Rio, c'est un mythe. C'est un concentré de Brésil. Rien qu'en évoquant ce nom, des mots comme des formules magiques viennent dans l'esprit: Copacabana et Ipanema, Pao de Açucar et Corcovado, Havaianas et Cidade de Deus. Hé bien, c'est tout ça Rio. C'est la mer et la montagne, les gratte-ciel et la jungle, les favelas et les quartiers chics, les filles en string et les travelots.
On a l'impression que c'est tout un tas de clichés, mais c'est bien vrai: Rio est une ville multiple, où tu croises des gens de tous les milieux, là où tu portes le regard tu vois des immeubles, la mer, des favelas qui grimpent sur les morros, la forêt tropicale, et souvent le Christ qui t'attend les bras ouverts. Et c'est pour ca que cette ville est dingue.
On a eu deux maisons à Rio grâce à notre pote français Julien (merci!!!): les premiers jours, dans une chambre de bonne au 8ème étage d'un HLM sans ascenceur, construit sur une ancienne favela, où les voitures passent nuit et jour dans un tunnel DANS l'immeuble (oui oui!!) MAIS avec une vue formidable sur le Christ et les montagnes toujours proches.
Et là, nous sommes dans une maison immense, au milieu de la forêt, au calme, maison tenue par un français et pleine de Péruviens. Et ces 2 maisons, à 10 minutes en bus de distance, en passant par ce fameux tunnel qui passe sous l'immeuble, et creuse la colline où se trouve la plus grande favela de Rio, Rocinha.
Soit dit en passant, on s'est trompés de bus la dernière fois pour aller à la plage et nous nous sommes retrouvés en train de traverser Rocinha, un peu flippés certes, le gros bordel sur les routes (toutes en pente et chargés de motos et de camions), mais ça permet de dédiaboliser la favela, qui est après tout un quartier comme les autres. Pas de bandits qui se baladent la kalachnikov au poing, pas de gosses de 8 ans qui sniffent de la colle ni de prostituées à tous les coins de rues.
On a donc passé une grosse semaine ici, et on a fait les touristes autant que les Cariocas;
On est allés du Pao de Açucar en téléphérique et vu venir un gros orage tropical qui nous a bloqués au sommet;
On est montés jusqu'au Christ à pied, dans la jungle (dur!), pour admirer le coucher de soleil au sommet;
On est montés (à pied aussi!) au quartier de Santa Teresa, où vivent les artistes, pour admirer les vieilles maisons coloniales décrépies et redécorées par les habitants;
On est allés au Jardim Botânico regarder les plantes tropicales;
On a bu des bières avec des alcooliques à Lapa, en écoutant de la samba et en regardant les vieux danser;
On a (re)bu des caipirinhas avec la jeunesse dorée de Rio;
On s'est dorés la pilule à Ipanema et Leblon en regardant passer les Cariocas en string, les métis musclés(mmm...) qui jouent au foot, les surfeurs, les petits vendeurs de tout;
On s'est baladés au bord du lac avec les familles cariocas en vélo;
On a acheté des souvenirs au marché hippie d'Ipanema qui n'a d'hippie que le nom;
On a marché dans les rues commerçantes en trouvant absurde les décorations de Noël et les vendeurs de bonnets rouges à 30°;
On a mangé de la daurade, des brochettes de poulet avec de la farofa au coin d'une rue, des pizzas italiennes, des pièces de viande énormes pour une bouchée de pain, des hamburgers, des acarajés du Nordeste, des tapiocas à la viande séchée, bu des noix de coco sur la plage;
On a passé Noël avec des Péruviens et des Français et bu du vin blanc pour fêter ça;
Et puis, plein d'autres choses encore, qui ont rendu ce séjour inoubliable, comme de voir le soir de Noel le Christ illuminé par un arc-en-ciel qui termine sa boucle dans la mer.
J'ai aimé Rio de Janeiro...
jeudi 25 décembre 2008
dimanche 7 décembre 2008
Préparation du voyage
Les vacances commencent, et l'envie de bouger se fait de plus en plus grande...
On a 3 mois de vacances, donc le temps ne manque pas, mais le Brésil est grand et les trajets se font souvent à coup de 24h de bus ou plus...
On a donc préparé un plan de voyage qui n'est pour l'instant pas définitif, mais pour l'instant ca donne à peu près ca:

- départ vers le 20 décembre pour Rio; Noel à Rio de Janeiro, où on resterait chez un ami français.
- escale à Itacaré, ville du bord de mer à Bahia qui a l'air fort sympathique;
- Nouvel an à Salvador de Bahia, chez notre coloc qui habite là bas;
- flou jusqu'à Recife, où Marine nous rejoint le 17 janvier (ouiiiii)
- Forum Social Mondial à Belem, aux portes de l'Amazonie (waw..), du 26janvier au 2 février;
- croisière sur l'Amazone de Belém à Manaus, d'où on rejoindrait une réserve écologique, mais ca c'est pas des vacances, ca fait partie de mon mémoire à rendre en 4ème année (hum...)
- après, ca reste indéfini. Redescendre en avion? Refaire un peu de route?
Il faut savoir qu'il y a le carnaval après, LE plus grand évènement du Brésil, dont on me parle depuis le premier jour ici. Et il s'agit de bien choisir sa ville, pas trop chère mais bonne ambiance, tout ça. A suivre.
Mais l'envie de découvrir d'autres Brésils que celui du Sud, plus blanc et industrialisé, se fait grandement sentir...
Je vous ferai partager mes voyages autant que possible, suivant les connexions et le temps accordé sur un ordinateur (soustrait des heures à la plage, donc bien peu j'imagine...)
jeudi 4 décembre 2008
Petite anecdote nocturne...
Juste un petit mot à 1h45 du matin, parce qu'il est arrivé un truc assez fou dans la maison.
On était en train de regarder tranquillement un film (C'est arrivé près de chez vous, pour se mettre dans l'ambiance), Sylvain ramenait sa copine Héloisa chez elle et ils s'attardaient au portail.
Et là, on entend un HURLEMENT comme j'en ai jamais entendu dans ma vie, horrible. Tout le monde bondit du fauteuil, se demande "c'est chez nous? c'est chez nous?", Christian chope son ordi, je prends le mien, tout le monde court dans les chambres du fond.
On ferme toutes les portes et les fenêtres. Heloisa et Sylvain rentrent en courant. Des assaltadores (cambrioleurs) avaient tenté d'entrer dans la maison alors que le portail était ouvert, Sylvain les a repoussés, ils ont fui.
La police est arrivée (vite, parfois elle n'arrive jamais -Brésil...-) on a pu respirer un peu.
Enfin, grosse frayeur, en plus là j'écris un peu sous le coup de l'émotion donc ca paraît plus gros que ca ne l'était, bref...
On était prévenus de toute façon, dans le quartier (pas mal de grosses maisons) il y avait pas mal d'histoires d'assaltos depuis peu, il fallait qu'on fasse plus gaffe quand on rentrait.
Et puis, rien de plus normal je trouve, les inégalités à Campinas sont énormes, les gens des favelas savent qu'il y a de l'argent dans le quartier. C'est l'approche de Noël, on nous balance des pubs à la télé d'objets qu'ils ne pourront jamais s'acheter même en travaillant 30 ans, on nous pousse à la consommation, ils vont chercher l'argent là où il se trouve, c'est à dire chez des gens comme nous. C'est une autre forme de loi de l'offre et de la demande.
Mais sinon, le Brésil, c'est bien!!!!
On était en train de regarder tranquillement un film (C'est arrivé près de chez vous, pour se mettre dans l'ambiance), Sylvain ramenait sa copine Héloisa chez elle et ils s'attardaient au portail.
Et là, on entend un HURLEMENT comme j'en ai jamais entendu dans ma vie, horrible. Tout le monde bondit du fauteuil, se demande "c'est chez nous? c'est chez nous?", Christian chope son ordi, je prends le mien, tout le monde court dans les chambres du fond.
On ferme toutes les portes et les fenêtres. Heloisa et Sylvain rentrent en courant. Des assaltadores (cambrioleurs) avaient tenté d'entrer dans la maison alors que le portail était ouvert, Sylvain les a repoussés, ils ont fui.
La police est arrivée (vite, parfois elle n'arrive jamais -Brésil...-) on a pu respirer un peu.
Enfin, grosse frayeur, en plus là j'écris un peu sous le coup de l'émotion donc ca paraît plus gros que ca ne l'était, bref...
On était prévenus de toute façon, dans le quartier (pas mal de grosses maisons) il y avait pas mal d'histoires d'assaltos depuis peu, il fallait qu'on fasse plus gaffe quand on rentrait.
Et puis, rien de plus normal je trouve, les inégalités à Campinas sont énormes, les gens des favelas savent qu'il y a de l'argent dans le quartier. C'est l'approche de Noël, on nous balance des pubs à la télé d'objets qu'ils ne pourront jamais s'acheter même en travaillant 30 ans, on nous pousse à la consommation, ils vont chercher l'argent là où il se trouve, c'est à dire chez des gens comme nous. C'est une autre forme de loi de l'offre et de la demande.
Mais sinon, le Brésil, c'est bien!!!!
lundi 1 décembre 2008
Les délices de l'île du miel
Dernier grand weekend avant les vacances; tout les Français sont encore là; il commence à faire très chaud: alors, direction la plage, dans le Sud du Brésil, au Parana.
Mais pas n'importe quelle plage: une île, interdite aux voitures, réserve écologique et repaire de surfeurs: Ilha do Mel. Rien que la description fait envie, je sais, c'est fait exprès.
Nous arrivons donc à Paranagua, la petite ville en face de l'île, après avoir traversé une zone de Mata Atlantica (si ce dernier petit morceau de foret primaire complètement dévasté par l'homme vous intéresse, cliquez ici: http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2007/fas273.pdf )
On prend le bateau, petite balade au soleil au milieu de la mangrove, des barques de pêcheurs colorées autour de nous, et là, apparaissent à la poupe du bateau... des dauphins. Plusieurs groupes, qui jouent avec les vagues... C'est magique. On reste là à les regarder, émerveillés, sans pouvoir détacher notre regard, comme on peut regarder la neige tomber.
On est arrivés au paradis, ca y'est.
On arrive sur une plage de sable blanc, l'auberge de jeunesse juste sur la plage, plein de petites maisons colorées, ca sent les vacances et les tropiques. On déjeune au bord de l'eau, et on va sur une plage du côté atlantique de l'île, avec des vagues juste assez fortes pour se faire plaisir.
Un petit vent rafraîchissant, on se laisse bronzer (cramer?) au soleil...
La plage abrite aussi des grottes "encantadas", qui abritent dit-on des sirènes. De là, une petite balade dans les collines, pleine d'animaux et de plantes exotiques, pour admirer la vue sur la mer.
Journée magique mais bien fatiguante, on va se coucher tôt, brûlés par le soleil et crevés par les vagues.
Le lendemain, plus de soleil radieux, mais petite balade bien tranquille pour aller jusqu'au fort du bout de l'ile (à 8km). Ca commence par des plages immenses avec de gros rouleaux, ca continue dans la jungle (et ses taons...), on traverse une bande sableuse de quelques centaines de mètres entre l'Atlantique et la baie, puis encore un chemin dans la forêt et on arrive au fort. Bonne petite balade, gros pique-nique, et là la pluie se met à tomber... On rentre à l'auberge complètement trempés. Mais gros churrasco le soir, avec caipirinha bien sûr, pour remonter le moral. Néanmoins, la plage sous la pluie, ca a son charme aussi...
Du coup, nos plans sont un peu tombés à l'eau (sans mauvais jeu de mots...). On décide alors de finir le weekend à Curitiba, la ville la plus proche et qui nous tentait bien aussi.
Curitiba, ville la plus européenne du Brésil et capitale écologique (réellement un modèle en matière d'écologie: http://www.inti.be/ecotopie/curitiba.html )
On quitte l'île sous la pluie, et on trouve Curitiba sous le soleil, avec une auberge de jeunesse bien sympa aussi. Alors on se balade dans les rues piétonnes, les parcs... On se croirait dans une ville d'Europe au printemps, si ce n'est les échanges de tirs qu'on entend au loin et la police qui se rapplique très vite. Hé oui, c'est ca aussi le Brésil.
On va au jardin botanique, grande serre en verre très british, qui abrite des espèces d'arbres menacées du Brésil.
Et on finit la soirée, on ne change pas les bonnes habitudes, dans un pub allemand à boire des grosses bières.
Le lendemain, re-petite balade dans les rues, un petit marché du dimanche avec plein de choses intéressantes, puis un resto du feu de Dieu, et le musée Oscar Niemeyer (l'architecte qui a réalisé -en partie- Brasilia): une grosse structure en forme d'oeil, très Big Brother, et plein plein d'oeuvres vraiment sympas, modernes mais pas abstraites, super jolies. Une expo pour aveugles (!), des maquettes d'Oscar, une tour de la photographie avec de supers jeunes artistes, l'expo des oeuvres des patients d'une psychiatre... Ca vaut le détour.
Puis nous allons voir l'opéra de Arame (si je ne me trompe pas): une grosse structure en verre, presque posée sur l'eau à côté d'une cascade, où on rêverait de voir un spectacle très aérien où ca flotte de partout.
Puis, retour à la maison.
Après réflexion, on a bien fait de ne pas rester sur l'île, parce que Paranagua est l'un des endroits qui a été le plus touché par l'inondation... Si vous vous faisiez du souci pour moi (même mon bureau des relations internaitonales m'a envoyé un mail...), sachez que Campinas est plutôt sous le soleil que les pieds dans l'eau...
Cependant, cette petite histoire d'inondation m'a montré ma carence d'information: je n'ai appris que par des Français qu'il y avait des inondations dans le pays ou je vivais!! C'est à cause de la médiocrité des infos (surtout à la télé...) que je ne prends pas le temps de m'informer. Et là, je me dis que c'est quand même bien, cette manie des Français de commenter chaque petite actualité...
Mais pas n'importe quelle plage: une île, interdite aux voitures, réserve écologique et repaire de surfeurs: Ilha do Mel. Rien que la description fait envie, je sais, c'est fait exprès.
Nous arrivons donc à Paranagua, la petite ville en face de l'île, après avoir traversé une zone de Mata Atlantica (si ce dernier petit morceau de foret primaire complètement dévasté par l'homme vous intéresse, cliquez ici: http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2007/fas273.pdf )
On prend le bateau, petite balade au soleil au milieu de la mangrove, des barques de pêcheurs colorées autour de nous, et là, apparaissent à la poupe du bateau... des dauphins. Plusieurs groupes, qui jouent avec les vagues... C'est magique. On reste là à les regarder, émerveillés, sans pouvoir détacher notre regard, comme on peut regarder la neige tomber.

On est arrivés au paradis, ca y'est.
On arrive sur une plage de sable blanc, l'auberge de jeunesse juste sur la plage, plein de petites maisons colorées, ca sent les vacances et les tropiques. On déjeune au bord de l'eau, et on va sur une plage du côté atlantique de l'île, avec des vagues juste assez fortes pour se faire plaisir.
Un petit vent rafraîchissant, on se laisse bronzer (cramer?) au soleil...

La plage abrite aussi des grottes "encantadas", qui abritent dit-on des sirènes. De là, une petite balade dans les collines, pleine d'animaux et de plantes exotiques, pour admirer la vue sur la mer.

Journée magique mais bien fatiguante, on va se coucher tôt, brûlés par le soleil et crevés par les vagues.
Le lendemain, plus de soleil radieux, mais petite balade bien tranquille pour aller jusqu'au fort du bout de l'ile (à 8km). Ca commence par des plages immenses avec de gros rouleaux, ca continue dans la jungle (et ses taons...), on traverse une bande sableuse de quelques centaines de mètres entre l'Atlantique et la baie, puis encore un chemin dans la forêt et on arrive au fort. Bonne petite balade, gros pique-nique, et là la pluie se met à tomber... On rentre à l'auberge complètement trempés. Mais gros churrasco le soir, avec caipirinha bien sûr, pour remonter le moral. Néanmoins, la plage sous la pluie, ca a son charme aussi...

Du coup, nos plans sont un peu tombés à l'eau (sans mauvais jeu de mots...). On décide alors de finir le weekend à Curitiba, la ville la plus proche et qui nous tentait bien aussi.
Curitiba, ville la plus européenne du Brésil et capitale écologique (réellement un modèle en matière d'écologie: http://www.inti.be/ecotopie/curitiba.html )
On quitte l'île sous la pluie, et on trouve Curitiba sous le soleil, avec une auberge de jeunesse bien sympa aussi. Alors on se balade dans les rues piétonnes, les parcs... On se croirait dans une ville d'Europe au printemps, si ce n'est les échanges de tirs qu'on entend au loin et la police qui se rapplique très vite. Hé oui, c'est ca aussi le Brésil.
On va au jardin botanique, grande serre en verre très british, qui abrite des espèces d'arbres menacées du Brésil.

Et on finit la soirée, on ne change pas les bonnes habitudes, dans un pub allemand à boire des grosses bières.
Le lendemain, re-petite balade dans les rues, un petit marché du dimanche avec plein de choses intéressantes, puis un resto du feu de Dieu, et le musée Oscar Niemeyer (l'architecte qui a réalisé -en partie- Brasilia): une grosse structure en forme d'oeil, très Big Brother, et plein plein d'oeuvres vraiment sympas, modernes mais pas abstraites, super jolies. Une expo pour aveugles (!), des maquettes d'Oscar, une tour de la photographie avec de supers jeunes artistes, l'expo des oeuvres des patients d'une psychiatre... Ca vaut le détour.
Puis nous allons voir l'opéra de Arame (si je ne me trompe pas): une grosse structure en verre, presque posée sur l'eau à côté d'une cascade, où on rêverait de voir un spectacle très aérien où ca flotte de partout.
Puis, retour à la maison.
Après réflexion, on a bien fait de ne pas rester sur l'île, parce que Paranagua est l'un des endroits qui a été le plus touché par l'inondation... Si vous vous faisiez du souci pour moi (même mon bureau des relations internaitonales m'a envoyé un mail...), sachez que Campinas est plutôt sous le soleil que les pieds dans l'eau...
Cependant, cette petite histoire d'inondation m'a montré ma carence d'information: je n'ai appris que par des Français qu'il y avait des inondations dans le pays ou je vivais!! C'est à cause de la médiocrité des infos (surtout à la télé...) que je ne prends pas le temps de m'informer. Et là, je me dis que c'est quand même bien, cette manie des Français de commenter chaque petite actualité...
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