Décidément, la côte brésilienne est vraiment magnifique. Paradisiaque. D’ailleurs, si j’étais une capitaliste véreuse, j’investirais en masse dans ces petits morceaux de plage pour faire venir mes confrères européens pour qu’ils viennent admirer (et polluer) tout ça. Mais bon, je ne le suis pas, et je profite de ces lieux encore préservés.
On a profité d’un graaand weekend avec Romain pour aller dans le Sud, qu’on n’avait pas encore bien exploré. Direction : Florianopolis. Pour expliquer un peu, c’est une ville qui se situe sur une grande île (Ilha de Santa Catarina). En elle-même, Floripa ne vaut pas vraiment le détour (12h de bus..), malgré ses rues piétonnes à l’européenne et ses belles maisons coloniales. Non, c’est l’île dans son ensemble qui est magnifique.
Nous arrivons dans un camping bien sympa, entre un lac, un canal et l’océan. Ca faisait une éternité (3 mois !) qu’on n’était pas allés à la mer, donc ce weekend ça sera plage ! Le littoral de l’île est particulièrement mouvementé, grosses vagues et bonne brise, ce qui favorise la multiplication d’une espèce endémique doté d’un corps avenant : le surfeur (et sa variante, le kitesurfeur). Je mate donc en toute discrétion tout en admirant le paysage qui vaut aussi le coup d’œil. Une autre des spécialités de Floripa, outre le surfeur, c’est la crevette : on prend donc le plat typique, la sequência de camarão, qui consiste en 4 plats de crevettes énormes à toutes les sauces (frits, à l’ail, nature, avec du poisson…) accompagné d’un tout aussi énorme plat de riz et de frites, et autres délices. Vous comprendrez pourquoi je suis devenue grassouillette ici.
De retour au camping, on fait un bon petit poisson au barbecue, bien frais et bien tendre, en partageant des bières avec des français arrivés le soir. Sympa…
Le lendemain, on fait une (petite) randonnée avec vue magnifique sur le lac, pour arriver sur une autre plage, tout aussi belle. Malgré le vent refroidissant, on se dore la pilule toute l’après-midi.
Le jour d’après, on lève les amarres, pour prendre les bus de l’île qui nous emmènent sur la Praia do Campeche, et là on comprend pourquoi l’île est une des étapes du championnat du monde de surf (ou un truc comme ça…). Des vagues énormes, super bien faites… Ah, si je savais surfer… Avec en arrière-fond, pour ne rien gâcher, une petite île qui rajoute au décor paradisiaque. On continue dans notre périple, encore vers le sud de l’île, pour arriver à Pântano do Sul. De là, un chemin dans la serra nous amène à une plage déserte, sauvage, battue par les vagues, au coucher du soleil. Endroit magique, une fois de plus. Ce lieu est une des dernières réserves de mata atlântica (forêt atlantique), qui s’étendait autrefois sur presque toute la côte du Sud-est. Bêtise humaine…
On plante notre petite tente dans un bosquet d’arbres près d’une lagune, abrités du vent par les dunes (remarquez la rime…). Petit feu de bois, pain grillé et fromage fondu, et bonne nuit.
Le matin au réveil, on découvre la plage pour nous tout seuls. Petite baignade, et on reprend le chemin du retour. On s’arrête dans un restaurant mythique de l’île, où sur tous les murs et le plafond sont collés des petits messages des visiteurs des quatre coins du monde. Là, on continue notre régime crevettes (succulentes). Puis on repart vers la grande ville, en croisant sur notre passage les cachaceiros (alcooliques) de l’île, dont un argentin gratiné qui persiste à croire que Romain est uruguayen et pas français comme on essaye de lui expliquer.
Puis, de retour à Campinas pour un mois d’avril bien peu chargé en cours.
Et, vacances « forcées », pour cause de la venue de Papa et Laurène pour les vacances ! D’ailleurs, j’en profite pour remercier tous ceux qui m’ont fait parvenir des bonjours, des cartes, des cadeaux (des livres !!!), des félicitations pour mon blog.
J’avais concocté un petit programme pour eux, profitant officieusement de leur venue pour faire tous les beaux coins que je n’avais pas encore fait.
On se dirige donc vers Paraty, petite ville coloniale endormie dans l’Etat de Rio. Sur la route, nos touristes découvrent le Brésil, et heureusement pour eux, la route n’est pas dégueu : longeant le littoral, on aperçoit tour à tour plages, îles, végétation luxuriante, (centrale nucléaire)… Notre pousada est au sommet d’une colline (le « morro do Forte »), ce qui nous dote d’une vue sur la mer qui nous rend tout de suite en vacances. La caipirinha aussi, pour le coup, a aidé. La ville est vraiment sympa, avec les maisons blanches aux volets colorés, et elle est bien tranquille, le gros des troupes touristiques étant absent. Du coup, les habitants sont cools (enfin, ont-ils été un jour stressés ?), sur leurs charrettes à cheval, leurs vélos, en train de vendre des bricoles ou de discuter avec le visiteur. Pour satisfaire les attentes de Laurène-cachet d’aspirine, on va à la PLAGE le lendemain. Encore une vue magnifique de nos serviettes ; on a pied jusqu’à très très loin, au point de pouvoir aller jusqu’à la petite île qui nous tend les bras, juste en face. On traîne encore un peu dans les rues pavées, et un petit concert de samba magnifiquement chantée dans un bar à cachaça achève le séjour paratyesque en beauté.
Deuxième étape : pas très loin du paradis terrestre, selon Amerigo Vespucci. Ilha Grande. Un peu de route jusqu’à Angra dos Reis, où on embarque sur un bateau pour la pousada. Pas de voitures sur cette île, que des balades à pied ou en bateau dans un environnement magnifique. On arrive à la pousada au soleil couchant ; elle est au coin d’une plage avec quatre maisons, seuls au monde. Le soleil dore tout le paysage et le rend encore plus magique.
La pousada a eu la bonne idée d’inclure des tours en bateau le matin dans son pacote, on en profite donc allègrement, tant pis pour la grasse mat’. Il nous emmène dans des endroits magnifiques : petites îles surmontées de 2-3 palmiers, plages désertes avec la forêt sauvage tout autour… Pour ne rien gâcher, la faune est impressionnante : des poissons aux couleurs et formes folles qui viennent te manger dans la main (et te manger la main tout court parfois…), des tortues marines avec qui l’on nage. On dirait qu’elles volent dans l’eau, c’est superbe. Et, cerise sur le gâteau, des dauphins font un bout de chemin avec nous, devant le bateau. Il devait y en avoir une vingtaine, devant nous, sur les côtés, juste en dessous de nous. C’est, pff… pas de mot. Magique.
On passe donc trois jours dans ce bel endroit. Je reviendrai, à coup sûr. Encore trop de plages à voir et de moments à profiter sur cette île.
Puis, on reprend le bateau, puis la voiture, et on part. La mer s’éloigne, peu à peu, et on commence à monter. Le paysage devient plus vallonné, des vaches apparaissent. C’est beau, aussi. Puis on arrive dans une vraie route de montagne, avec des vrais camions qui bloquent la route ! Le soleil commence à tomber (putain, il est 17h…), et la température se rafraichit, peu à peu. Puis, au lieu de route, ce n’est plus qu’une piste remplie de nids-de-poules et autres surprises. Ca dure comme ça 32 km qu’on parcourt en 2 bonnes heures, et on arrive. Des 28° d’Ilha Grande, on tombe à 12. Il peut faire froid, au Brésil, en fait. Surtout quand on a vécu 8 mois à plus de 20°.
C’est un vrai paysage de montagne que l’on retrouve le lendemain matin. Collines boisées, pins, araucarias, torrents et cascades, avec quand même des bananiers, des fougères géantes et des fleurs exotiques. Les maisons sont une réplique des chalets alpins (des colons suisses et allemands s’étaient installés ici), et la spécialité locale, c’est la truite. Miam. On fait donc de belles balades à la rencontre des différentes cascades de la région. La température de l’eau n’est pas celle de Bahia, donc on ne pourra pas se baigner dedans. Dommage. Puis, après ces efforts éreintants (!!), le réconfort : sauna, jacuzzi (avec plongeon dans la rivière gelée après), petit feu de cheminée et vin brésilien au dîner.
Le weekend du 1er mai, la ville se remplit brutalement, des cars entiers de Cariocas et Paulistanos arrivant (comment sont-ils passés par cette piste pourrie !!??). Dingue, qu’un coin si perdu devienne si bondé les vacances et grands weekends. Il y avait même la queue pour « visiter » une cascade ! (Normal, je dirais, avec tous les brésiliens qui veulent se prendre en photo devant et tapent des poses pas possibles… Mais après, on va dire que je dis encore du mal des brésiliens…)
Et voilà, les visiteurs repartent, donc direction l’aéroport. 10 jours, c’est vraiment pas assez pour le Brésil. Le trajet qu’on a fait est ridicule par rapport à la taille de ce pays. Mais ils reviendront, com certeza…
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