mercredi 22 juillet 2009

Todo carnaval tem seu fim... (tout carnaval a sa fin)

Quitter l’auberge. Marcher un peu sous le soleil de plomb. Prendre le bus avec mon énorme sac à dos. Enregistrement, départ. Quitter Salvador, quitter le Brésil, un an déjà. Survoler Paris. Arriver dans la brume de l’Allemagne. Conseils avisés d’Allemands serviables (et anglophones, merci !). Métro. Train n°1. Train n°2. Paris Est. Maman, Romain. La France.

J’ai retrouvé avec plaisir :
- les longues journées de l’été français. Quand le soleil se couche à 17h au Brésil, le jour tombe à 22h en France et, même si le soleil n’est pas éclatant, ça change la journée.
- La baguette toute chaude à la boulangerie, le camembert coulant et le chèvre frais, les fruits de saison bien sucrés, le vin de qualité, bref la bonne nourriture française qui m’avait bien manqué. Y’a pas à dire, on est quand même balèzes en bouffe.
- Les gens qui parlent français dans les rues, qui te disent bonjour, excusez-moi, au revoir et merci, les petites vieilles qui te demandent leur chemin dans la rue.
- La « civilisation », les trains qui arrivent à l’heure, les arrêts de bus qui ne sont pas marqués que par un poteau peint en jaune, les plans de la ville à chaque coin de rue…
- Pouvoir jeter le papier toilette dans la cuvette des WC et pas dans une poubelle qui pue à côté, pour cause de canalisations du tiers-monde !
- Et bien sûr, Romain, ma famille, mes amis, ceux qui sont restés en contact avec moi pendant cette année et grâce à qui je suis contente de rentrer…

J’ai eu du mal à laisser :
- Le beau temps quasi-permanent, la chaleur jamais insupportable, les pluies toujours bienvenues pour se rafraichir, les tongs toute l’année…
- La Rep, toujours animée (12 personnes forcément), toujours en fête, où tout le monde passait à l’improviste, mangeait, buvait un coup, dormait là ou plus… Tous les habitants de la Rep et les squatteurs presque aussi nombreux, et les fêtes toujours géniales qu’on y faisait… Saudades
- Pouvoir parler français « brasilianisé », avec des mots qui n’existent pas dans la langue française mais tellement utiles au Brésil et dans la vie de tous les jours… Si je parle comme ça ici, personne ne me comprend ! Exemple : « C’est mon ficante » (du verbe ficar, rester, relation instable que tu as avec une personne inconnue. Coup d’un soir, qui peut durer plus d’un soir, en gros). « La maison d’à côté s’est faite assalter » (du verbe assaltar, cambrioler à main armée, sans violence mais après il ne te reste plus rien dans la maison, malheureusement fréquent au Brésil ». « Nossa ! » (de nossa senhora, en gros, Bonne Mère, très utile pour dire mince, oh là là, mon Dieu, et moultes autres significations !)
- La capoeira, cet art si magique, les chansons de la roda autour des berimbaus, le regard avec son partenaire qu’on doit soutenir, l’axé (énergie) du groupe tellement bon, les discours mystico-pacifico-philosophiques de Maître Jahça, les abraços à la fin de l’entraînement…
- Les soirées de samba où tout le monde reprend en cœur des chansons que tout le monde connaît, aime, le cavaquinho qui commence à jouer et qui est suivi par tous les autres instruments, les femmes qui jouent de la musique aussi bien que les hommes et les hommes qui dansent aussi bien que les femmes, les éternelles leçons de samba un verre à la main, et on danse jusqu’aux premières lueurs du soleil…

dimanche 19 juillet 2009

Une semaine à Salvador, c’est la meilleure occasion de dire adieu au Brésil. Certes, c’est encore plus dur de partir par la suite, mais c’est comme un pur concentré du Brésil, qui, même après être parti, laisse encore pendant longtemps son goût et son odeur.
Salvador, c’est le Brésil comme on se l’imagine, en mieux parce qu’on y est : ce sont les plus belles plages du monde, la meilleure musique à base de percussions africaines, berimbaus et voix suaves, et hommes et femmes métissés, plus clairs ou plus foncés mais toujours beaux, et qui dansent d’une façon… inimaginable. Ce sont bien sûr de gros clichés, mais ils sont tellement vrais…
Tout le monde, enfin tous les étrangers de l’UNICAMP, s’était sans le savoir donné rendez-vous à Salvador : j’y allais avec mes 2 françaises, Andrés et Martin 2 potes argentins y allaient aussi avec Ben l’Américain, plus une argentine, un colombien et quelques japonaises… Et pour finir, nous rencontrerons 2 Italiennes là-bas que Martin connaissait. Ca fait du beau monde, et si on y rajoute les nombreux Brésiliens et autres (le Minas Gerais était encore présent !) rencontrés, ça fait un terrible voyage.
Et c’était bien différent de notre premier voyage à Salvador qui était très familial : ça nous a permis de vivre au rythme brésilien, là, on a pu gouter aux nuits de Salvador qui sont aussi chaudes que ses jours… De la très bonne samba, du reggae, des groupes de percussions, du pagode et autres musiques populaires brésiliennes où les filles se trémoussent, toujours de la bière ou de la caipirinha pour tenir jusqu’au petit matin. Et c’est toujours dans un cadre idyllique, sur la plage ou avec une vue superbe sur la mer, au Pelourinho, la cité historique avec ses petites rues pavées, on admire autant le paysage que les danseurs…
De jour, beaucoup de plages (siestes sur la plage pour récupérer bien entendu), un peu de tourisme culturel, derniers achats avant de partir, beaucoup, beaucoup de rencontres… Une petite escapade sur une île, Morro de São Paulo, à une centaine de km de Salvador. Un peu trop touristique à mon goût, mais encore de superbes plages, une eau transparente avec plein de vie (poissons, crabes…) et un petit village bien sympathique.
Bien sûr, il y a toujours beaucoup de pauvreté, et ils profitent du touriste pour se faire un peu d’argent (nada mais justo comme diraient les brésiliens, rien de plus normal de demander un peu d’argent à ces gringos bien gras…), mais un donne une petite pièce à l’un, on achète un paquet de biscuits à l’autre et on blague avec un autre parce qu’on ne peut pas donner à tout le monde… Ca peut paraître oppressant pour certaines personnes, mais je trouve ça normal que tous ces gens essaient de survivre, d’une manière plus ou moins légale…
C’est donc tout ça Salvador, je quitte le Brésil après un an (moins 15 jours !) de vie là-bas, je pars le cœur serré, quelques larmes pour ce beau pays qui est devenu un peu aussi le mien, mais je reviendrai…

samedi 4 juillet 2009

Brasil do interior

J'ai profité d'un festival de cirque (où la France était invitée pour l'année de la France au Brésil, je devais y aller!!!) pour visiter Belo Horizonte, capitale du Minas Gerais.
Tous les habitants du Minas que je connais sont géniaux: ils sont ouverts d'esprit, voyageurs, accueillants, (beaux)... Donc je voulais voir tout ça d'un peu plus près.
Nous avions rencontré deux personnes de BH à Olinda, Raoni et Lucas, et on en avait gardé un très bon souvenir. Du coup, hop, 8h de bus et je me retrouve chez Raoni qui m'ouvre en grand ses portes, et me serre dans ses bras comme si on était des vieux amis d'enfance qui se retrouvent. C'est ça, le Brésil...
Je visite un peu la ville, pas très jolie mais super agréable, avec un grand parc au milieu de la ville plein d'arbres tropicaux et de beaux bâtiments coloniaux. Des belles petites places où il fait bon traîner. Ville de province, où la violence de Rio et São Paulo n'arrive (presque) pas. Ville super culturelle aussi, avec plein d'expos, de festivals, de musées... J'en visite un dans l'ancienne gare, super bien foutu, racontant l'histoire des métiers du Brésil. Muito bom.
Puis je traîne un peu au festival de cirque: chapiteau jaune et rouge, jeunes alternatifs musclés, le cirque se ressemble dans tous les pays. Une grande famille... J'assiste a une conférence, puis Raoni, Lucas et toute leur galera (leur bande de potes) me rejoignent pour le spectacle. Beau mélange d'artistes français et brésiliens... Puis on se dirige dans un boteco pour boire moultes bières et manger. Conversations footballistiques: et toi Paoliné, tu es pour qui a Belo Horizonte? Du coup, les 2 camps (Cruzeiro vs Atlético) s'arrêtent de parler et te regardent, quoi que tu dises, tu auras la moitié de la table contre toi. Dans ces cas là, il vaut mieux choisir la neutralité... Puis arrive une assiette de torresmo ("-du quoi? - mmm... comment t'expliquer le torresmo... Bon, c'est du ventre de porc, fumé et frit. -Ah, ok... glups.) Puis fin de soirée dans un bar, où les colocs de Raoni jouent, entre autres, de la samba. Le groupe est bon, les potes sont sympas, la bière coule a flots... Que du bon!
Le lendemain, on remet ça! Anniversaire d'un copain de Raoni l'après-midi, bar, bière, viande grasse et samba. Mais on s'en lasse pas... Je retrouve une amie argentine qui était aussi à Olinda et qui a fini par habiter à BH. Puis direction une festa juninha organisée par une école, où était une pote de toute la bande, ambiance kermesse de fin d'année. Les festas juninhas ici, c'est tout un concept. Littéralement, c'est les fêtes de juin, pour commémorer les saints de ce mois, St Antoine, St Jean... A la base, c'est un truc de caipiras, de paysans. Et ca a été repris par tous les brésiliens (et les magasins qui en profitent), parce que c'est drôle et que c'est une occasion de plus de faire la fête. On se "déguise" en paysan, avec tresses/chapeau et chemises à carreaux, on fait des danses traditionnelles, organise des faux mariages, on saute par dessus le feu, on mange du maïs, et comme il fait "froid" on boit du vin chaud et une sorte de grog avec de la cachaça. On a du faire au moins 5 festas juninhas différentes, c'est vraiment marrant.
Mais revenons à notre Minas Gerais. Le lendemain dimanche, promenade de santé sur la serra qui surplombe la ville. On a toute la vue sur la ville qui s'étend sur la plaine. "Petite" ville de 2,5 millions d'habitants, c'est impressionant... Et de l'autre versant, des exploitations de fer et autres, qui déchirent la montagne. Minas Gerais signifie Mines Générales, et c'est a ce moment là que tu comprends l'importance des gisements pour la région.
Enfin, ce pour quoi j'étais là en théorie, le festival de cirque, programmait pas mal de spectacles le dimanche. Je comptais y passer l'après-midi. Mais toutes les places sont épuisées, malgré le match du Brésil. Je me retrouve donc à regarder ce fameux match (re-bière bien sûr) avec Raoni et ses colocs, et les fameux "gooooooooooooooooooooooooool do Brasiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiil" du présentateur. toujours un grand moment de vie...
Voila, un bon week-end 100% do Brasil, ça fait toujours du bien de sortir de la bulle fermée de l'UNICAMP et ses gosses de riches, et retrouver le vrai, le bon Brésil...

samedi 30 mai 2009

Le café, les fesses, la bière

Ces trois choses n'ont à priori rien à voir. Mais c'est la trilogie brésilienne, la sainte trinité, tout ce qu'on veut, mais les brésiliens y vouent un vrai culte.
Le café premièrement, parce que le Brésil est le premier producteur de café au monde. Ils en sont très fiers, affirmant que leur café est le meilleur du monde (ce qui provoque des duels Colombie/Brésil quand les 2 commencent à parler de café, ils ne veulent pas reconnaitre les honneurs des 2). Le café avait une véritable suprématie au début du 20ème siècle, il a financé les débuts de l'industrialisation brésilienne, et la région de São Paulo est devenue la plus riche en partie grâce à ça. Les Paulistas menaient le pays en politique aussi, avec le Minas Gerais (Etat producteur de lait), ce qui a donné la politique café com leite. Tout un symbole...
Et aujourd'hui, les gens ont cette tradition du cafezinho, le petit café, quand on est invité ou à tout moment de la journée. C'est dans le Nord surtout que j'ai vu ça. Même dans les restos, le café est le plus souvent de cortesia, gratuit, à la fin du repas.
L'étrange paradoxe de ce truc, c'est que le café d'ici est de mauvaise qualité. Moi j'y connais pas grand chose, mais ca se sent quand même... Putains d'européens qui pompent tout le meilleur du Brésil et qui leur laissent les rebuts...Il est même pas noir mais marron-jaunasse, avec du sucre en quantités astronomiques. Ou cet édulcorant liquide qu'ils ont et qui donne un faux goût de sucre (paradoxal aussi, ils ont les plus grandes réserves de canne à sucre du monde et utilisent de l'aspartame pour sucrer...)
Le deuxième objet de culte, c'est les fesses. Les Brésiliennes peuvent cacher leurs seins, mais elles doivent montrer leurs fesses. C'est leur argument drague n°1. L'exemple le plus flagrant, c'est sur la plage bien sûr. Tout le monde connaît la réputation des "culottes" des brésiliennes, qui sont plus trois bouts de fil en vérité. Gros tout flasque ou petit bien bombé, vieux ou jeune, tous les culs se montrent sur la plage sans aucune pudeur. Mais c'est vrai qu'elles ont des belles fesses, les Brésiliennes (en général), merci les gènes des belles africaines... Et puis ça se voit dans les habits aussi. Une Européenne peut porter un haut qui cache ses fesses sans qu'elle perde de sa sexytude. Les Brésiliennes montrent leurs fesses quoi qu'il arrive. Beaucoup adorent ces espèces de caleçons de cycliste, qu'une européenne oserait à peine mettre dans une salle de sport. Elles l'adorent et le portent en tout occasion. Sans oublier l'essentiel: la grosse culotte avec les traits bien voyant qui fait se transformer tes fesses en rôti de boeuf. Elles sont en string sur la plage et en culotte sous un pantalon moulant. Des fois, je ne comprends pas le sens du goût des brésiliennes. Et, parait-il, les hommes adorent les fesses une fois qu'il n'y a plus rien dessus. Ils y prennent un soin particulier lors des caresses et autres (parce que leur popotin est bronzé?) Et d'ailleurs, les fesses en portugais, ça se dit... bum bum.
Enfin, la bière. J'en ai déja parlé maintes fois dans ce blog, c'est parce que les gens aiment faire la fête. Et sans bière, pas de fête. Quand les bières sont finies, la fête est finie, tout simplement. Les Brésiliens en consomment sur la plage dès 9h du matin jusqu'au soir. Et on ne peut boire que ça et finir bourré, vu la chaleur qu'il fait. Et puis c'est tout un rituel trop bien, dans les bars: le serveur amène une bouteille de bière(on n'a même pas besoin de lui parler, chaque bière a un signe de doigts différent qu'on peut montrer de loin au serveur) bien gelada (les frigos sont à -4°, elles sont même parfois congelées...) et des verres. On se sert, on trinque, on trinque sur la bouteille "pour qu'elle ne finisse pas", et on papote. Et comme ça, chacun paie sa (ses) bouteilles qu'il fait partager à toute la table. Par contre, si la bière est si froide, c'est qu'elle est le plus souvent mauvaise, plus de la pisse de chat que de la bière. Elles sont très légères et n'ont pas vraiment de goût. mais c'est tellement bon, une bonne bière bien gelada quand il fait trop chaud...

jeudi 7 mai 2009

Encore des petits morceaux de paradis…

Décidément, la côte brésilienne est vraiment magnifique. Paradisiaque. D’ailleurs, si j’étais une capitaliste véreuse, j’investirais en masse dans ces petits morceaux de plage pour faire venir mes confrères européens pour qu’ils viennent admirer (et polluer) tout ça. Mais bon, je ne le suis pas, et je profite de ces lieux encore préservés.
On a profité d’un graaand weekend avec Romain pour aller dans le Sud, qu’on n’avait pas encore bien exploré. Direction : Florianopolis. Pour expliquer un peu, c’est une ville qui se situe sur une grande île (Ilha de Santa Catarina). En elle-même, Floripa ne vaut pas vraiment le détour (12h de bus..), malgré ses rues piétonnes à l’européenne et ses belles maisons coloniales. Non, c’est l’île dans son ensemble qui est magnifique.
Nous arrivons dans un camping bien sympa, entre un lac, un canal et l’océan. Ca faisait une éternité (3 mois !) qu’on n’était pas allés à la mer, donc ce weekend ça sera plage ! Le littoral de l’île est particulièrement mouvementé, grosses vagues et bonne brise, ce qui favorise la multiplication d’une espèce endémique doté d’un corps avenant : le surfeur (et sa variante, le kitesurfeur). Je mate donc en toute discrétion tout en admirant le paysage qui vaut aussi le coup d’œil. Une autre des spécialités de Floripa, outre le surfeur, c’est la crevette : on prend donc le plat typique, la sequência de camarão, qui consiste en 4 plats de crevettes énormes à toutes les sauces (frits, à l’ail, nature, avec du poisson…) accompagné d’un tout aussi énorme plat de riz et de frites, et autres délices. Vous comprendrez pourquoi je suis devenue grassouillette ici.
De retour au camping, on fait un bon petit poisson au barbecue, bien frais et bien tendre, en partageant des bières avec des français arrivés le soir. Sympa…
Le lendemain, on fait une (petite) randonnée avec vue magnifique sur le lac, pour arriver sur une autre plage, tout aussi belle. Malgré le vent refroidissant, on se dore la pilule toute l’après-midi.
Le jour d’après, on lève les amarres, pour prendre les bus de l’île qui nous emmènent sur la Praia do Campeche, et là on comprend pourquoi l’île est une des étapes du championnat du monde de surf (ou un truc comme ça…). Des vagues énormes, super bien faites… Ah, si je savais surfer… Avec en arrière-fond, pour ne rien gâcher, une petite île qui rajoute au décor paradisiaque. On continue dans notre périple, encore vers le sud de l’île, pour arriver à Pântano do Sul. De là, un chemin dans la serra nous amène à une plage déserte, sauvage, battue par les vagues, au coucher du soleil. Endroit magique, une fois de plus. Ce lieu est une des dernières réserves de mata atlântica (forêt atlantique), qui s’étendait autrefois sur presque toute la côte du Sud-est. Bêtise humaine…
On plante notre petite tente dans un bosquet d’arbres près d’une lagune, abrités du vent par les dunes (remarquez la rime…). Petit feu de bois, pain grillé et fromage fondu, et bonne nuit.
Le matin au réveil, on découvre la plage pour nous tout seuls. Petite baignade, et on reprend le chemin du retour. On s’arrête dans un restaurant mythique de l’île, où sur tous les murs et le plafond sont collés des petits messages des visiteurs des quatre coins du monde. Là, on continue notre régime crevettes (succulentes). Puis on repart vers la grande ville, en croisant sur notre passage les cachaceiros (alcooliques) de l’île, dont un argentin gratiné qui persiste à croire que Romain est uruguayen et pas français comme on essaye de lui expliquer.
Puis, de retour à Campinas pour un mois d’avril bien peu chargé en cours.

Et, vacances « forcées », pour cause de la venue de Papa et Laurène pour les vacances ! D’ailleurs, j’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont fait parvenir des bonjours, des cartes, des cadeaux (des livres !!!), des félicitations pour mon blog.
J’avais concocté un petit programme pour eux, profitant officieusement de leur venue pour faire tous les beaux coins que je n’avais pas encore fait.
On se dirige donc vers Paraty, petite ville coloniale endormie dans l’Etat de Rio. Sur la route, nos touristes découvrent le Brésil, et heureusement pour eux, la route n’est pas dégueu : longeant le littoral, on aperçoit tour à tour plages, îles, végétation luxuriante, (centrale nucléaire)… Notre pousada est au sommet d’une colline (le « morro do Forte »), ce qui nous dote d’une vue sur la mer qui nous rend tout de suite en vacances. La caipirinha aussi, pour le coup, a aidé. La ville est vraiment sympa, avec les maisons blanches aux volets colorés, et elle est bien tranquille, le gros des troupes touristiques étant absent. Du coup, les habitants sont cools (enfin, ont-ils été un jour stressés ?), sur leurs charrettes à cheval, leurs vélos, en train de vendre des bricoles ou de discuter avec le visiteur. Pour satisfaire les attentes de Laurène-cachet d’aspirine, on va à la PLAGE le lendemain. Encore une vue magnifique de nos serviettes ; on a pied jusqu’à très très loin, au point de pouvoir aller jusqu’à la petite île qui nous tend les bras, juste en face. On traîne encore un peu dans les rues pavées, et un petit concert de samba magnifiquement chantée dans un bar à cachaça achève le séjour paratyesque en beauté.
Deuxième étape : pas très loin du paradis terrestre, selon Amerigo Vespucci. Ilha Grande. Un peu de route jusqu’à Angra dos Reis, où on embarque sur un bateau pour la pousada. Pas de voitures sur cette île, que des balades à pied ou en bateau dans un environnement magnifique. On arrive à la pousada au soleil couchant ; elle est au coin d’une plage avec quatre maisons, seuls au monde. Le soleil dore tout le paysage et le rend encore plus magique.
La pousada a eu la bonne idée d’inclure des tours en bateau le matin dans son pacote, on en profite donc allègrement, tant pis pour la grasse mat’. Il nous emmène dans des endroits magnifiques : petites îles surmontées de 2-3 palmiers, plages désertes avec la forêt sauvage tout autour… Pour ne rien gâcher, la faune est impressionnante : des poissons aux couleurs et formes folles qui viennent te manger dans la main (et te manger la main tout court parfois…), des tortues marines avec qui l’on nage. On dirait qu’elles volent dans l’eau, c’est superbe. Et, cerise sur le gâteau, des dauphins font un bout de chemin avec nous, devant le bateau. Il devait y en avoir une vingtaine, devant nous, sur les côtés, juste en dessous de nous. C’est, pff… pas de mot. Magique.
On passe donc trois jours dans ce bel endroit. Je reviendrai, à coup sûr. Encore trop de plages à voir et de moments à profiter sur cette île.
Puis, on reprend le bateau, puis la voiture, et on part. La mer s’éloigne, peu à peu, et on commence à monter. Le paysage devient plus vallonné, des vaches apparaissent. C’est beau, aussi. Puis on arrive dans une vraie route de montagne, avec des vrais camions qui bloquent la route ! Le soleil commence à tomber (putain, il est 17h…), et la température se rafraichit, peu à peu. Puis, au lieu de route, ce n’est plus qu’une piste remplie de nids-de-poules et autres surprises. Ca dure comme ça 32 km qu’on parcourt en 2 bonnes heures, et on arrive. Des 28° d’Ilha Grande, on tombe à 12. Il peut faire froid, au Brésil, en fait. Surtout quand on a vécu 8 mois à plus de 20°.
C’est un vrai paysage de montagne que l’on retrouve le lendemain matin. Collines boisées, pins, araucarias, torrents et cascades, avec quand même des bananiers, des fougères géantes et des fleurs exotiques. Les maisons sont une réplique des chalets alpins (des colons suisses et allemands s’étaient installés ici), et la spécialité locale, c’est la truite. Miam. On fait donc de belles balades à la rencontre des différentes cascades de la région. La température de l’eau n’est pas celle de Bahia, donc on ne pourra pas se baigner dedans. Dommage. Puis, après ces efforts éreintants (!!), le réconfort : sauna, jacuzzi (avec plongeon dans la rivière gelée après), petit feu de cheminée et vin brésilien au dîner.
Le weekend du 1er mai, la ville se remplit brutalement, des cars entiers de Cariocas et Paulistanos arrivant (comment sont-ils passés par cette piste pourrie !!??). Dingue, qu’un coin si perdu devienne si bondé les vacances et grands weekends. Il y avait même la queue pour « visiter » une cascade ! (Normal, je dirais, avec tous les brésiliens qui veulent se prendre en photo devant et tapent des poses pas possibles… Mais après, on va dire que je dis encore du mal des brésiliens…)
Et voilà, les visiteurs repartent, donc direction l’aéroport. 10 jours, c’est vraiment pas assez pour le Brésil. Le trajet qu’on a fait est ridicule par rapport à la taille de ce pays. Mais ils reviendront, com certeza

dimanche 5 avril 2009

La routine reprend son cours à l'UNICAMP, après plus d'un mois de classe.
Le 2ème semestre est quand même beaucoup plus facile que le premier: pouvoir comprendre et parler avec tous les profs est quand même d'une grande aide quand on veut suivre les cours... Et après les conseils des amis, j'ai pu choisir les meilleurs profs de l'IFCH pour mes cours.
Donc j'ai des cours de: portugais, histoire du Brésil, histoire du fascisme, formation de la société brésilienne et droits humains.
Je n'ai pas cours le lundi ni le vendredi, ce qui me permet d'aller tranquille à la capoeira, et d'avoir des graaaands weekends. On en a d'ailleurs profité pour aller à São Paulo ce weekend, pour sortir un peu de la vie "campagnarde" de Campinas. D'ailleurs, les Paulistanos sont vraiment des gens cool, et ils sont un peu plus funky que les intellos de l'UNICAMP.
Enfin, ce semestre est quand même plus intéressant, connaissant plus la fac, les gens, les bons lieux où aller. C'est plus tranquille, mais je pense que ça va passer bien vite avant le retour, entre les voyages, les fêtes et les devoirs à rendre... Faut curtir (profiter)!!
D'ailleurs, on profite du weekend de Pâques pour aller à Florianopolis, plages, surfeurs et beaux paysages... To be continued!

vendredi 27 mars 2009

C'est l'automne

Un truc marrant, ici, c'est qu'on est dans l'hémisphère sud. Et du coup, il faut apprendre à penser à l'envers. Un peu comme quand on est gaucher et qu'on doit vivre dans un monde de droitiers (Ce que j'endure au quotidien...) Les vacances d'été sont en décembre, les jours rallongent à partir de septembre. Il commence à faire "froid" en juin. On a la tête à l'envers, aussi. Quand on monte vers le Nord, il fait de plus en plus chaud, et il y a parfois de la neige dans le Sud.
Et là, du coup, c'est l'automne. Mais pas celui pluvieux et brumeux de France. Il a même un petit air de printemps. L'air se rafraichit, ca devient supportable de marcher au soleil l'après midi. Ca fait du bien... Les feuilles des arbres ne tombent pas, mais de nouvelles plantes font des fleurs. Après les flamboyants, ce sont des arbres à fleurs jaunes vif, orange, c'est beau.

samedi 14 mars 2009

Ca fait presque 1 mois qu'on est rentrés, il serait grand temps de faire un petit bilan de ce voyage...



Top 5 : - la meilleure grande ville: Rio, com certeza!! C'est magique.

- le meilleur village: Lençois. Les voyageurs roots cotoient les petites vieilles noires. C'est d'une tranquilité, et d'une beauté, impressionante.

- la meilleure plage: Maragogi. L'eau est chaude, le sable blanc, les palmiers bougent avec le vent, et en plus il n'y a pas 3 Allemands en train de rotir à 3 cm de toi.

-les meilleurs compagnons de voyage: il y en a beaucoup, beaucoup... Mais en particulier, François et Francisco, deux français qui habitent à Salvador et qu'on a vus de Bélem à Manaus, et qui ont une façon incroyable de parler avec les gens, de philosopher sur la vie et d'apprécier la beauté des choses.

- la meilleure fête: à Olinda, avec une dizaine de personnes de la pousada, à suivre les orchestres de samba du carnaval avec une caipirinha à la main...



Bottom 5: - la nourriture!!! La majeure partie des Brésiliens se nourrissent exclusivement de riz, de haricots, et parfois de viande graisseuse. Accompagnez à ça des pates collantes et de la farine de manioc, et vous avez un déjeuner typiquement brésilien, lourd, immangeable mais nourrissant. J'en ai rêvé, des bonnes salades de chèvre chaud, du saumon fumé, des bons fromages et des bons légumes du marché...

- les bus: en fait, ils sont pas mal: confortables, pas trop bruyants, ils arrivent à l'heure et tu as de la place. Mais ils sont beaucoup, beaucoup, beaucoup trop climatisés. C'est les seuls moments où j'ai eu froid pendant tout cet hiver.

(à ce moment là de l'article, je me rends compte qu'il est beaucoup plus difficile de faire un bottom 5 qu'un top 5... J'aurais plutot du faire un Top 20, et un bottom 2...)

- cette espèce de ferveur religieuse qui est omniprésente, Dieu t'accompagne partout où tu vas, et c'est grâce a lui qu'il t'est rien arrivé pendant ce voyage, et il bénit les taxis, les billets de banque et les magasins. Dans les bus, le chauffeur fait un petit discours au début, et il finit par "que Deus nos acompanha". Le bus, en choeur, répond "Amen!" A la longue, c'est lourd, pour ceux qui n'y croient pas.

- les porcs: malheureusement, les Brésiliens n'ont aucune conscience écologique. Lorsqu'ils vont à la plage, ils consomment à tour de bras, et à la fin de la journée laissent tout leurs déchets en plan.

- les fourmis!! C'est la plaie de l'Amazonie, beaucoup plus que les moustiques. Elles sont minuscules, elles te font très très mal quand elles piquent et te laissent des boutons énormes, infectés, qui mettent trois semaines à partir.

vendredi 13 mars 2009

Carnavaaaaaaaaal !!!

Pour terminer ce voyage en beauté, il nous fallait bien un petit carnaval.
Nos voisins de Campinas nous en proposaient justement un tout chaud, tout prêt. Ces voisins, c'est des beaufs, tous le bide à bière, des gros buveurs, des fumeurs de joints, des fêtards, des branleurs. Bref, des gens parfaits avec qui fêter le carnaval. Et puis, ils avaient fait les choses en grand: location de maison avec piscine + énorme jardin, bus, chauffeur, bouffe, alcool et autres, tout inclus, pour 40 personnes.
Les Brésiliens sont complètement rodés pour faire des bons carnavals. C'est L'évenement de l'année, on le prépare des mois a l'avance. Tout le monde organise son affaire, les plus riches partent à la plage, les plus pauvres répètent leur samba. Chaque quartier a son carnaval, petit ou grand. La veille, tout le monde te souhaite un "joyeux carnaval" comme on souhaite un joyeux noel. Les routes sont paralysées, et pleines de flics. Et là, quand tout est prêt, le pays s'arrête et fait la fête pendant 4 jours.
Alors nous voilà partis pour Sao Luis do Paraitinga, "pas loin" d'ici (3 heures...), petite ville super jolie perdue dans la campagne paulista. Là, c'est un carnaval de rue, avec les blocos (groupes de musique) qui défilent et tout le monde qui danse à coté.
Donc, en gros, le carnaval, c'est: glandouille le matin (avec bière à la main), fête l'après-midi (avec bière à la main), fête le soir (idem...) On se posait sur la place du village avec notre glacière remplie de bouteilles et on dansait, on chantait (à la longue, on commence à connaitre les paroles...) et on rigolait. Il y a des gens habillés n'importe comment, qui font n'importe quoi, qui embrassent n'importe qui, mais ça reste quand même très bon enfant. Ca ressemble beaucoup aux fêtes de Bayonne en France, moins le rouge et le blanc.
Bon, après, on m'en avait tellement parlé, de ce carnaval, et c'est tellement mythique, que je m'attendais à quelque chose d'encore plus fou. Un peu comme quand on entend trop parler d'un film, et qu'on est déçu en le voyant. Et puis, il y avait la fatigue du voyage qui n'était pas encore complètement passée, donc on a pas pu complètement profiter.
Mais le carnaval au Brésil, ca reste quand même quelque chose à voir!!

lundi 9 mars 2009

Manaus - fin du voyage...

Encore un bateau pour aller à Manaus. Mais cette fois ci, il est on ne peut plus luxueux que le premier! Imaginez: de la place pour mettre son hamac; des vitres sur les ponts du bateau; moins de monde, plus d'espace pour respirer; et ô bénédiction, parfois un fruit pour le dessert! Mais bon, celui-là est nettement moins funky que le premier, moins de gens pour parler, qui restent sur le pont pour faire la fête. Les paysages sur cette partie du fleuve sont beaucoup moins "sauvages": plus de petits villages, de paturages, de maisons. C'est surement à ça que va ressembler l'Amazonie dans une dizaine d'années. Où sont passées les jungles sauvages et humides où l'on entend hurler les singes? Encore ailleurs surement, mais pas ici en tout cas.
Et lorsqu'on arrive à Manaus, c'est pire. Impossible à imaginer qu'on se trouve au milieu de la jungle. Une ville d'un million et demi d'habitants, ca ne passe pas inaperçu.
Et le pompon, c'est quand même cet opéra. Surement le plus mythique et le plus insensé de tous. Tous les matériaux transportés en bateau depuis l'Europe: les marbres d'Italie, les boiseries françaises, les meubles anglais... Tout ce qu'il y avait de plus "chique" (comme aiment à dire les Brésiliens) à l'époque. Et toutes ces richesses sont restées intactes, jusqu'à aujourd'hui.
C'est complètement fou, de revenir de la jungle, après s'être battus avec les fourmis, d'arriver ici dans ce petit morceau d'Europe, en train d'écouter un orchestre slave mené par un chef français qui joue du Berlioz!
Bref, un petit instant magique, mais il faut retourner affronter la chaleur humide de l'extérieur.
On visite quelques musées miteux présentant les Indiens comme des bêtes de foire, montrant des ustensiles qu'ils n'utilisent plus depuis belle lurette.
Puis on va faire un tour au marché portuaire, tonnes de bananes attendant d'être emmenées, petits vendeurs de poisson, centaines de bateaux qui transportent passagers, boeufs, voitures et autres.
Nous ne passerons qu'un jour à Manaus et c'est mieux comme ça. Alors, on attend notre avion en se posant sur la très européenne place de l'Opéra, avec notre pote Tais (soit dit en passant, la seule brésilienne avec qui je peux prétendre être amie, mais ca, c'est une autre histoire...), à boire des bières et en parlant de tout et de rien en portugais, anglais, portugnol et frantugais. Tant que tout le monde arrive à se comprendre...
Et voilà, on prend l'avion (quel luxe, cet aéroport, il y a même des toilettes où tu peux jeter ton papier dedans!!), direction, Sao Paulo, terminus.

samedi 7 mars 2009

Au bord du fleuve...

Aller en Amazonie, c'était un rêve d'enfant, une sorte de destination rêvée où les gens vivent en harmonie avec la nature, les arbres et les animaux. C'est un peu différent du mythe, certes, mais c'est quand même toujours magique.
Nous partons de Bélem en bateau, d'un de ceux qu'on imagine descendre le Mississippi, bleu et blanc, énorme. A l'intérieur, trois étages, remplis de hamacs et de bagages. Il y en a partout autour de toi, en haut, en bas, sur les cotés... A la fin du voyage, je me suis retrouvé avec une petite fille en haut de moi, deux autres sur les cotés, de tonnes de bagages en dessous, heureusement c'était Romain à ma gauche... Il y avait des gens de toutes sortes (enfin, bien sur, pas les plus riches, qui prennent l'avion...): des familles, des femmes et des hommes seuls, des jeunes hippies qui sortaient du FSM, des Indiens... Certains Indiens étaient venus pour le FSM et c'était la 1ère fois qu'ils sortaient de leur tribu. Un moment, le petit bar du bateau passait Le bossu de Notre-Dame: des indiens de 20, 30 ans étaient devant, morts de rire à chaque blague: merci Disney pour la rencontre des civilisations! Ca devait leur paraitre aussi exotique que nous occidentaux regardant Pocahontas...
Donc, sur le bateau, le temps passe lentement. Tu lis, tu parles avec les gens, tu dors, et tu manges (mal). C'est tout, mais c'est bien. Ca apprend à prendre le temps. Et puis aussi, tu regardes le paysage, et là, tu te régales. Les premiers jours, la rive est assez loin, on ne voit que des arbres au loin. Mais les jours suivants, les rives se rapprochent et l'on voit des maisons de ribeirinhos, les habitants du fleuve. Ils accrochent parfois leur barque au bateau pour vendre des crevettes, des fruits, des chips de bananes... Il y a très souvent des dauphins d'eau douce, les botos, aussi. Et puis il y a la végétation, presque infinie. De grands arbres, des broussailles, parfois sur les petites iles des marécages où paissent des boeufs (déforestation?)... Par moments, un petit village, mais rien de très "civilisé".
Et il y a les couchers de soleil, tellement beaux qu'ils sont irréels, avec des couleurs impossibles, une lumière indescriptible...
Si bien que l'on a presque envie de continuer le voyage indéfiniment. Presque, parce que bon, la nourriture est horrible, on en a marre d'être tassé, on veut prendre une bonne douche et on veut voir de nous même ce paysage qui défile devant nous...
Nous arrivons donc à Santarém, et allons directement à Alter do Chao, petit village à coté beaucoup plus tranquille. Au bord du fleuve, des plages de sable blanc, une petite ile avec des baraques pour manger, du vert tout autour et du bleu pour le ciel. Cool.
On va dans une petite pousada au milieu des arbres, à 30 secondes d'une petite plage tranquille. Elle est blindée de gens de tous les pays, ça parle anglais (bizarre ici...), on dort tous en hamac dans un gros dortoir au toit de palmes.
On se repose le premier jour, et le lendemain nous louons une barque pour la journée pour aller se promener sur le fleuve. On arrive sur une ile avec pour seule habitation une cabane flottante en bois, où l'on se protège de l'averse. On continue jusqu'à l'Ilha do Amor boire une petite bière. Puis on va voir nos potes du bateau qui squattent sur l'ile, un allemand, une espagnole, un français et un argentin, qui font de la capoeira, qui jonglent et qui se baignent toute la journée. On reste avec eux jusqu'à la nuit tombée, et on rentre sur le "continent".
Nous restons là bas quelques jours à trainer, sur la plage et dans notre hamac, la belle vie.
Puis nous partons avec Fred, un vieux Français recontré à Alter do Chao, dans une communauté sur le fleuve Tapajos, dans une réserve nationale: c'est la communauté Jamaracua, composée de 20 maisons en bois en tout et pour tout. Les poules, les boeufs, les enfants gambadent entre les seringais (hévéas) de la cour de la maison. Il y a une cabane avec un trou en guise de toilettes, un tuyau dehors pour la douche, pas de frigo et l'eau sort du puits.
Post-forum oblige, beaucoup d'étrangers se retrouvent dans cette famille, nous retrouvons là 28 personnes de toutes nationalités.
On arrive là en bateau, on s'arrête a une centaine de mètres de la maison dans la mangrove, on continue les pieds dans l'eau et il ne vaut mieux pas se demander ce qu'il y a dedans.
A coté de la maison, il y a une petite plage où nous passons le reste de la journée les pieds dans l'eau, regardant les hommes pêcher (mais se faire manger les poissons par les dauphins!), avec là aussi un coucher de soleil fou. On passe une soirée excellente avec tous les jeunes et les gens de la maison, à base de samba et de rires. On est, vraiment, bien ici.
Les deux jours d'après, on va se balader dans la forêt. Les guides connaissent vraiment bien la forêt, ils nous expliquent les vertus des arbres (de quoi guérir toutes les maladies de la terre...), on voit un paresseux mal en point et autres animaux, on mange des noix d'Amazonie et des mangues... Certains arbres sont énormes, l'un d'entre eux a 1500 ans: la vôvô (la grand-mère). La forêt n'est pas très sauvage, mais c'est impressionant. On est en Amazonie, tout de même!
Le soir également, on part à la "chasse au jacaré": le père nous emmène sur sa barque, il passe un peu de temps dans l'eau et revient avec un petit crocodile, un jacaré, qu'on prend en photo et qu'il relache. En fait, la balade vaut plus le coup pour le ciel plein d'étoiles et pour les blagues d'Irasildo, le père...
Les derniers jours, le plus gros des étrangers part, et l'on se retrouve un peu plus tranquille. La famille peut souffler un peu. Il faut parler un peu de cette famille étonnante: la mère, Dona Socorro, est une mère ourse pour ses enfants et les gens de passage. Elle passe son temps à cuisiner ou à ranger. Le père, Irasildo, est un jaguar de la forêt. Il doit avoir une quarantaine d'années, mais il est encore musclé et repère des animaux à des centaines de mètres. Il rit de tout comme un enfant et il est génial. Il pêche les poissons pour toute la famille dans sa petite barque. Les deux sont beaux, sains, calmes. Autour d'eux, il y a les enfants, toute la famille et les parasites qui gravitent autour. Les petites filles sont belles, elles ont les cheveux noirs et la peau cuivrée des Indiens, et une fierté dans la manière de se tenir que l'on retrouve chez peu de gens.
Mais on parle un peu avec Dona Socorro, et la vie n'est pas aussi idyllique qu'elle en a l'air: il n'y a pas grand chose àfaire le soir en Amazonie, et il y a peu Irasildo buvait, et devenait parfois violent. Ils n'accueillaient pas d'étrangers à l'époque. Lui a failli la quitter, ce qui signifie la perte de beaucoup de choses pour une femme là-bas et l'obligation de se remarier avec quelqu'un. On peut alors imaginer la vie des gens de la forêt sans cet apport touristique; l'argent doit être rare et la vie assez dure.
Il y a donc beaucoup de choses à tirer de ce séjour dans la communauté, et il faut y avoir été pour en avoir tous les enseignements, à la fois une tranquilité impressionante mais aussi des difficultés pour survivre...

mercredi 4 mars 2009

Belém et le FSM 2009

C'était un des clous de notre voyage, un rendez-vous obligé, le Forum Social Mondial.
A l'arrivée à Bélem, du monde partout, plein de jeunes, du bordel comme peut l'être un forum SOCIAL et MONDIAL, une chaleur de bête...
On installe la tente au campement de la jeunesse dans la fac, et on se lance dans cette vaste entreprise qui est de savoir ce qui se passe dans ce forum.
Il s'avère qu'il y a une grosse manif d'ouverture organisée, et là c'est la folie: la manif ne s'arrête pas sur des kilomètres. Une file de gens discontinue. Des jeunes, des vieux, des brésiliens (beaucoup), des hippies, des Indiens, des beaux adhérents de Greenpeace, des Massais, des journalistes, des gens déguisés, des bonnes soeurs, des syndicalistes, et la liste est longue...
Il y a de la musique, des chants, des baterias, le claquement des lances des Indiens... Impressionant. Personne ne revendique beaucoup de choses, mais les gens sont là, et ça suffit.
La pluie tombe au milieu de la manif, une pluie tropicale comme il y en a tous les jours à Bélem, mais les gens continuent, tout le monde est trempé mais content, ça rafraichit l'atmosphère.
Puis le Forum en lui-même, certes, c'est beaucoup de bordel, tu trouves jamais ce que tu veux, c'est beaucoup de bruit pour rien, plein de jeunes qui sont là juste pour faire la fête...
Mais c'est aussi des conférences intéressantes (notamment celle de Marina Silva et Leonardo Boff, deux personnages super intéressants de la scène écologique brésilienne), des moments droles (la Marcha da Maconha, marche de la weed, qui a rassemblé tous les hippies du coin :)), beaucoup d'espoir en un monde meilleur, et surtout des superbes rencontres. Les 2 portugais de Sao Luis qu'on a retrouvés, la crème des étudiants de l'UNICAMP qui était monté en bus, un bucheron du Ceara, Pedro de Sao Paulo, un serpent sur la tente, les Bélemois fumeurs de joints et super sympas, les hippies qui faisaient des pizzas, un photographe voyageur, etc, etc.
Et puis, ce forum nous a permis de visiter Belem, une ville tranquille avec de grandes avenues bordées d'énormes manguiers (un peu de jungle dans la ville...), un énorme marché avec tous les produits de l'Amazonie, de vieilles maisons de l'époque du caoutchouc, et le fleuve immense qui ouvre la ville vers le large.
Le fleuve qu'on va prendre pour remonter dans les profondeurs de l'Amazonie...

dimanche 1 mars 2009

Etape 8: Ilha de Algodoal

Après Sao Luis, nous avions encore quelques jours avant le Forum Social Mondial; nous sommes donc allés sur la petite île d'Algodoal, et ce fut, ma foi, un fort bon choix.
Elle n'est pas très connue des touristes, seuls les Bélemois la prennent d'assaut pendant les jours fériés. Le reste du temps, elle est déserte et retrouve son calme et sa langueur tropicale.
Nous prenons le petit bateau qui va du continent à l'île (au passage, quelques dauphins nous saluent...) et sur la plage, des carrioles à cheval attendent les passagers. Pas de voiture sur l'île, l'électricité est arrivée il y a peu, un vrai bonheur. Des rues en terre, des chiens errants, des enfants qui jouent au futebol.
Nous rencontrons sur la plage Raoni, un jeune qui aide sa tante à la pousada pendant les vacances. Lui vient d'une communauté dans le centre de l'Etat du Para, et il préfère travailler ici, face à la plage, que de se bourrer la gueule et fumer des joints toute la journée avec ses amis dans son village. Où, apparemment, il n'y a pas grand chose à faire. C'est vrai qu'ici, en-dehors des endroits touristiques, la vie doit être vraiment dure et les seules "distractions" sont les drogues occidentales qui les pourrissent.
Enfin, nous parlons pas mal avec lui, et il nous propose de faire le tour de l'île avec lui le lendemain, grosse balade de 16km.
On commence par le port, où un petit vieux nous emmène sur sa barque pour traverser la mangrove. L'eau est calme, les arbres commencent à nous entourer et à former un tunnel au-dessus de l'eau, on aperçoit un ibis rouge et l'on sent que ça grouille de vie, dans l'eau et dans les arbres.
Nous arrivons sur une terre sableuse, à la végétation assez "méditerranéenne", où l'on commence notre balade. On ne rencontre personne sur tout le chemin, à part quelques cahutes et la seule moto de l'île (qui sert à réparer l'électricité). Après plusieurs heures de marche, on arrive dans un village au bout de l'île, d'une tranquilité étonnante. On arrive avec Raoni, on va voir ses potes qui tendent à Romain un énorme buzz en lui disant "roule le, francês!" Après un des amis monte sur un cocotier et nous tend des noix de coco fraichement cueillies. On boit leur jus en regardant la mer, la mangrove et le mouvement des cocotiers. On s'arrête dans un petit restaurant où le patron nous offre le café et un plat de crevettes fraichement pêchées du matin. Délice...
On reprend tranquillement notre route, et l'on attaque la partie "plage". C'est-à-dire, une étendue de sable blanc de centaines de mètres de large, avec la mer au loin à marée basse. Là encore on ne croise qu'au plus 5 personnes; du sable blanc à perte de vue, on a l'impression d'etre dans le désert alors qu'on est aux portes de l'Amazonie. La dernière partie est vraiment magnifique, avec de vraies dunes et quelques buissons éparpillés, et l'on arrive à la Praia da Princesa, quelques cahutes-restaurants sur la plage. On mange un petit repas à base de crevettes, poisson et riz, on boit des bières, on se baigne, on se repose... Puis retour à notre petit village en prenant une barque au coucher du soleil. Les couleurs sont magnifiques.
Nous reprenons le bateau le lendemain tôt, une nouvelle fois en compagnie des dauphins.
Direction, Bélem.

samedi 28 février 2009

Etape 7: São Luis do Maranhão

Nous continuons notre route de plus en plus vers le Nord du Brésil: finies les plages touristiques (plus ou moins...) et le soleil du Nordeste, bonjour le Nord, sa forêt, sa douceur de vivre et... sa pluie! En effet, on est tout près de l'équateur, et là c'est l'"hiver", c'est à dire une saison où il pleut plus que les autres.
Nous découvrirons donc Sao Luis en grande partie sous la pluie...
Le centre historique de Sao Luis, le reviver, ressemble à un village: c'est tout petit, on y fait tout à pied, et tout le monde se connait. Capitale du reggae oblige, les hippies du pays se donnent rendez-vous là et trainent sur les trottoirs en vendant de l'artesanato (colliers, boucles d'oreilles, l'activité favorite des hippies ici)
Sao Luis est une ville coloniale laissée à l'abandon, comme le sont Olinda ou Ouro Preto: les maisons sont majestueuses, certaines rénovées, d'autres en ruine (et ce sont souvent les plus belles, avec la végétation qui en déborde...)

L'ambiance est tranquille, on boit quelques bières en terrasse, des gens viennent nous parler spontanément: Rocky et sa copine, Pedro et ses potes, Alex, les amitiés se font vite et l'on recroise tout le temps les gens le jour, le soir, la nuit, dans les rues pavées.
Les soirées sont bonnes, malheureusement nous qui voulions du reggae partout, tout le temps, on est un peu déçus; mais nous avons assisté à un carnaval (répétition? carnaval hors saison?), où l'on a pu voir 3 des clichés les plus typiques du Brésil: les blocos avec leurs belles danseuses dénudées, les masses de jeunes dans la rue (la moitié de la population a moins de 25 ans!), et les policiers qui n'y vont pas toujours dans la dentelle (à coup de matraquage de foule, etc.)
Malgré tout, le petit reviver de Sao Luis donne envie d'y revenir, pour le découvrir mieux, pour s'y prélasser encore dans les rues et au bord du port, pour découvrir toutes ces maisons abandonnées et ces gens tellement tranquilles...

mercredi 25 février 2009

Etape 6: Fortaleza

Fortaleza est moche; c'est un fait. C'est une succession de grands buildings, au bord d'une mer pas extraordinaire, et en plus impraticable car polluée. Presque aucun bâtiment historique, aucun attrait majeur pour le voyageur.
Elle n'a que la réputation d'être une ville fêtarde, avec quelques unes des plus grandes boites du Brésil, où on y danse le forro jusqu'au bout de la nuit. Mais on n'en n'a vu que les mauvais côtés, étant arrivés un dimanche matin tôt et repartis peu de temps après: les balayeurs commençaient à nettoyer les rues jonchées d'alcooliques, de prostituées (travelots?) et autres déchets. Pas très beau à voir...
Dans notre errance dans cette ville (d'ailleurs impraticable à pied), on a quand même découvert un petit centre culturel fort bien fait sur l'Etat du Cearà, avec les jeux que les enfants fabriquent avec trois fois rien dans cette région pauvre.
Puis, une fois n'est pas coutume, direction la plage le lendemain, dans un quartier un peu éloigné du centre. Nous mangeons une spécialité de la région, des caranguejos, crabes entiers que l'on découpe avec les mains. C'est super bon, génial quand tu aimes manger avec les doigts et très salissant.
Une courte halte dans cette ville, beaucoup d'autres choses à faire sur cette côte magnifique...

vendredi 20 février 2009

Etape 5 : Olinda la belle

Voisine « historique » de Recife (au patrimoine de l’Unesco), Olinda semble vivre au rythme du carnaval, toute l’année. Début janvier, on y était encore loin, mais la ville entière s’y préparait déjà. Innombrables maisons à louer (une fortune) pour la période, écoles de musique répétant les rythmes de la samba, mélodies qui semblent se répercuter à l’infini sur les murs des maisons colorées (c’est beau…).
Olinda semble un peu dans une bulle colorée en dehors du temps, et lorsqu’on aperçoit au loin les gratte-ciel de Recife, on se dit, c’est vrai, on est au XXIème siècle quand même.
Olinda a ce nom parce quand les explorateurs portugais on découvert l’endroit, ils se sont exclamés : « Oh, linda ! » (Qu’elle est belle !) Et c’est vrai qu’elle est belle, cette ville avec toutes ces maisons coloniales qui tombent en ruine ou qui sont rénovées, pleines de couleurs, et ces églises comme des gâteaux à la crème.
Hébergés dans une pousada avec dortoirs collectifs, on rencontre quelques uns des voyageurs qui sillonnent le Brésil : du Minas Gerais, de Rio, d’Argentine, d’Europe et d’ailleurs, ils sont nombreux et jeunes ; on visite une partie de la ville avec eux. Le soir, c’est répétition pour le carnaval : les blocos s’entraînent à leur numéro : un groupe de jeunes filles danse la samba au son d’un orchestre de vieux bonhommes ; le public, c’est quelques touristes, et des gens de la ville, qui ne se lassent décidément jamais au fil des années de ces airs de carnaval ; ils dansent et chantent avec les blocos. Un peu plus tard dans la nuit, ce sont des papys qui jouent du chorinho et de la samba ; ils défilent dans toute la ville, avec un long cortège à leur suite. Ils s’arrêtent sur une petite place et continuent, de moins en moins nombreux, jusqu’à la fin de la nuit. Nous nous joignons à eux et dansons, jusqu’à ce que la fête se termine complètement. Caipirinha, cerveja et dodo.
On part à la plage le lendemain avec nos compagnons de dortoir, un peu plus loin qu’Olinda à l’embouchure d’un fleuve ; une plage sans grand intérêt, mais peut-être pensions nous encore à la beauté des plages de Maragogi.

Etape 4 : Aracaju, Maceio et Maragogi : la route vers le paradis est semée d’embuches.

Pour rentrer de nos montagnes,la bas a Lençois, le chemin n’est pas de tout repos ; les bus sont rares, les places sont vite prises, et a part Salvador il n’ya pas vraiment d’autre destination touristique (majeure !) dans la région.
Les cafouillages ont été nombreux dans cette partie du voyage, faisant perdre temps, argent et paysages magnifiques, mais ça fait partie du voyage, tout compte fait.
Nous volià donc partis vers Aracaju, capitale du petit Sergipe, ville balnéaire banale qui ressemble tout à fait aux stations françaises de la cote atlantique ou méditerranéenne hors-saison, sauf que là au Brésil la haute saison bat son plein : pas moyen de trouver un hébergement correct. On se retrouve dans une pousada miteuse, toile d’araignée au plafond et décharge dans la cour, qu’on paye une fortune. Et nous devons rester là 2 jours, ayant pris les billets de bus à l’avance… Un mal pour un bien, la plage immense est déserte après 4heures de l’après midi, et on assiste au coucher du soleil avec notre pote suisse Aurélien rencontré la veille.
Encore un peu de plage dans cette ville brulée par le soleil, se demandant bien où sont tous ces gens des pousadas pleines. Un petit tour aussi à l’Océanorium, avec plein d’animaux de rêve et un programme de sauvetage de tortues super (sponsorisé par Petrobras, bonne conscience capitaliste ??!!). Et puis s’en vont, vers Maceio cette fois ci, avec l’envie de rejoindre les belles plages du Nord de l’Etat d’Alagoas. Vous n’avez jamais entendu parler de ces Etats, me direz-vous, moi non plus jusqu’à ce que j’y mette les pieds ; ils font partie du grand Nordeste, quelques uns des Etats les plus pauvres (et les plus beaux) du Brésil. Pas de chance encore une fois, les bus pour le littoral sont terminés pour la journée, ce qui nous bloque dans cette capitale pour une nuit. Les pousadas sont trop chères pour notre petite bourse ; on se retrouve dans un hôtel à côté de la gare routière, dans un quartier miteux comme peuvent l’être tous les quartiers de bord de gare, où se retrouvent tous les échoués. A moitié maison de passe, l’hôtel a au moins l’avantage d’être peu cher et propre (20 reais pour 2, un record rarement égalé…). On traine la soirée dans la gare routière et mangeons dans un boui-boui où les hommes dinent en compagnie de la novela la plus populaire du Brésil. Viande trop cuite, macaxeira (manioc) bouilli plein de fils, on a déjà connu meilleure gastronomie.
Parenthèse refermée, on continue notre voyage pour arriver (enfin !) à Maragogi, où l’on est récompensés de nos peines : un camping sur la plage, presque désert, à côté d’un délicieux restaurant, et la mer : couleur turquoise, transparente, calme plat, et chaude, abusément, trop pour se rafraichir. La plage est bordée de cocotiers, le sable est blanc, c’est d’une tranquillité incroyable. Heureusement qu’il y a encore des lieux comme ça, où le paradis n’a pas été rattrapé par les hôtels de luxe…
Le lendemain, nous faisons l’excursion « obligée » jusqu’aux récifs au large. Après le calme de notre petit camping, on se retrouve coincés sur un catamaran avec 98 autres brésiliens beaufs au possible. Arrivés sur place, tous les brésiliens se retrouvent au même endroit pour boire des bières et prendre des photos d’eux (les 2 sports favoris des brésiliens, avant même le foot et la samba), ce qui nous laisse les récifs à nous, et les poissons magnifiques. Dingue ce que les gens peuvent vendre en pleine mer, des baptêmes de plongée aux photos avec les poissons et aux brochettes de fromage. On retourne sans regret dans notre petit coin de paradis, à se dorer au soleil sur la plage et regardant la marée monter, s’endormant sous le ciel étoilé. « Là où tout n’est que beauté, luxe, calme et volupté. »

vendredi 23 janvier 2009

Etape 3: Salvador et la Chapada Diamantina, Bahia

Un peu de retard dans mon blog, c'est vrai.
Je profite d'un jour de pluie pour le continuer lá ou je m'étais arrétée: le nouvel an à Salvador.
On arrive donc le 31 décembre au soir chez Danilo, la famille (5 fréres!) réunie sur la terrasse pour fêter ça, tous habillés en blanc comme le veut la tradition. Grosse terrasse avec vue sur la mer, petit buffet sympathique, champagne à miunuit avec vue sur tous les feux d'artifice de la ville. Ma foi, que demander de plus!! (je sais, du foie gras, aaarrgh)
Ainsi notre séjour a Salvador fut a l'image du nouvel an: trés familial! On n'a pas vu grand chose de cette folie musicale, capoeira etc dont parlent les guides. Mais trés bien aussi, cela nous a permis de gouter a la vie brésilienne en mode upper class, ce qui est assez intéressant!
On s'est levés aux aurores, sur la plage a 8h du matin pour profiter de la fraicheur de l'air avant qu'il ne commence a bruler (dés 10h...), et pour une petite balade en bateau sur la Baia de Todos os Santos, plus grande baie du Brésil (d'Amérique? du monde? selon les egos...) en s'arrêtant sur des petites iles (malheureusement pas désertes...) avec toute la famille et les connaissances rencontrées sur le bateau.
Sinon, la vieille ville de Salvador est vraiment très jolie, lorsqu'on y est allés (le 1er janvier et un dimanche) c'était relativement désert, ce qui nous a permis d'echapper aux hordes de touristes échappés de leurs bus climatisés, aux petits vendeurs, aux mendiants et aux faux capoeiristes.
On a aussi visité le zoo de Salvador, plus intéressant du point de vue sociologique qu'animal, vu tous les Bresiliens qui y étaient. Je ferai plus tard un article sur les Brésiliens en vacances, parce que ça vaut vraiment le détour!
Puis direction Lençois, dans le Parc National de la Chapada Diamantina. Un peu de fraicheur des montagnes a fait du bien aprés la chaleur de Salvador, étouffante. Un joli petit village colonial bien tranquille avec des touristes en mode randonneurs roots, et un paysage magnifique.
on n'a pas pu malheureusement en profiter autant qu'on voulait a cause de petits pbs de santé et un temps pas tres clément (plus gros orage depuis des années selon les habitants, la nuit sous la tente!!), mais on a fait de petites excursions bien sympathiques: grottes, cascades ou l'on peut se baigner, rivieres d'eau rouge ou turquoise, colline avec une vue superbe sur le paysage alentour... Une belle petite halte bien reposante.

samedi 3 janvier 2009

Etape 2: Itacaré, Bahia

Aller dans la Bahia aussi, c est un peu un mythe finalement. C est la ou a été fondé le Brésil par les Portugais et la ou se trouvent les rites et traditions africaines les plus fortes. Elle a aussi inspiré pas mal d artistes, Jorge Amado pour n en citer qu'un. C'est le berceau de la capoeira ("é de Bahia, é de Bahia, a capoeira é de Bahia", dit un air de capoeira) et du candomblé, religion syncrétique entre le christianisme et les rites africains.
Et puis, aussi, c'est là ou se trouvent quelques unes des plus belles plages du Brésil. C'est d'ailleurs un peu pour ça qu'on s'y rend.
Donc 1ere étape bahianaise, Itacaré. Selon le Lonely Planet, ancien paradis des surefurs et des hippies, rattrapé par le tourisme de masse. Ca reste quand même un paradis, et il y a de beaux restes de l'époque 70's, a coup de bijoux en bois et fleurs dans les cheveux.
Itacaré, c est donc un joli petit village de pecheurs avec de magnifiques plages. Notre séjour y sera essentiellement tourné, a base de bronzage, de baignade dans une eau trop chaude pour se rafraichir vraiment et de surf (plus ou moins, ca dépend des gens...). Et de toute façon, il y a tellement de choses a regarder sur la plage qu on peut y rester des heures entieres. Les surfeurs, les filles en string (coté masculin) et les capoeiristes tout musclés (coté féminin), les enfants, et puis la mer tout simplement.
Et puis il y a la vie nocturne, qui commence sur la plage au son d'un concert de reggae au Jamaica Beach, et qui finit sur une ou plusieurs caipirinhas dans un des bars de la ville. La "rue des bars" d'Itacaré n'a d'ailleurs rien a envier a la rue de la Verrerie d'Aix, avec des jeunes biére a la main qui débordent des bars sur les rues pavées, jusqu'a tard dans la nuit.
Nous ne sommes restés que trois jours dans ce petit paradis, pour rejoindre Salvador (qui a l air d'etre tout pres comme ça sur la carte, mais qui nécessite 10 bonnes heures de bus pour y arriver...) pour le réveillon.
D'ailleurs, Feliz ano novo a tous!