Encore un bateau pour aller à Manaus. Mais cette fois ci, il est on ne peut plus luxueux que le premier! Imaginez: de la place pour mettre son hamac; des vitres sur les ponts du bateau; moins de monde, plus d'espace pour respirer; et ô bénédiction, parfois un fruit pour le dessert! Mais bon, celui-là est nettement moins funky que le premier, moins de gens pour parler, qui restent sur le pont pour faire la fête. Les paysages sur cette partie du fleuve sont beaucoup moins "sauvages": plus de petits villages, de paturages, de maisons. C'est surement à ça que va ressembler l'Amazonie dans une dizaine d'années. Où sont passées les jungles sauvages et humides où l'on entend hurler les singes? Encore ailleurs surement, mais pas ici en tout cas.
Et lorsqu'on arrive à Manaus, c'est pire. Impossible à imaginer qu'on se trouve au milieu de la jungle. Une ville d'un million et demi d'habitants, ca ne passe pas inaperçu.
Et le pompon, c'est quand même cet opéra. Surement le plus mythique et le plus insensé de tous. Tous les matériaux transportés en bateau depuis l'Europe: les marbres d'Italie, les boiseries françaises, les meubles anglais... Tout ce qu'il y avait de plus "chique" (comme aiment à dire les Brésiliens) à l'époque. Et toutes ces richesses sont restées intactes, jusqu'à aujourd'hui.
C'est complètement fou, de revenir de la jungle, après s'être battus avec les fourmis, d'arriver ici dans ce petit morceau d'Europe, en train d'écouter un orchestre slave mené par un chef français qui joue du Berlioz!
Bref, un petit instant magique, mais il faut retourner affronter la chaleur humide de l'extérieur.
On visite quelques musées miteux présentant les Indiens comme des bêtes de foire, montrant des ustensiles qu'ils n'utilisent plus depuis belle lurette.
Puis on va faire un tour au marché portuaire, tonnes de bananes attendant d'être emmenées, petits vendeurs de poisson, centaines de bateaux qui transportent passagers, boeufs, voitures et autres.
Nous ne passerons qu'un jour à Manaus et c'est mieux comme ça. Alors, on attend notre avion en se posant sur la très européenne place de l'Opéra, avec notre pote Tais (soit dit en passant, la seule brésilienne avec qui je peux prétendre être amie, mais ca, c'est une autre histoire...), à boire des bières et en parlant de tout et de rien en portugais, anglais, portugnol et frantugais. Tant que tout le monde arrive à se comprendre...
Et voilà, on prend l'avion (quel luxe, cet aéroport, il y a même des toilettes où tu peux jeter ton papier dedans!!), direction, Sao Paulo, terminus.
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