Un truc marrant, ici, c'est qu'on est dans l'hémisphère sud. Et du coup, il faut apprendre à penser à l'envers. Un peu comme quand on est gaucher et qu'on doit vivre dans un monde de droitiers (Ce que j'endure au quotidien...) Les vacances d'été sont en décembre, les jours rallongent à partir de septembre. Il commence à faire "froid" en juin. On a la tête à l'envers, aussi. Quand on monte vers le Nord, il fait de plus en plus chaud, et il y a parfois de la neige dans le Sud.
Et là, du coup, c'est l'automne. Mais pas celui pluvieux et brumeux de France. Il a même un petit air de printemps. L'air se rafraichit, ca devient supportable de marcher au soleil l'après midi. Ca fait du bien... Les feuilles des arbres ne tombent pas, mais de nouvelles plantes font des fleurs. Après les flamboyants, ce sont des arbres à fleurs jaunes vif, orange, c'est beau.
vendredi 27 mars 2009
samedi 14 mars 2009
Ca fait presque 1 mois qu'on est rentrés, il serait grand temps de faire un petit bilan de ce voyage...
Top 5 : - la meilleure grande ville: Rio, com certeza!! C'est magique.
- le meilleur village: Lençois. Les voyageurs roots cotoient les petites vieilles noires. C'est d'une tranquilité, et d'une beauté, impressionante.
- la meilleure plage: Maragogi. L'eau est chaude, le sable blanc, les palmiers bougent avec le vent, et en plus il n'y a pas 3 Allemands en train de rotir à 3 cm de toi.
-les meilleurs compagnons de voyage: il y en a beaucoup, beaucoup... Mais en particulier, François et Francisco, deux français qui habitent à Salvador et qu'on a vus de Bélem à Manaus, et qui ont une façon incroyable de parler avec les gens, de philosopher sur la vie et d'apprécier la beauté des choses.
- la meilleure fête: à Olinda, avec une dizaine de personnes de la pousada, à suivre les orchestres de samba du carnaval avec une caipirinha à la main...
Bottom 5: - la nourriture!!! La majeure partie des Brésiliens se nourrissent exclusivement de riz, de haricots, et parfois de viande graisseuse. Accompagnez à ça des pates collantes et de la farine de manioc, et vous avez un déjeuner typiquement brésilien, lourd, immangeable mais nourrissant. J'en ai rêvé, des bonnes salades de chèvre chaud, du saumon fumé, des bons fromages et des bons légumes du marché...
- les bus: en fait, ils sont pas mal: confortables, pas trop bruyants, ils arrivent à l'heure et tu as de la place. Mais ils sont beaucoup, beaucoup, beaucoup trop climatisés. C'est les seuls moments où j'ai eu froid pendant tout cet hiver.
(à ce moment là de l'article, je me rends compte qu'il est beaucoup plus difficile de faire un bottom 5 qu'un top 5... J'aurais plutot du faire un Top 20, et un bottom 2...)
- cette espèce de ferveur religieuse qui est omniprésente, Dieu t'accompagne partout où tu vas, et c'est grâce a lui qu'il t'est rien arrivé pendant ce voyage, et il bénit les taxis, les billets de banque et les magasins. Dans les bus, le chauffeur fait un petit discours au début, et il finit par "que Deus nos acompanha". Le bus, en choeur, répond "Amen!" A la longue, c'est lourd, pour ceux qui n'y croient pas.
- les porcs: malheureusement, les Brésiliens n'ont aucune conscience écologique. Lorsqu'ils vont à la plage, ils consomment à tour de bras, et à la fin de la journée laissent tout leurs déchets en plan.
- les fourmis!! C'est la plaie de l'Amazonie, beaucoup plus que les moustiques. Elles sont minuscules, elles te font très très mal quand elles piquent et te laissent des boutons énormes, infectés, qui mettent trois semaines à partir.
Top 5 : - la meilleure grande ville: Rio, com certeza!! C'est magique.
- le meilleur village: Lençois. Les voyageurs roots cotoient les petites vieilles noires. C'est d'une tranquilité, et d'une beauté, impressionante.
- la meilleure plage: Maragogi. L'eau est chaude, le sable blanc, les palmiers bougent avec le vent, et en plus il n'y a pas 3 Allemands en train de rotir à 3 cm de toi.
-les meilleurs compagnons de voyage: il y en a beaucoup, beaucoup... Mais en particulier, François et Francisco, deux français qui habitent à Salvador et qu'on a vus de Bélem à Manaus, et qui ont une façon incroyable de parler avec les gens, de philosopher sur la vie et d'apprécier la beauté des choses.
- la meilleure fête: à Olinda, avec une dizaine de personnes de la pousada, à suivre les orchestres de samba du carnaval avec une caipirinha à la main...
Bottom 5: - la nourriture!!! La majeure partie des Brésiliens se nourrissent exclusivement de riz, de haricots, et parfois de viande graisseuse. Accompagnez à ça des pates collantes et de la farine de manioc, et vous avez un déjeuner typiquement brésilien, lourd, immangeable mais nourrissant. J'en ai rêvé, des bonnes salades de chèvre chaud, du saumon fumé, des bons fromages et des bons légumes du marché...
- les bus: en fait, ils sont pas mal: confortables, pas trop bruyants, ils arrivent à l'heure et tu as de la place. Mais ils sont beaucoup, beaucoup, beaucoup trop climatisés. C'est les seuls moments où j'ai eu froid pendant tout cet hiver.
(à ce moment là de l'article, je me rends compte qu'il est beaucoup plus difficile de faire un bottom 5 qu'un top 5... J'aurais plutot du faire un Top 20, et un bottom 2...)
- cette espèce de ferveur religieuse qui est omniprésente, Dieu t'accompagne partout où tu vas, et c'est grâce a lui qu'il t'est rien arrivé pendant ce voyage, et il bénit les taxis, les billets de banque et les magasins. Dans les bus, le chauffeur fait un petit discours au début, et il finit par "que Deus nos acompanha". Le bus, en choeur, répond "Amen!" A la longue, c'est lourd, pour ceux qui n'y croient pas.
- les porcs: malheureusement, les Brésiliens n'ont aucune conscience écologique. Lorsqu'ils vont à la plage, ils consomment à tour de bras, et à la fin de la journée laissent tout leurs déchets en plan.
- les fourmis!! C'est la plaie de l'Amazonie, beaucoup plus que les moustiques. Elles sont minuscules, elles te font très très mal quand elles piquent et te laissent des boutons énormes, infectés, qui mettent trois semaines à partir.
vendredi 13 mars 2009
Carnavaaaaaaaaal !!!
Pour terminer ce voyage en beauté, il nous fallait bien un petit carnaval.
Nos voisins de Campinas nous en proposaient justement un tout chaud, tout prêt. Ces voisins, c'est des beaufs, tous le bide à bière, des gros buveurs, des fumeurs de joints, des fêtards, des branleurs. Bref, des gens parfaits avec qui fêter le carnaval. Et puis, ils avaient fait les choses en grand: location de maison avec piscine + énorme jardin, bus, chauffeur, bouffe, alcool et autres, tout inclus, pour 40 personnes.
Les Brésiliens sont complètement rodés pour faire des bons carnavals. C'est L'évenement de l'année, on le prépare des mois a l'avance. Tout le monde organise son affaire, les plus riches partent à la plage, les plus pauvres répètent leur samba. Chaque quartier a son carnaval, petit ou grand. La veille, tout le monde te souhaite un "joyeux carnaval" comme on souhaite un joyeux noel. Les routes sont paralysées, et pleines de flics. Et là, quand tout est prêt, le pays s'arrête et fait la fête pendant 4 jours.
Alors nous voilà partis pour Sao Luis do Paraitinga, "pas loin" d'ici (3 heures...), petite ville super jolie perdue dans la campagne paulista. Là, c'est un carnaval de rue, avec les blocos (groupes de musique) qui défilent et tout le monde qui danse à coté.
Donc, en gros, le carnaval, c'est: glandouille le matin (avec bière à la main), fête l'après-midi (avec bière à la main), fête le soir (idem...) On se posait sur la place du village avec notre glacière remplie de bouteilles et on dansait, on chantait (à la longue, on commence à connaitre les paroles...) et on rigolait. Il y a des gens habillés n'importe comment, qui font n'importe quoi, qui embrassent n'importe qui, mais ça reste quand même très bon enfant. Ca ressemble beaucoup aux fêtes de Bayonne en France, moins le rouge et le blanc.
Bon, après, on m'en avait tellement parlé, de ce carnaval, et c'est tellement mythique, que je m'attendais à quelque chose d'encore plus fou. Un peu comme quand on entend trop parler d'un film, et qu'on est déçu en le voyant. Et puis, il y avait la fatigue du voyage qui n'était pas encore complètement passée, donc on a pas pu complètement profiter.
Mais le carnaval au Brésil, ca reste quand même quelque chose à voir!!
Nos voisins de Campinas nous en proposaient justement un tout chaud, tout prêt. Ces voisins, c'est des beaufs, tous le bide à bière, des gros buveurs, des fumeurs de joints, des fêtards, des branleurs. Bref, des gens parfaits avec qui fêter le carnaval. Et puis, ils avaient fait les choses en grand: location de maison avec piscine + énorme jardin, bus, chauffeur, bouffe, alcool et autres, tout inclus, pour 40 personnes.
Les Brésiliens sont complètement rodés pour faire des bons carnavals. C'est L'évenement de l'année, on le prépare des mois a l'avance. Tout le monde organise son affaire, les plus riches partent à la plage, les plus pauvres répètent leur samba. Chaque quartier a son carnaval, petit ou grand. La veille, tout le monde te souhaite un "joyeux carnaval" comme on souhaite un joyeux noel. Les routes sont paralysées, et pleines de flics. Et là, quand tout est prêt, le pays s'arrête et fait la fête pendant 4 jours.
Alors nous voilà partis pour Sao Luis do Paraitinga, "pas loin" d'ici (3 heures...), petite ville super jolie perdue dans la campagne paulista. Là, c'est un carnaval de rue, avec les blocos (groupes de musique) qui défilent et tout le monde qui danse à coté.
Donc, en gros, le carnaval, c'est: glandouille le matin (avec bière à la main), fête l'après-midi (avec bière à la main), fête le soir (idem...) On se posait sur la place du village avec notre glacière remplie de bouteilles et on dansait, on chantait (à la longue, on commence à connaitre les paroles...) et on rigolait. Il y a des gens habillés n'importe comment, qui font n'importe quoi, qui embrassent n'importe qui, mais ça reste quand même très bon enfant. Ca ressemble beaucoup aux fêtes de Bayonne en France, moins le rouge et le blanc.
Bon, après, on m'en avait tellement parlé, de ce carnaval, et c'est tellement mythique, que je m'attendais à quelque chose d'encore plus fou. Un peu comme quand on entend trop parler d'un film, et qu'on est déçu en le voyant. Et puis, il y avait la fatigue du voyage qui n'était pas encore complètement passée, donc on a pas pu complètement profiter.
Mais le carnaval au Brésil, ca reste quand même quelque chose à voir!!
lundi 9 mars 2009
Manaus - fin du voyage...
Encore un bateau pour aller à Manaus. Mais cette fois ci, il est on ne peut plus luxueux que le premier! Imaginez: de la place pour mettre son hamac; des vitres sur les ponts du bateau; moins de monde, plus d'espace pour respirer; et ô bénédiction, parfois un fruit pour le dessert! Mais bon, celui-là est nettement moins funky que le premier, moins de gens pour parler, qui restent sur le pont pour faire la fête. Les paysages sur cette partie du fleuve sont beaucoup moins "sauvages": plus de petits villages, de paturages, de maisons. C'est surement à ça que va ressembler l'Amazonie dans une dizaine d'années. Où sont passées les jungles sauvages et humides où l'on entend hurler les singes? Encore ailleurs surement, mais pas ici en tout cas.
Et lorsqu'on arrive à Manaus, c'est pire. Impossible à imaginer qu'on se trouve au milieu de la jungle. Une ville d'un million et demi d'habitants, ca ne passe pas inaperçu.
Et le pompon, c'est quand même cet opéra. Surement le plus mythique et le plus insensé de tous. Tous les matériaux transportés en bateau depuis l'Europe: les marbres d'Italie, les boiseries françaises, les meubles anglais... Tout ce qu'il y avait de plus "chique" (comme aiment à dire les Brésiliens) à l'époque. Et toutes ces richesses sont restées intactes, jusqu'à aujourd'hui.
C'est complètement fou, de revenir de la jungle, après s'être battus avec les fourmis, d'arriver ici dans ce petit morceau d'Europe, en train d'écouter un orchestre slave mené par un chef français qui joue du Berlioz!
Bref, un petit instant magique, mais il faut retourner affronter la chaleur humide de l'extérieur.
On visite quelques musées miteux présentant les Indiens comme des bêtes de foire, montrant des ustensiles qu'ils n'utilisent plus depuis belle lurette.
Puis on va faire un tour au marché portuaire, tonnes de bananes attendant d'être emmenées, petits vendeurs de poisson, centaines de bateaux qui transportent passagers, boeufs, voitures et autres.
Nous ne passerons qu'un jour à Manaus et c'est mieux comme ça. Alors, on attend notre avion en se posant sur la très européenne place de l'Opéra, avec notre pote Tais (soit dit en passant, la seule brésilienne avec qui je peux prétendre être amie, mais ca, c'est une autre histoire...), à boire des bières et en parlant de tout et de rien en portugais, anglais, portugnol et frantugais. Tant que tout le monde arrive à se comprendre...
Et voilà, on prend l'avion (quel luxe, cet aéroport, il y a même des toilettes où tu peux jeter ton papier dedans!!), direction, Sao Paulo, terminus.
Et lorsqu'on arrive à Manaus, c'est pire. Impossible à imaginer qu'on se trouve au milieu de la jungle. Une ville d'un million et demi d'habitants, ca ne passe pas inaperçu.
Et le pompon, c'est quand même cet opéra. Surement le plus mythique et le plus insensé de tous. Tous les matériaux transportés en bateau depuis l'Europe: les marbres d'Italie, les boiseries françaises, les meubles anglais... Tout ce qu'il y avait de plus "chique" (comme aiment à dire les Brésiliens) à l'époque. Et toutes ces richesses sont restées intactes, jusqu'à aujourd'hui.
C'est complètement fou, de revenir de la jungle, après s'être battus avec les fourmis, d'arriver ici dans ce petit morceau d'Europe, en train d'écouter un orchestre slave mené par un chef français qui joue du Berlioz!
Bref, un petit instant magique, mais il faut retourner affronter la chaleur humide de l'extérieur.
On visite quelques musées miteux présentant les Indiens comme des bêtes de foire, montrant des ustensiles qu'ils n'utilisent plus depuis belle lurette.
Puis on va faire un tour au marché portuaire, tonnes de bananes attendant d'être emmenées, petits vendeurs de poisson, centaines de bateaux qui transportent passagers, boeufs, voitures et autres.
Nous ne passerons qu'un jour à Manaus et c'est mieux comme ça. Alors, on attend notre avion en se posant sur la très européenne place de l'Opéra, avec notre pote Tais (soit dit en passant, la seule brésilienne avec qui je peux prétendre être amie, mais ca, c'est une autre histoire...), à boire des bières et en parlant de tout et de rien en portugais, anglais, portugnol et frantugais. Tant que tout le monde arrive à se comprendre...
Et voilà, on prend l'avion (quel luxe, cet aéroport, il y a même des toilettes où tu peux jeter ton papier dedans!!), direction, Sao Paulo, terminus.
samedi 7 mars 2009
Au bord du fleuve...
Aller en Amazonie, c'était un rêve d'enfant, une sorte de destination rêvée où les gens vivent en harmonie avec la nature, les arbres et les animaux. C'est un peu différent du mythe, certes, mais c'est quand même toujours magique.
Nous partons de Bélem en bateau, d'un de ceux qu'on imagine descendre le Mississippi, bleu et blanc, énorme. A l'intérieur, trois étages, remplis de hamacs et de bagages. Il y en a partout autour de toi, en haut, en bas, sur les cotés... A la fin du voyage, je me suis retrouvé avec une petite fille en haut de moi, deux autres sur les cotés, de tonnes de bagages en dessous, heureusement c'était Romain à ma gauche... Il y avait des gens de toutes sortes (enfin, bien sur, pas les plus riches, qui prennent l'avion...): des familles, des femmes et des hommes seuls, des jeunes hippies qui sortaient du FSM, des Indiens... Certains Indiens étaient venus pour le FSM et c'était la 1ère fois qu'ils sortaient de leur tribu. Un moment, le petit bar du bateau passait Le bossu de Notre-Dame: des indiens de 20, 30 ans étaient devant, morts de rire à chaque blague: merci Disney pour la rencontre des civilisations! Ca devait leur paraitre aussi exotique que nous occidentaux regardant Pocahontas...
Donc, sur le bateau, le temps passe lentement. Tu lis, tu parles avec les gens, tu dors, et tu manges (mal). C'est tout, mais c'est bien. Ca apprend à prendre le temps. Et puis aussi, tu regardes le paysage, et là, tu te régales. Les premiers jours, la rive est assez loin, on ne voit que des arbres au loin. Mais les jours suivants, les rives se rapprochent et l'on voit des maisons de ribeirinhos, les habitants du fleuve. Ils accrochent parfois leur barque au bateau pour vendre des crevettes, des fruits, des chips de bananes... Il y a très souvent des dauphins d'eau douce, les botos, aussi. Et puis il y a la végétation, presque infinie. De grands arbres, des broussailles, parfois sur les petites iles des marécages où paissent des boeufs (déforestation?)... Par moments, un petit village, mais rien de très "civilisé".
Et il y a les couchers de soleil, tellement beaux qu'ils sont irréels, avec des couleurs impossibles, une lumière indescriptible...
Si bien que l'on a presque envie de continuer le voyage indéfiniment. Presque, parce que bon, la nourriture est horrible, on en a marre d'être tassé, on veut prendre une bonne douche et on veut voir de nous même ce paysage qui défile devant nous...
Nous arrivons donc à Santarém, et allons directement à Alter do Chao, petit village à coté beaucoup plus tranquille. Au bord du fleuve, des plages de sable blanc, une petite ile avec des baraques pour manger, du vert tout autour et du bleu pour le ciel. Cool.
On va dans une petite pousada au milieu des arbres, à 30 secondes d'une petite plage tranquille. Elle est blindée de gens de tous les pays, ça parle anglais (bizarre ici...), on dort tous en hamac dans un gros dortoir au toit de palmes.
On se repose le premier jour, et le lendemain nous louons une barque pour la journée pour aller se promener sur le fleuve. On arrive sur une ile avec pour seule habitation une cabane flottante en bois, où l'on se protège de l'averse. On continue jusqu'à l'Ilha do Amor boire une petite bière. Puis on va voir nos potes du bateau qui squattent sur l'ile, un allemand, une espagnole, un français et un argentin, qui font de la capoeira, qui jonglent et qui se baignent toute la journée. On reste avec eux jusqu'à la nuit tombée, et on rentre sur le "continent".
Nous restons là bas quelques jours à trainer, sur la plage et dans notre hamac, la belle vie.
Puis nous partons avec Fred, un vieux Français recontré à Alter do Chao, dans une communauté sur le fleuve Tapajos, dans une réserve nationale: c'est la communauté Jamaracua, composée de 20 maisons en bois en tout et pour tout. Les poules, les boeufs, les enfants gambadent entre les seringais (hévéas) de la cour de la maison. Il y a une cabane avec un trou en guise de toilettes, un tuyau dehors pour la douche, pas de frigo et l'eau sort du puits.
Post-forum oblige, beaucoup d'étrangers se retrouvent dans cette famille, nous retrouvons là 28 personnes de toutes nationalités.
On arrive là en bateau, on s'arrête a une centaine de mètres de la maison dans la mangrove, on continue les pieds dans l'eau et il ne vaut mieux pas se demander ce qu'il y a dedans.
A coté de la maison, il y a une petite plage où nous passons le reste de la journée les pieds dans l'eau, regardant les hommes pêcher (mais se faire manger les poissons par les dauphins!), avec là aussi un coucher de soleil fou. On passe une soirée excellente avec tous les jeunes et les gens de la maison, à base de samba et de rires. On est, vraiment, bien ici.
Les deux jours d'après, on va se balader dans la forêt. Les guides connaissent vraiment bien la forêt, ils nous expliquent les vertus des arbres (de quoi guérir toutes les maladies de la terre...), on voit un paresseux mal en point et autres animaux, on mange des noix d'Amazonie et des mangues... Certains arbres sont énormes, l'un d'entre eux a 1500 ans: la vôvô (la grand-mère). La forêt n'est pas très sauvage, mais c'est impressionant. On est en Amazonie, tout de même!
Le soir également, on part à la "chasse au jacaré": le père nous emmène sur sa barque, il passe un peu de temps dans l'eau et revient avec un petit crocodile, un jacaré, qu'on prend en photo et qu'il relache. En fait, la balade vaut plus le coup pour le ciel plein d'étoiles et pour les blagues d'Irasildo, le père...
Les derniers jours, le plus gros des étrangers part, et l'on se retrouve un peu plus tranquille. La famille peut souffler un peu. Il faut parler un peu de cette famille étonnante: la mère, Dona Socorro, est une mère ourse pour ses enfants et les gens de passage. Elle passe son temps à cuisiner ou à ranger. Le père, Irasildo, est un jaguar de la forêt. Il doit avoir une quarantaine d'années, mais il est encore musclé et repère des animaux à des centaines de mètres. Il rit de tout comme un enfant et il est génial. Il pêche les poissons pour toute la famille dans sa petite barque. Les deux sont beaux, sains, calmes. Autour d'eux, il y a les enfants, toute la famille et les parasites qui gravitent autour. Les petites filles sont belles, elles ont les cheveux noirs et la peau cuivrée des Indiens, et une fierté dans la manière de se tenir que l'on retrouve chez peu de gens.
Mais on parle un peu avec Dona Socorro, et la vie n'est pas aussi idyllique qu'elle en a l'air: il n'y a pas grand chose àfaire le soir en Amazonie, et il y a peu Irasildo buvait, et devenait parfois violent. Ils n'accueillaient pas d'étrangers à l'époque. Lui a failli la quitter, ce qui signifie la perte de beaucoup de choses pour une femme là-bas et l'obligation de se remarier avec quelqu'un. On peut alors imaginer la vie des gens de la forêt sans cet apport touristique; l'argent doit être rare et la vie assez dure.
Il y a donc beaucoup de choses à tirer de ce séjour dans la communauté, et il faut y avoir été pour en avoir tous les enseignements, à la fois une tranquilité impressionante mais aussi des difficultés pour survivre...
Nous partons de Bélem en bateau, d'un de ceux qu'on imagine descendre le Mississippi, bleu et blanc, énorme. A l'intérieur, trois étages, remplis de hamacs et de bagages. Il y en a partout autour de toi, en haut, en bas, sur les cotés... A la fin du voyage, je me suis retrouvé avec une petite fille en haut de moi, deux autres sur les cotés, de tonnes de bagages en dessous, heureusement c'était Romain à ma gauche... Il y avait des gens de toutes sortes (enfin, bien sur, pas les plus riches, qui prennent l'avion...): des familles, des femmes et des hommes seuls, des jeunes hippies qui sortaient du FSM, des Indiens... Certains Indiens étaient venus pour le FSM et c'était la 1ère fois qu'ils sortaient de leur tribu. Un moment, le petit bar du bateau passait Le bossu de Notre-Dame: des indiens de 20, 30 ans étaient devant, morts de rire à chaque blague: merci Disney pour la rencontre des civilisations! Ca devait leur paraitre aussi exotique que nous occidentaux regardant Pocahontas...
Donc, sur le bateau, le temps passe lentement. Tu lis, tu parles avec les gens, tu dors, et tu manges (mal). C'est tout, mais c'est bien. Ca apprend à prendre le temps. Et puis aussi, tu regardes le paysage, et là, tu te régales. Les premiers jours, la rive est assez loin, on ne voit que des arbres au loin. Mais les jours suivants, les rives se rapprochent et l'on voit des maisons de ribeirinhos, les habitants du fleuve. Ils accrochent parfois leur barque au bateau pour vendre des crevettes, des fruits, des chips de bananes... Il y a très souvent des dauphins d'eau douce, les botos, aussi. Et puis il y a la végétation, presque infinie. De grands arbres, des broussailles, parfois sur les petites iles des marécages où paissent des boeufs (déforestation?)... Par moments, un petit village, mais rien de très "civilisé".
Et il y a les couchers de soleil, tellement beaux qu'ils sont irréels, avec des couleurs impossibles, une lumière indescriptible...
Si bien que l'on a presque envie de continuer le voyage indéfiniment. Presque, parce que bon, la nourriture est horrible, on en a marre d'être tassé, on veut prendre une bonne douche et on veut voir de nous même ce paysage qui défile devant nous...
Nous arrivons donc à Santarém, et allons directement à Alter do Chao, petit village à coté beaucoup plus tranquille. Au bord du fleuve, des plages de sable blanc, une petite ile avec des baraques pour manger, du vert tout autour et du bleu pour le ciel. Cool.
On va dans une petite pousada au milieu des arbres, à 30 secondes d'une petite plage tranquille. Elle est blindée de gens de tous les pays, ça parle anglais (bizarre ici...), on dort tous en hamac dans un gros dortoir au toit de palmes.
On se repose le premier jour, et le lendemain nous louons une barque pour la journée pour aller se promener sur le fleuve. On arrive sur une ile avec pour seule habitation une cabane flottante en bois, où l'on se protège de l'averse. On continue jusqu'à l'Ilha do Amor boire une petite bière. Puis on va voir nos potes du bateau qui squattent sur l'ile, un allemand, une espagnole, un français et un argentin, qui font de la capoeira, qui jonglent et qui se baignent toute la journée. On reste avec eux jusqu'à la nuit tombée, et on rentre sur le "continent".
Nous restons là bas quelques jours à trainer, sur la plage et dans notre hamac, la belle vie.
Puis nous partons avec Fred, un vieux Français recontré à Alter do Chao, dans une communauté sur le fleuve Tapajos, dans une réserve nationale: c'est la communauté Jamaracua, composée de 20 maisons en bois en tout et pour tout. Les poules, les boeufs, les enfants gambadent entre les seringais (hévéas) de la cour de la maison. Il y a une cabane avec un trou en guise de toilettes, un tuyau dehors pour la douche, pas de frigo et l'eau sort du puits.
Post-forum oblige, beaucoup d'étrangers se retrouvent dans cette famille, nous retrouvons là 28 personnes de toutes nationalités.
On arrive là en bateau, on s'arrête a une centaine de mètres de la maison dans la mangrove, on continue les pieds dans l'eau et il ne vaut mieux pas se demander ce qu'il y a dedans.
A coté de la maison, il y a une petite plage où nous passons le reste de la journée les pieds dans l'eau, regardant les hommes pêcher (mais se faire manger les poissons par les dauphins!), avec là aussi un coucher de soleil fou. On passe une soirée excellente avec tous les jeunes et les gens de la maison, à base de samba et de rires. On est, vraiment, bien ici.
Les deux jours d'après, on va se balader dans la forêt. Les guides connaissent vraiment bien la forêt, ils nous expliquent les vertus des arbres (de quoi guérir toutes les maladies de la terre...), on voit un paresseux mal en point et autres animaux, on mange des noix d'Amazonie et des mangues... Certains arbres sont énormes, l'un d'entre eux a 1500 ans: la vôvô (la grand-mère). La forêt n'est pas très sauvage, mais c'est impressionant. On est en Amazonie, tout de même!
Le soir également, on part à la "chasse au jacaré": le père nous emmène sur sa barque, il passe un peu de temps dans l'eau et revient avec un petit crocodile, un jacaré, qu'on prend en photo et qu'il relache. En fait, la balade vaut plus le coup pour le ciel plein d'étoiles et pour les blagues d'Irasildo, le père...
Les derniers jours, le plus gros des étrangers part, et l'on se retrouve un peu plus tranquille. La famille peut souffler un peu. Il faut parler un peu de cette famille étonnante: la mère, Dona Socorro, est une mère ourse pour ses enfants et les gens de passage. Elle passe son temps à cuisiner ou à ranger. Le père, Irasildo, est un jaguar de la forêt. Il doit avoir une quarantaine d'années, mais il est encore musclé et repère des animaux à des centaines de mètres. Il rit de tout comme un enfant et il est génial. Il pêche les poissons pour toute la famille dans sa petite barque. Les deux sont beaux, sains, calmes. Autour d'eux, il y a les enfants, toute la famille et les parasites qui gravitent autour. Les petites filles sont belles, elles ont les cheveux noirs et la peau cuivrée des Indiens, et une fierté dans la manière de se tenir que l'on retrouve chez peu de gens.
Mais on parle un peu avec Dona Socorro, et la vie n'est pas aussi idyllique qu'elle en a l'air: il n'y a pas grand chose àfaire le soir en Amazonie, et il y a peu Irasildo buvait, et devenait parfois violent. Ils n'accueillaient pas d'étrangers à l'époque. Lui a failli la quitter, ce qui signifie la perte de beaucoup de choses pour une femme là-bas et l'obligation de se remarier avec quelqu'un. On peut alors imaginer la vie des gens de la forêt sans cet apport touristique; l'argent doit être rare et la vie assez dure.
Il y a donc beaucoup de choses à tirer de ce séjour dans la communauté, et il faut y avoir été pour en avoir tous les enseignements, à la fois une tranquilité impressionante mais aussi des difficultés pour survivre...
mercredi 4 mars 2009
Belém et le FSM 2009
C'était un des clous de notre voyage, un rendez-vous obligé, le Forum Social Mondial.
A l'arrivée à Bélem, du monde partout, plein de jeunes, du bordel comme peut l'être un forum SOCIAL et MONDIAL, une chaleur de bête...
On installe la tente au campement de la jeunesse dans la fac, et on se lance dans cette vaste entreprise qui est de savoir ce qui se passe dans ce forum.
Il s'avère qu'il y a une grosse manif d'ouverture organisée, et là c'est la folie: la manif ne s'arrête pas sur des kilomètres. Une file de gens discontinue. Des jeunes, des vieux, des brésiliens (beaucoup), des hippies, des Indiens, des beaux adhérents de Greenpeace, des Massais, des journalistes, des gens déguisés, des bonnes soeurs, des syndicalistes, et la liste est longue...
Il y a de la musique, des chants, des baterias, le claquement des lances des Indiens... Impressionant. Personne ne revendique beaucoup de choses, mais les gens sont là, et ça suffit.
La pluie tombe au milieu de la manif, une pluie tropicale comme il y en a tous les jours à Bélem, mais les gens continuent, tout le monde est trempé mais content, ça rafraichit l'atmosphère.
Puis le Forum en lui-même, certes, c'est beaucoup de bordel, tu trouves jamais ce que tu veux, c'est beaucoup de bruit pour rien, plein de jeunes qui sont là juste pour faire la fête...
Mais c'est aussi des conférences intéressantes (notamment celle de Marina Silva et Leonardo Boff, deux personnages super intéressants de la scène écologique brésilienne), des moments droles (la Marcha da Maconha, marche de la weed, qui a rassemblé tous les hippies du coin :)), beaucoup d'espoir en un monde meilleur, et surtout des superbes rencontres. Les 2 portugais de Sao Luis qu'on a retrouvés, la crème des étudiants de l'UNICAMP qui était monté en bus, un bucheron du Ceara, Pedro de Sao Paulo, un serpent sur la tente, les Bélemois fumeurs de joints et super sympas, les hippies qui faisaient des pizzas, un photographe voyageur, etc, etc.
Et puis, ce forum nous a permis de visiter Belem, une ville tranquille avec de grandes avenues bordées d'énormes manguiers (un peu de jungle dans la ville...), un énorme marché avec tous les produits de l'Amazonie, de vieilles maisons de l'époque du caoutchouc, et le fleuve immense qui ouvre la ville vers le large.
Le fleuve qu'on va prendre pour remonter dans les profondeurs de l'Amazonie...
A l'arrivée à Bélem, du monde partout, plein de jeunes, du bordel comme peut l'être un forum SOCIAL et MONDIAL, une chaleur de bête...
On installe la tente au campement de la jeunesse dans la fac, et on se lance dans cette vaste entreprise qui est de savoir ce qui se passe dans ce forum.
Il s'avère qu'il y a une grosse manif d'ouverture organisée, et là c'est la folie: la manif ne s'arrête pas sur des kilomètres. Une file de gens discontinue. Des jeunes, des vieux, des brésiliens (beaucoup), des hippies, des Indiens, des beaux adhérents de Greenpeace, des Massais, des journalistes, des gens déguisés, des bonnes soeurs, des syndicalistes, et la liste est longue...
Il y a de la musique, des chants, des baterias, le claquement des lances des Indiens... Impressionant. Personne ne revendique beaucoup de choses, mais les gens sont là, et ça suffit.
La pluie tombe au milieu de la manif, une pluie tropicale comme il y en a tous les jours à Bélem, mais les gens continuent, tout le monde est trempé mais content, ça rafraichit l'atmosphère.
Puis le Forum en lui-même, certes, c'est beaucoup de bordel, tu trouves jamais ce que tu veux, c'est beaucoup de bruit pour rien, plein de jeunes qui sont là juste pour faire la fête...
Mais c'est aussi des conférences intéressantes (notamment celle de Marina Silva et Leonardo Boff, deux personnages super intéressants de la scène écologique brésilienne), des moments droles (la Marcha da Maconha, marche de la weed, qui a rassemblé tous les hippies du coin :)), beaucoup d'espoir en un monde meilleur, et surtout des superbes rencontres. Les 2 portugais de Sao Luis qu'on a retrouvés, la crème des étudiants de l'UNICAMP qui était monté en bus, un bucheron du Ceara, Pedro de Sao Paulo, un serpent sur la tente, les Bélemois fumeurs de joints et super sympas, les hippies qui faisaient des pizzas, un photographe voyageur, etc, etc.
Et puis, ce forum nous a permis de visiter Belem, une ville tranquille avec de grandes avenues bordées d'énormes manguiers (un peu de jungle dans la ville...), un énorme marché avec tous les produits de l'Amazonie, de vieilles maisons de l'époque du caoutchouc, et le fleuve immense qui ouvre la ville vers le large.
Le fleuve qu'on va prendre pour remonter dans les profondeurs de l'Amazonie...
dimanche 1 mars 2009
Etape 8: Ilha de Algodoal
Après Sao Luis, nous avions encore quelques jours avant le Forum Social Mondial; nous sommes donc allés sur la petite île d'Algodoal, et ce fut, ma foi, un fort bon choix.
Elle n'est pas très connue des touristes, seuls les Bélemois la prennent d'assaut pendant les jours fériés. Le reste du temps, elle est déserte et retrouve son calme et sa langueur tropicale.
Nous prenons le petit bateau qui va du continent à l'île (au passage, quelques dauphins nous saluent...) et sur la plage, des carrioles à cheval attendent les passagers. Pas de voiture sur l'île, l'électricité est arrivée il y a peu, un vrai bonheur. Des rues en terre, des chiens errants, des enfants qui jouent au futebol.
Nous rencontrons sur la plage Raoni, un jeune qui aide sa tante à la pousada pendant les vacances. Lui vient d'une communauté dans le centre de l'Etat du Para, et il préfère travailler ici, face à la plage, que de se bourrer la gueule et fumer des joints toute la journée avec ses amis dans son village. Où, apparemment, il n'y a pas grand chose à faire. C'est vrai qu'ici, en-dehors des endroits touristiques, la vie doit être vraiment dure et les seules "distractions" sont les drogues occidentales qui les pourrissent.
Enfin, nous parlons pas mal avec lui, et il nous propose de faire le tour de l'île avec lui le lendemain, grosse balade de 16km.
On commence par le port, où un petit vieux nous emmène sur sa barque pour traverser la mangrove. L'eau est calme, les arbres commencent à nous entourer et à former un tunnel au-dessus de l'eau, on aperçoit un ibis rouge et l'on sent que ça grouille de vie, dans l'eau et dans les arbres.
Nous arrivons sur une terre sableuse, à la végétation assez "méditerranéenne", où l'on commence notre balade. On ne rencontre personne sur tout le chemin, à part quelques cahutes et la seule moto de l'île (qui sert à réparer l'électricité). Après plusieurs heures de marche, on arrive dans un village au bout de l'île, d'une tranquilité étonnante. On arrive avec Raoni, on va voir ses potes qui tendent à Romain un énorme buzz en lui disant "roule le, francês!" Après un des amis monte sur un cocotier et nous tend des noix de coco fraichement cueillies. On boit leur jus en regardant la mer, la mangrove et le mouvement des cocotiers. On s'arrête dans un petit restaurant où le patron nous offre le café et un plat de crevettes fraichement pêchées du matin. Délice...
On reprend tranquillement notre route, et l'on attaque la partie "plage". C'est-à-dire, une étendue de sable blanc de centaines de mètres de large, avec la mer au loin à marée basse. Là encore on ne croise qu'au plus 5 personnes; du sable blanc à perte de vue, on a l'impression d'etre dans le désert alors qu'on est aux portes de l'Amazonie. La dernière partie est vraiment magnifique, avec de vraies dunes et quelques buissons éparpillés, et l'on arrive à la Praia da Princesa, quelques cahutes-restaurants sur la plage. On mange un petit repas à base de crevettes, poisson et riz, on boit des bières, on se baigne, on se repose... Puis retour à notre petit village en prenant une barque au coucher du soleil. Les couleurs sont magnifiques.
Nous reprenons le bateau le lendemain tôt, une nouvelle fois en compagnie des dauphins.
Direction, Bélem.
Elle n'est pas très connue des touristes, seuls les Bélemois la prennent d'assaut pendant les jours fériés. Le reste du temps, elle est déserte et retrouve son calme et sa langueur tropicale.
Nous prenons le petit bateau qui va du continent à l'île (au passage, quelques dauphins nous saluent...) et sur la plage, des carrioles à cheval attendent les passagers. Pas de voiture sur l'île, l'électricité est arrivée il y a peu, un vrai bonheur. Des rues en terre, des chiens errants, des enfants qui jouent au futebol.
Nous rencontrons sur la plage Raoni, un jeune qui aide sa tante à la pousada pendant les vacances. Lui vient d'une communauté dans le centre de l'Etat du Para, et il préfère travailler ici, face à la plage, que de se bourrer la gueule et fumer des joints toute la journée avec ses amis dans son village. Où, apparemment, il n'y a pas grand chose à faire. C'est vrai qu'ici, en-dehors des endroits touristiques, la vie doit être vraiment dure et les seules "distractions" sont les drogues occidentales qui les pourrissent.
Enfin, nous parlons pas mal avec lui, et il nous propose de faire le tour de l'île avec lui le lendemain, grosse balade de 16km.
On commence par le port, où un petit vieux nous emmène sur sa barque pour traverser la mangrove. L'eau est calme, les arbres commencent à nous entourer et à former un tunnel au-dessus de l'eau, on aperçoit un ibis rouge et l'on sent que ça grouille de vie, dans l'eau et dans les arbres.
Nous arrivons sur une terre sableuse, à la végétation assez "méditerranéenne", où l'on commence notre balade. On ne rencontre personne sur tout le chemin, à part quelques cahutes et la seule moto de l'île (qui sert à réparer l'électricité). Après plusieurs heures de marche, on arrive dans un village au bout de l'île, d'une tranquilité étonnante. On arrive avec Raoni, on va voir ses potes qui tendent à Romain un énorme buzz en lui disant "roule le, francês!" Après un des amis monte sur un cocotier et nous tend des noix de coco fraichement cueillies. On boit leur jus en regardant la mer, la mangrove et le mouvement des cocotiers. On s'arrête dans un petit restaurant où le patron nous offre le café et un plat de crevettes fraichement pêchées du matin. Délice...
On reprend tranquillement notre route, et l'on attaque la partie "plage". C'est-à-dire, une étendue de sable blanc de centaines de mètres de large, avec la mer au loin à marée basse. Là encore on ne croise qu'au plus 5 personnes; du sable blanc à perte de vue, on a l'impression d'etre dans le désert alors qu'on est aux portes de l'Amazonie. La dernière partie est vraiment magnifique, avec de vraies dunes et quelques buissons éparpillés, et l'on arrive à la Praia da Princesa, quelques cahutes-restaurants sur la plage. On mange un petit repas à base de crevettes, poisson et riz, on boit des bières, on se baigne, on se repose... Puis retour à notre petit village en prenant une barque au coucher du soleil. Les couleurs sont magnifiques.
Nous reprenons le bateau le lendemain tôt, une nouvelle fois en compagnie des dauphins.
Direction, Bélem.
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