Quitter l’auberge. Marcher un peu sous le soleil de plomb. Prendre le bus avec mon énorme sac à dos. Enregistrement, départ. Quitter Salvador, quitter le Brésil, un an déjà. Survoler Paris. Arriver dans la brume de l’Allemagne. Conseils avisés d’Allemands serviables (et anglophones, merci !). Métro. Train n°1. Train n°2. Paris Est. Maman, Romain. La France.
J’ai retrouvé avec plaisir :
- les longues journées de l’été français. Quand le soleil se couche à 17h au Brésil, le jour tombe à 22h en France et, même si le soleil n’est pas éclatant, ça change la journée.
- La baguette toute chaude à la boulangerie, le camembert coulant et le chèvre frais, les fruits de saison bien sucrés, le vin de qualité, bref la bonne nourriture française qui m’avait bien manqué. Y’a pas à dire, on est quand même balèzes en bouffe.
- Les gens qui parlent français dans les rues, qui te disent bonjour, excusez-moi, au revoir et merci, les petites vieilles qui te demandent leur chemin dans la rue.
- La « civilisation », les trains qui arrivent à l’heure, les arrêts de bus qui ne sont pas marqués que par un poteau peint en jaune, les plans de la ville à chaque coin de rue…
- Pouvoir jeter le papier toilette dans la cuvette des WC et pas dans une poubelle qui pue à côté, pour cause de canalisations du tiers-monde !
- Et bien sûr, Romain, ma famille, mes amis, ceux qui sont restés en contact avec moi pendant cette année et grâce à qui je suis contente de rentrer…
J’ai eu du mal à laisser :
- Le beau temps quasi-permanent, la chaleur jamais insupportable, les pluies toujours bienvenues pour se rafraichir, les tongs toute l’année…
- La Rep, toujours animée (12 personnes forcément), toujours en fête, où tout le monde passait à l’improviste, mangeait, buvait un coup, dormait là ou plus… Tous les habitants de la Rep et les squatteurs presque aussi nombreux, et les fêtes toujours géniales qu’on y faisait… Saudades
- Pouvoir parler français « brasilianisé », avec des mots qui n’existent pas dans la langue française mais tellement utiles au Brésil et dans la vie de tous les jours… Si je parle comme ça ici, personne ne me comprend ! Exemple : « C’est mon ficante » (du verbe ficar, rester, relation instable que tu as avec une personne inconnue. Coup d’un soir, qui peut durer plus d’un soir, en gros). « La maison d’à côté s’est faite assalter » (du verbe assaltar, cambrioler à main armée, sans violence mais après il ne te reste plus rien dans la maison, malheureusement fréquent au Brésil ». « Nossa ! » (de nossa senhora, en gros, Bonne Mère, très utile pour dire mince, oh là là, mon Dieu, et moultes autres significations !)
- La capoeira, cet art si magique, les chansons de la roda autour des berimbaus, le regard avec son partenaire qu’on doit soutenir, l’axé (énergie) du groupe tellement bon, les discours mystico-pacifico-philosophiques de Maître Jahça, les abraços à la fin de l’entraînement…
- Les soirées de samba où tout le monde reprend en cœur des chansons que tout le monde connaît, aime, le cavaquinho qui commence à jouer et qui est suivi par tous les autres instruments, les femmes qui jouent de la musique aussi bien que les hommes et les hommes qui dansent aussi bien que les femmes, les éternelles leçons de samba un verre à la main, et on danse jusqu’aux premières lueurs du soleil…
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