voire plus... (en même temps? là j'ai pas compris...) Comme le dit la chanson (une espèce de tube commercial): "Quando ela me ve ela mexe,Piri, Pipiri, Pipiri, Piri, Piriguete !" (Quand elle me voit, elle remue, piri, piri, etc...)


mercredi 15 octobre 2008

Halo Blumenau!!

Encore un voyage le weekend dernier. Mais là, c'est spécial, on va en Allemagne.
Enfin, dans les anciennes colonies allemandes du sud du Brésil, mais on s'y croirait!
Et ceci, pour un évènement spécial: l'Oktoberfest à la sauce brésilienne!!!
Nous avons donc une bonne nuit de route à faire pour aller dans l'Etat de Santa Catarina, nous arrivons à Blumenau, au camping qui ressemble a un goulag est-allemand (mais c'est pour se mettre dans l'ambiance).
Nous visitons ensuite la ville, un mélange d'architecture stalinienne, de belles maisons coloniales et de maisons à colombages allemandes typiques. Toute la ville tourne autour de cet évènement, qui attire pas mal de monde, toutes les boutiques sont décorées aux couleurs de l'Allemagne. Ca fait un peu fêtes de Bayonne, comme ambiance, pour ceux qui connaissent ;-) ...
On s'arrête dans un bar, première bière d'une longue série, il se met à pleuvoir, et là on se croirait vraiment en Allemagne, si ce n'est l'orchestre de percus brésiliennes, et les gens qui chantent (bien) et qui dansent (encore mieux).
On va manger dans un resto de pizzas à volonté (la choucroute, pas pour tout de suite), petit before au camping, et on se dirige vers un espèce d'énorme hangar-chapiteau avec des décors de maisons allemandes en toc, on se croirait a Disneyland.
Il y a 3 scènes, des orchestres qui jouent de la musique traditionnelle, plein de stands de bière, des gens en costume traditionnel (oui oui, les grandes chaussettes, le short vert, le chapeau tyrolien, ridicule), des grandes tables en bois et plein de monde.
Pour une fois, 3 blondes ensemble (mes 2 colocs et moi), ca passe presque inaperçu, parmi tous ces descendants d'aryens...
[Beaucoup de bières plus tard...]
Nous nous réveillons (sous la pluie, toujours), et nous allons à Pomerode, ville où encore 80% de la population parle allemand!!!! Nous allons dans un restaurant allemand typique et nous goinfrons de tartes et gateaux (enfin des gens qui savent faire les desserts, ici...). On visite un peu la ville et retournons à Blumenau.
Le camping s'est transformé en grand champ de boue. Après Munich, c'est Woodstock...
On remet ca le deuxième soir, mais cette fois on connaît les chansons (à base de daï daï daï, facile)...
Puis le lendemain, nous partons à l'aube (11h30...) sous un grand soleil. Brasil is back!!
On s'arrête au bord de la mer, petit resto de poissons, nous traversons la serra du Parana (magnifique..cf les photos), nous nous perdons dans la jungle quand le soir tombe (et manquons de tomber en panne d'essence), nous arrivons dans la civilisation.... Traversée routinière d'une partie du Brésil, quoi..

jeudi 9 octobre 2008

Sao Paulo !!

Campinas, c'est bien, mais c'est un peu la campagne, et puis le weekend, c'est assez désert.
Donc, quand on a une des plus grandes mégapoles du monde, avec 20 millions d'habitants (!), a une heure de route, il faut y aller.
Nous voila donc parties (ma coloc' Pauline et moi-même, Pauline, ne pas confondre) avec notre coloc' Marilia, paulistana, chez qui on fait une escale petit déj' avant d'affronter LA GRANDE VILLE!!
Métro, direction, praça do Sé. Une des principales places de Sao Paulo, avec sa cathédrale gothique, ses prédicateurs de rue (Jésus est grand, gardez espoir mes frères...) et ses vagabonds. Malgré qu'elle soit au coeur de la ville, la place est assez calme et arborée, ce qui est assez sympa pour une première approche de la ville.
On se balade un peu autour de la place, il y a autant de gratte-ciel modernes que d'immeubles type new-york début 20ème siècle, que d'anciennes bâtisses coloniales. Ce qui fait une drole de cohabitation, qui fait un peu penser à Marseille par moments.
Là, on se perd un peu, on arrive dans des rues bondées, pleine de magasins, de vendeurs de rue, et de gens. Et là, paf, on se croirait en Inde (enfin, l'idée que je m'en fais...)
On s'éloigne donc de cette foule, on se dirige vers un bâtiment au loin qui a l'air joli... On traverse donc un parc, qui était, disons, pas très fréquentable. Là, on était vraiment perdues. On demande donc a une vieille dame ou était la station de métro la plus proche, et elle nous dit, Ne restez pas là, por amor de Deus, ne sortez pas des endroits bien fréquentés, etc. Et là, on commence à flipper. Tous les gens nous paraissaient suspects, allaient nous agresser, nous voler notre argent... On se rappelle que Sao Paulo, c'est quand même une ville dangereuse pour deux blondes qui ont l'air de touristes. En fait, finalement, tout s'est bien passé, nous déjeunons et reprenons notre route.
Nous allons au Musée de la Langue Portugaise, une ancienne gare de trains transformée en musée, une petite merveille super high-tech (écrans géants, projections sur les plafonds, bornes interactives...), qui était vraiment très intéressante. Si le portugais est déja une langue métissée: influences latines bien sur, mais aussi saxonnes, arabes (dues aux diverses invasions)... , le portugais du Brésil l'est encore plus, avec les influences africaine et indienne (j'y reviendrai :-) ), et bien sur anglaise, française (abajour, soutien...) On se fait donc chasser du musée a la fermeture sans avoir pu tout faire, tout voir. On reviendra!
On se dirige alors vers l'auberge de jeunesse, tout en rencontrant des gens qui nous aident, nous parlent... Cela m'a agréablement surprise, les grandes villes étant habituellement assez anonymes. Là, même les gens dans le métro sont sympas!!!
Là dans l'auberge, nous rencontrons des gens de partout, des Colombiens, un Français, deux Israéliens complètement dingues, un Syrien...
Nous allons manger dans un restaurant italien: il faut savoir que Sao Paulo est connu pour la qualité de ses restaurants, notamment italiens, du à l'immigration. Celui-là n'a pas dérogé à la règle...
Nous sortons ensuite avec tous les backpackers de l'auberge, dans un bar où le réceptionniste jouait.
Petit bar alternatif, musique rock old school, reggae dub brésilien, dialogues en anglais, punk germanophile paulistano et caipirinha: bienvenue dans le monde merveilleux de la mondialisation. Qui fait du bien, soit dit en passant, après 2 mois de portugais et de samba...
Nous prenons le premier métro, nous dormons (peu) et nous repartons.
On visite le quartier asiatique (très forte immigration japonaise ici, étonnament!!), avec ses arcades rouges japonisantes. On achète plein de nourriture et d'épices asiatiques. Puis on se dirige vers le quartier italien (c'est l'heure du déjeuner!), avec ses petites maisons coloniales super jolies, et son ambiance méditerranéenne. On salive devant le fromage et la pasta...
Puis, après quelques galères de téléphone (ici c'est un vrai casse-tête, avec plein d'indicatifs de rentrée, de sortie...), on se dirige vers l'avenida paulista, le "Champs d'Elysées de l'Amérique du Sud". (Si vous avez du temps à perdre, lisez l'article du Routard sur cette avenue, il vaut le détour...)
Des grands buildings, une grande avenue, des voitures, des enseignes internationales: on peut être dans n'importe quelle grande ville du monde.
Nous visitons le MASP (musée d'art de Sao Paulo), bâtisse rouge vif contemporaine, de belles toiles d'artistes européens, de belles vues du Brésil parfois.
Puis nous reprenons le métro et repartons. Sao Paulo, nous reviendrons.

Vous l'aurez compris, Sao Paulo est une ville trèèèès cosmopolite, avec des influences très diverses. Elle est internationale, mais elle reste brésilienne par bien des aspects. De toute façon, le Brésil lui-même est un énorme métissage, et je pense qu'à Sao Paulo, on peut le constater plus que partout ailleurs...