samedi 28 février 2009

Etape 7: São Luis do Maranhão

Nous continuons notre route de plus en plus vers le Nord du Brésil: finies les plages touristiques (plus ou moins...) et le soleil du Nordeste, bonjour le Nord, sa forêt, sa douceur de vivre et... sa pluie! En effet, on est tout près de l'équateur, et là c'est l'"hiver", c'est à dire une saison où il pleut plus que les autres.
Nous découvrirons donc Sao Luis en grande partie sous la pluie...
Le centre historique de Sao Luis, le reviver, ressemble à un village: c'est tout petit, on y fait tout à pied, et tout le monde se connait. Capitale du reggae oblige, les hippies du pays se donnent rendez-vous là et trainent sur les trottoirs en vendant de l'artesanato (colliers, boucles d'oreilles, l'activité favorite des hippies ici)
Sao Luis est une ville coloniale laissée à l'abandon, comme le sont Olinda ou Ouro Preto: les maisons sont majestueuses, certaines rénovées, d'autres en ruine (et ce sont souvent les plus belles, avec la végétation qui en déborde...)

L'ambiance est tranquille, on boit quelques bières en terrasse, des gens viennent nous parler spontanément: Rocky et sa copine, Pedro et ses potes, Alex, les amitiés se font vite et l'on recroise tout le temps les gens le jour, le soir, la nuit, dans les rues pavées.
Les soirées sont bonnes, malheureusement nous qui voulions du reggae partout, tout le temps, on est un peu déçus; mais nous avons assisté à un carnaval (répétition? carnaval hors saison?), où l'on a pu voir 3 des clichés les plus typiques du Brésil: les blocos avec leurs belles danseuses dénudées, les masses de jeunes dans la rue (la moitié de la population a moins de 25 ans!), et les policiers qui n'y vont pas toujours dans la dentelle (à coup de matraquage de foule, etc.)
Malgré tout, le petit reviver de Sao Luis donne envie d'y revenir, pour le découvrir mieux, pour s'y prélasser encore dans les rues et au bord du port, pour découvrir toutes ces maisons abandonnées et ces gens tellement tranquilles...

mercredi 25 février 2009

Etape 6: Fortaleza

Fortaleza est moche; c'est un fait. C'est une succession de grands buildings, au bord d'une mer pas extraordinaire, et en plus impraticable car polluée. Presque aucun bâtiment historique, aucun attrait majeur pour le voyageur.
Elle n'a que la réputation d'être une ville fêtarde, avec quelques unes des plus grandes boites du Brésil, où on y danse le forro jusqu'au bout de la nuit. Mais on n'en n'a vu que les mauvais côtés, étant arrivés un dimanche matin tôt et repartis peu de temps après: les balayeurs commençaient à nettoyer les rues jonchées d'alcooliques, de prostituées (travelots?) et autres déchets. Pas très beau à voir...
Dans notre errance dans cette ville (d'ailleurs impraticable à pied), on a quand même découvert un petit centre culturel fort bien fait sur l'Etat du Cearà, avec les jeux que les enfants fabriquent avec trois fois rien dans cette région pauvre.
Puis, une fois n'est pas coutume, direction la plage le lendemain, dans un quartier un peu éloigné du centre. Nous mangeons une spécialité de la région, des caranguejos, crabes entiers que l'on découpe avec les mains. C'est super bon, génial quand tu aimes manger avec les doigts et très salissant.
Une courte halte dans cette ville, beaucoup d'autres choses à faire sur cette côte magnifique...

vendredi 20 février 2009

Etape 5 : Olinda la belle

Voisine « historique » de Recife (au patrimoine de l’Unesco), Olinda semble vivre au rythme du carnaval, toute l’année. Début janvier, on y était encore loin, mais la ville entière s’y préparait déjà. Innombrables maisons à louer (une fortune) pour la période, écoles de musique répétant les rythmes de la samba, mélodies qui semblent se répercuter à l’infini sur les murs des maisons colorées (c’est beau…).
Olinda semble un peu dans une bulle colorée en dehors du temps, et lorsqu’on aperçoit au loin les gratte-ciel de Recife, on se dit, c’est vrai, on est au XXIème siècle quand même.
Olinda a ce nom parce quand les explorateurs portugais on découvert l’endroit, ils se sont exclamés : « Oh, linda ! » (Qu’elle est belle !) Et c’est vrai qu’elle est belle, cette ville avec toutes ces maisons coloniales qui tombent en ruine ou qui sont rénovées, pleines de couleurs, et ces églises comme des gâteaux à la crème.
Hébergés dans une pousada avec dortoirs collectifs, on rencontre quelques uns des voyageurs qui sillonnent le Brésil : du Minas Gerais, de Rio, d’Argentine, d’Europe et d’ailleurs, ils sont nombreux et jeunes ; on visite une partie de la ville avec eux. Le soir, c’est répétition pour le carnaval : les blocos s’entraînent à leur numéro : un groupe de jeunes filles danse la samba au son d’un orchestre de vieux bonhommes ; le public, c’est quelques touristes, et des gens de la ville, qui ne se lassent décidément jamais au fil des années de ces airs de carnaval ; ils dansent et chantent avec les blocos. Un peu plus tard dans la nuit, ce sont des papys qui jouent du chorinho et de la samba ; ils défilent dans toute la ville, avec un long cortège à leur suite. Ils s’arrêtent sur une petite place et continuent, de moins en moins nombreux, jusqu’à la fin de la nuit. Nous nous joignons à eux et dansons, jusqu’à ce que la fête se termine complètement. Caipirinha, cerveja et dodo.
On part à la plage le lendemain avec nos compagnons de dortoir, un peu plus loin qu’Olinda à l’embouchure d’un fleuve ; une plage sans grand intérêt, mais peut-être pensions nous encore à la beauté des plages de Maragogi.

Etape 4 : Aracaju, Maceio et Maragogi : la route vers le paradis est semée d’embuches.

Pour rentrer de nos montagnes,la bas a Lençois, le chemin n’est pas de tout repos ; les bus sont rares, les places sont vite prises, et a part Salvador il n’ya pas vraiment d’autre destination touristique (majeure !) dans la région.
Les cafouillages ont été nombreux dans cette partie du voyage, faisant perdre temps, argent et paysages magnifiques, mais ça fait partie du voyage, tout compte fait.
Nous volià donc partis vers Aracaju, capitale du petit Sergipe, ville balnéaire banale qui ressemble tout à fait aux stations françaises de la cote atlantique ou méditerranéenne hors-saison, sauf que là au Brésil la haute saison bat son plein : pas moyen de trouver un hébergement correct. On se retrouve dans une pousada miteuse, toile d’araignée au plafond et décharge dans la cour, qu’on paye une fortune. Et nous devons rester là 2 jours, ayant pris les billets de bus à l’avance… Un mal pour un bien, la plage immense est déserte après 4heures de l’après midi, et on assiste au coucher du soleil avec notre pote suisse Aurélien rencontré la veille.
Encore un peu de plage dans cette ville brulée par le soleil, se demandant bien où sont tous ces gens des pousadas pleines. Un petit tour aussi à l’Océanorium, avec plein d’animaux de rêve et un programme de sauvetage de tortues super (sponsorisé par Petrobras, bonne conscience capitaliste ??!!). Et puis s’en vont, vers Maceio cette fois ci, avec l’envie de rejoindre les belles plages du Nord de l’Etat d’Alagoas. Vous n’avez jamais entendu parler de ces Etats, me direz-vous, moi non plus jusqu’à ce que j’y mette les pieds ; ils font partie du grand Nordeste, quelques uns des Etats les plus pauvres (et les plus beaux) du Brésil. Pas de chance encore une fois, les bus pour le littoral sont terminés pour la journée, ce qui nous bloque dans cette capitale pour une nuit. Les pousadas sont trop chères pour notre petite bourse ; on se retrouve dans un hôtel à côté de la gare routière, dans un quartier miteux comme peuvent l’être tous les quartiers de bord de gare, où se retrouvent tous les échoués. A moitié maison de passe, l’hôtel a au moins l’avantage d’être peu cher et propre (20 reais pour 2, un record rarement égalé…). On traine la soirée dans la gare routière et mangeons dans un boui-boui où les hommes dinent en compagnie de la novela la plus populaire du Brésil. Viande trop cuite, macaxeira (manioc) bouilli plein de fils, on a déjà connu meilleure gastronomie.
Parenthèse refermée, on continue notre voyage pour arriver (enfin !) à Maragogi, où l’on est récompensés de nos peines : un camping sur la plage, presque désert, à côté d’un délicieux restaurant, et la mer : couleur turquoise, transparente, calme plat, et chaude, abusément, trop pour se rafraichir. La plage est bordée de cocotiers, le sable est blanc, c’est d’une tranquillité incroyable. Heureusement qu’il y a encore des lieux comme ça, où le paradis n’a pas été rattrapé par les hôtels de luxe…
Le lendemain, nous faisons l’excursion « obligée » jusqu’aux récifs au large. Après le calme de notre petit camping, on se retrouve coincés sur un catamaran avec 98 autres brésiliens beaufs au possible. Arrivés sur place, tous les brésiliens se retrouvent au même endroit pour boire des bières et prendre des photos d’eux (les 2 sports favoris des brésiliens, avant même le foot et la samba), ce qui nous laisse les récifs à nous, et les poissons magnifiques. Dingue ce que les gens peuvent vendre en pleine mer, des baptêmes de plongée aux photos avec les poissons et aux brochettes de fromage. On retourne sans regret dans notre petit coin de paradis, à se dorer au soleil sur la plage et regardant la marée monter, s’endormant sous le ciel étoilé. « Là où tout n’est que beauté, luxe, calme et volupté. »