mardi 30 septembre 2014

Adeus, povo bom

Alors voilà,  j aimerais faire une spéciale dédicace pour ce dernier article: à Mathieu, hôte qui ne lira probablement jamais ce blog mais a qui je dois des heures délicieuses avec la lecture des oeuvres complètes de Nicolas Bouvier, pavé qu il m a laissé pour alléger son sac. Qu il soit béni, j ai tellement apprécié ce lire les récits de cet écrivain - voyageur qui a le sens du mot... parfois je levais la tête du bouquin et je me disais ha, c est trop beau, j aimerais savoir écrire comme lui..,
Enfin bref, je voulais parler non pas de mon sujet de prédilection, les brésiliens,  pour mon dernier article, mais plutôt des voyageurs.
J en ai vu passer un paquet et c est plutôt classe. Je ne parle pas des touristes mais réellement des voyageurs, ceux qui ne "font" pas un pays mais qui le vivent. Et qui ont chopé le virus et qui ne savent pas quand ils vont rentrer ni où ils vont poser leurs valises. Et qui savent plus ou moins d ou ils viennent mais finalement ca n a pas plus d importance, ce qui est important c est ou ils sont, et ce qu ils vivent. Ceux la sont beaux et, s ils ne sont pas trop blasés,  sont des gens super. Je les admire pas mal, enfin oui et non: j aurais aimé faire le tour du monde et découvrir plein de choses, et plein de gens, et faire comme dans la pub du loto, faire tourner la mappemonde pour connaitre notre prichaine destination. Mais le Brésil, enfin la Bahia, m a pris entre ses griffes et jusqu'à présent, si j ai l occasion de partir quelque part, c est ici. Disons que j ai trouvé ma 2eme patrie. J avais fait ce 2eme voyage comme une sorte de vaccin en me disant c est bon, tu auras ta dose et tu ne voudras plus y retourner, tu parles, ca ne marche pas aussi facilement que ca, cocotte. Enfin, pour l instant tu vas gentiment retourner en France.
Et puis aussi une spéciale dédicace à nous, bande de jeunes: c est pas pour rien qu on dit auberge de jeunesse: on voit passer en effet la jeunesse du monde entier et moi je vous dis qu elle est belle. Elle est belle parce qu elle est comme le Brésil,  métissée. J ai vu des anglais philippins, des new yorkais indiens, des français turcs, des israéliens japonais, des allemands portugais. Et sans parler de tous les afro - américains, des africains tout court, des antillais, des blacks européens qui sont ici, a Salvador, retrouver leurs "cousins" issus de la même terre et qui leur ressemblent, et un peu de leur histoire commune. Ici, ils ne sont pas noirs, ou chinetoques, ou pakis, ils sont en dehors de leur pays et ils le représentent dans toute sa diversité, et se disent donc avant tout originaires du pays où ils ont grandi. Et tout le monde est bien dans sa peau, et on est bien loin de l odeur nauséabonde des marécages bleu Marine français...  Et oui, n en déplaise à certains, c est dans cette jeunesse là que se trouve l avenir et les solutions pour demain. Ils sont dynamiques, ces bandes de jeunes, et leur histoire, leurs métissages,  leur ouverture sur le monde grace a leurs voyages, va leur faire ouvrir les yeux et on ne pourra plus revenir en arrière.  Je suis peut être optimiste et il le faut, mais c est grâce a cette jeunesse que les conflits mondiaux seront peut être du passé.
En tout cas, quoi  qu il en soit, même si ça ne va pas régler tous les problèmes, voyagez, mélangez vous, n ayez pas peur de l autre, bande de jeunes, vous n en serez que plus riches!

Listes 2

5 choses qui m énervent chez les brésiliens:
- la manie qu ils ont de vouloir parler espagnol aux gringos alors qu ils ne savent pas le parler. Les gars, ce n est pas en disant "la" au lieu de "a" qu on parle espagnol! L autre jour, une dame me demande de prendre une photo d elle avec son appareil. Elle me parle pendant 5 minutes en portugais puis elle a du remarquer ma tête de gringa et continue donc en mauvais portugnol "de donde vem"? Merci pour l effort, madame, mais je préférais quand tu parlais portugais..
- Justement, cette manie de se prendre en photo partout, tout le temps, en mode selfie, a 2, en groupe..
- dans les magasins style un peu bio, naturel, graines germées etc, tu vas toujours trouver des produits qui n ont rien a voir avec le délire: style, des gaufrettes industrielles ou des bonbons a la menthe. Mais le pire, c est qu ils vendent tous des compléments alimentaires style "ultra protéine" pour avoir plus de muscles alors que c est complètement anti naturel, mauvais pour la santé et inutile si tu as un régime équilibré et que tu fais du sport. S il vous plaît,  les gens sont déjà assez incultes en matière nutritionnelle, si vous leur vendez de l ultra protéine en faisant passer ca pour un produit bio, on va pas s en sortir...
- quand mr le metteur-de-courses-dans-les-sacs-plastiques au magasin te met qu un article dans un sac qui pourrait en contenir 10 et qui ne comprend pas quand tu lui dis gentiment qu il peut n utiliser qu un sac;
- quand tu es une fille, et que tu es avec un mec, les gens dans la rue vont s adresser systématiquement au mec. Parfois ca a ses bons côtés parce que ça permet d esquiver les mendiants, parfois tu as envie de crier: youhou! Ce n est pas parce que je suis une fille que je n ai aucune conversation et ce n est pas parce que tu vas me parler que mon mec va te casser la gueule! Mais c est généralement comme ca: le côté social grande gueule est réservé aux mecs, pour les filles c est plutôt sois belle et tais toi..

5 choses qui montrent que je suis du quartier (ou presque):
- même quand je ne suis pas habillée en capoeiriste, le voisin me crie "eeeehh capoeiiiiraaa" de sa fenêtre quand je passe (mais croit toujours que je suis hollandaise);
- après être allée un paquet de fois a sa roda, mestre boca rica ne me dit plus en me voyant "ah et tu viens d ou? De France?  Il y a beaucoup de français ici!" Du coup, je pense qu il me reconnait :)
- sur le chemin de l hostel a la capoeira, je dis bonjour a une dizaine de personnes que je connais. Et non, Romain, tous ne veulent pas me choper;
- je connais le prix exact de la boite de pois chiches chez l épicier et celui ci me fait la conversation quand je passe a la caisse. Et je sais où trouver l agua de coco la moins chère de tout le pelourinho;
- les petits vendeurs de souvenirs qui harcèlent les touristes me laissent tranquille quand je passe a côté d eux. Et ca c est vraiment appreciable..

Post scriptum:
Une chose de plus qui va me faire de la saudade:
- le partage systématique de la nourriture entre les personnes présentes. déjà les plats sont généralement pour 2 (pour une analyse socio gastronomique plus approfondie,  lire le blog de Laurène,  toutmanger.wordpress.fr ) , mais en plus une personne ne va jamais manger (ou boire) quelque chose devant toi sans t en proposer. Une caipirinha se fait souvent dans un grand verre que tout le monde partage. L autre jour, j étais au troquet (encore! Diront certains) et une fille vraisemblablement pauvre (peut etre prostituée) achète un paquet de mms. Elle en a proposé a tous les gens du bar alors qu elle ne les connaissait visiblement pas. prenons exemple, les gars.

lundi 11 août 2014

Listes 1

J aime assez les listes, les tops et les flops, qui me permettent de structurer (un peu) ma pensée. J en ai faites quelques unes ici mais ca fait un bail alors en voici plusieurs (non exhaustives):

- avant j aimais pas, maintenant j aime
La capoeira angola. Ben oui, la première fois que j ai vu une roda, ca faisait un mois que j étais arrivée au Bresil, ca a duré 3h et je captais un beignet en portugais. Du coup je me suis ennuyée même si je pressentais la force du truc. Et puis plus tard j ai compris;
L acarajé. J ai du deja en parler ici, ce sont ces espèces de petits beignets de haricots frits a l huile de palme avec des crevettes séchées et des gombos, sortes de haricots verts gluants. Pas très sexy hein? C est en fait très bon, a itaparica j en mangeais quasi tous les jours. Depuis je me suis un peu calmée mais ca cale très bien une fringale nocturne.
Les gâteaux brésiliens.  Pareil, j ai du déjà l evoquer, je radote un peu.. les brésiliens sont fan de sucre et leurs gâteaux sont donc des montagnes de génoise,  lait concentré,  glaçage au chocolat et petits vermicelles. Cependant j ai eu aussi une période de manque de sucre au kilombo et depuis j en suis fan. Surtout qu ils utilisent plein d ingrédients inédits style farine de mais, de manioc, tapioca etc. qui sont une découverte permanente pour mes papilles européennes. Mon top reste quand même le gateau de carotte avec glaçage au chocolat, le gateau de mais au fenouil (oui c est bizarre mais c est très bon) et le prestige, sorte de kinder delice noix de coco géant. 
Le forro. C est vrai aussi qu un mec qui chante avec une voix nasillarde, accompagné d un accordéon et d un triangle,  des chansons qui sont toujours les mêmes et qu accompagnent des couples qui dansent collés,  ca fait plus bal musette ringard que samba do brasil. Mais justement, ces chansons qui sont toujours les mêmes et qui restent dans la tête et ces danses plus sophistiquées qu il n y parait font que j ai pris goût a cette musique. Heureusement, parce qu au mois de juin ici il n y avait que ca!

- je n ai jamais pu m y habituer
Les brésiliennes. Vous le savez, je n ai jamais réussi à avoir une seule amie brésilienne et le problème se perpétue encore aujourd'hui. Je ne vais pas faire de généralités mais elles sont souvent jalouses comme des poux,  plus machistes que les hommes, souvent de mauvais humeur et assez superficielles. je vais m arrêter la, j en aurais des tartines a dire...
La musique "coracao-saudade". Il s agit d une fille ou d un mec qui chante des chansons degoulinantes de mièvrerie où les mots que l on retrouve le plus souvent sont donc coeur, amour, saudade, passion.. les gars, vous avez la meilleure musique du monde, pourquoi vous (et nous) infliger ca?
N importe quel objet, mais surtout les torchons, avec des inscriptions religieuses écrites dessus, style "avec Dieu je suis plus fort". Qui a l idée d inscrire ca sur des torchons? Quel est l objectif des ces obscures personnes,  que la boniche qui essuie les verres fortifie sa foi en lisant ca toute la journée?
Le maté. C est cette espèce de thé vert amer que les gens du Sud boivent toute la journée,  en trainant partout leur thermos, leur tasse en cuir et leur paille. C est très sain, diurétique et tout, ça aurait du me plaire en tant que fan de thé,  mais je n ai pas réussi vraiment à aimer...

- choses que vous ne saviez (peut etre) pas sur le bresil
Le saviez vous?
Les enfants vont a l école soit entre 7h et 13h, soit entre 13h et 18h. Ce qui explique un peu le nombre de gosses dans les rues.
Le Brésil a un système de recyclage optimal... pour les canettes de bière.  A chaque événement son lot de ramasse canettes (femmes vieilles, enfants. .) à qui l on tend sa canette (si on a un minimum de sens humain) ou que l on balance dans le caniveau.
Salvador est la plus grande ville noire en dehors d Afrique et Sao Paulo est la plus grande ville japonaise en dehors du Japon. Ceci explique peut être que je préfère Salvador a Sao Paulo, hahaha.
La majeure partie des fringues et chaussures sont fabriquées au Brésil, et en petite quantité je pense vu le nombre de petites boutiques avec des modèles différents.  Le made in China n a pas -encore?- eu raison du nationalisme brésilien et c est une bonne chose.
Les gauchos, habitants du Rio grande do sul, portent des espadrilles.  J en ai de très belles aux couleurs de l Etat, jaune rouge vert. Oui oui, c est une chose importante a savoir.

- les choses dont je vais avoir la saudade
Ben oui, parce que je rentre fin août. Voilà. 
Se balader en havaianas toute l année. Mes pieds sauvages (mais très bien vernis) ont du mal a rentrer dans des chaussures fermées que je ne mets basiquement que pour la capoeira. 
La conception relative que les bahianais ont du travail. Ce n est pas le centre de la vie, ca permet de gagner son pain et puis c est tout. Si on ne fait pas grand chose, et qu on ne gagne pas grand chose non plus, c est pas bien grave. Et il y a d autres choses bien plus importantes dans la vie, comme réfléchir à avec qui on va prendre une bière, où on va aller voir le match, de quelle couleur on va peindre ses ongles...
La musique tout le temps, l agitation, la vie.
Plein de choses en fait mais ce serait trop long a écrire ici...

- les choses que je vais retrouver avec plaisir
Le soleil qui se couche tard, style on peut trainer au crépuscule apres 19h. Ici généralement,  et principalement en hiver dans la bahia, il fait noir avant 18h. Du coup, les soirées sont longues (surtout quand on est dans une ferme sans électricité dans le trou de l Espirito santo où j avais eu la mégarde de m y aventurer)
Sortir le dimanche matin (au marché de wazemmes ou ailleurs) l oeil endormi, acheter une baguette, des croissants, une revue et des provisions pour le midi et faire a manger en ecoutant On va déguster sur France inter;
Par extension, la bouffe française bien sur :)
Et bien sûr encore plus, Romain,  la famille, les amis, qui sont la principale raison pour laquelle je rentre alors que j aimerais rester (au moins) quelques mois de plus...

mercredi 23 juillet 2014

Quelques nouvelles

Ceci n est pas un post de blog, ce serait plutôt un mail de nouvelles aux amis et a la famille, mais la flemme de faire le tri et de retrouver les adresses mail de chacun, ce sera donc un mail public.
Aux inconnus qui se retrouvent sur ce blog car ils ont tapé "les grosses fesses des brésiliennes" sur Google, salut, ce que vous cherchez n est pas ici (sans deconner, mon article d il y a 5 ans sur le culte des fesses fait l objet du plus grand nombre de visites, ce qui montre le nombre d obsédés sur la toile)
La vie a Bahia reprend donc son cours tranquille.
Nous avons profité du vide post match a Salvador pour passer quelques jours a Boipeba. Nous y avons vu les matchs où plus personne ne croyait dans le Brésil pour la petite finale et ou le bar se divisait entre pro allemands (je ne soutiendrai jamais les argentins et de toute façon c est les allemands les plus forts) et pro argentins (c est les hermanos, il faut ramener la coupe en Amérique du Sud et même si on les aime pas ils sont plus proches de nous). Mais tout ca sans grand enthousiasme. ..
Boipeba entre elle dans la petite finale de nos plages préférées avec Ilha Grande et Floripa. C est une ile bien tranquille, moins touristique que sa voisine morro de sao paulo. Nous avions trouvé un camping bien tranquille les pieds dans l eau (littéralement) qui donne envie de tout plaquer et de  s installer avec le petit rasta qui le tient, et de passer le restant de ses jours a faire des caipis. Je rigole, Romain. Et puis je vais rentrer en France, toute facon. Peut être.  Toujours est il qu il est bon de sortir du pelourinho et de retrouver des gens simples, calmes, avec plein de gosses qui courent partout. De se coucher a 20h  parce qu il n y a pluq grand chose a faire apres et se lever avec le soleil. Ou la pluie, parce que quand même c est l hiver et il pleut. Et c est vraiment beau, avec des plages de sable fin, des cocotiers et tout le tintouin.
Pas mal donc, Boipeba.
une fois rentrés nous découvrons qu une nouvelle race de touristes a remplacé les touristes Coupe du Monde: LE TOURISTE FRANCAIS! En ce moment l hostel en est plein. Eh ben je trouve ca assez cool. Généralement les touristes français,  même s ils ralent, font quand même plus d efforts pour parler portugais, connaître la culture et se balader dans les coins "typiques" d après une expression chère a ma maman.
Et en plus, j ai lancé un grand appel dans l hostel pour récupérer les livres que les gens auraient fini puisque j ai fini tous mes autres bouquins: ca marche, et c est vraiment cool, les gens m expliquant la petite histoire du livre, pourquoi ils l ont aimé et pourquoi ils me le laissent. C est chouette.
En revanche je travaille pas mal au bar en ce moment et ce ne sont pas les meilleurs clients: les français essaient de négocier , les bresiliens sont toujours réglo,  les anglais et les allemands laissent des tips :) D ailleurs, un allemand m a dit qu ils avaient une tradition de ne jamais boire tout seuls, et que s ils étaient tous seuls, ils invitaient la serveuse.  Du coup il était choque que je refuse de boire des coups avec lui, si bien que j ai fini par accepter. Le client est roi n est ce pas?
Voilà voila les petites nouvelles de la Bahia!

mercredi 9 juillet 2014

Brésil - La fête est finie

Bon. Il est toujours facile de dire après coup, "je le savais", "toute façon, je vous l avais dit", mais n empêche, j avais comme un mauvais pressentiment.
Hier matin, le 8 juillet donc avant le match du Brésil, il régnait dans le Pelourinho un petit air de lendemain de fête avant l heure. Les gens démontaient les baraques qui vendent de la caipirinha et des brochettes toutes les nuits depuis 1 mois, il y avait une petite drache bien de chez nous (c est l hiver, je vous rappelle).
Ce mois ci a vu a Salvador s enchainer les évènements: deja qu ici c est la fête mais là c était tous les jours. Les matchs du Bresil, les matchs à Salvador, les fêtes de juin (Sao João, Santo Antonio, São Pedro), l indépendance de la Bahia (le 2 juillet, grande fête), tout était pretexte a défiler dans les rues, a fermer les magasins et a boire des bières.
Mais là, on sentait la fin. Plus de festivités en vue. Plus de match a Salvador. Pour notre part, plus un vlient a l hostel (le dernier était parti à 4h du matin, réveillé par mes soins, et vomissant dans les toilettes avant de monter dans le taxi... hahaha)
Du coup, j ai dit a Romain que je le sentais mal, pour cet après midi.
Un peu plus tard, on retrouve une amie française et son copain brésilien qui voudrait que le Brésil perde pour ne pas oublier les problèmes sociaux. On a retrouvé ce discours très intéressant dans plusieurs bouches, j y reviendrai. On va voir le match au petit bar en bas de chez nous, comme d hab. Mais c était bizarre. Avant le début de match, un mec derrière nous lance des gros pétards dans la rue, c est débile et ça fait beaucoup de bruit, mais c est comme ça. Ensuite, il s embrouille avec un mec; ce mec prend une bouteille de bière, renverse son contenu sur le sol en disant un nom d orixa, un peu style mauvais sort. Puis il casse la bouteille et tente de s ouvrir les veines avec. Oui, oui. Il y a un peu des dingues dans ma rue. Bref, les gens le font partir, il va divaguer ailleurs. Le match commence, difficile de se concentrer.
1er but. Ok, ils sont balezes. Personne ne dit rien dans la rue et dans la montée du Pelourinho a côté, ou il y a des centaines de personnes qui regardent le match sur écran géant. Et là, l avalanche de buts commence. C est trop étrange, on croirait a une mauvais blague. Comme dirait je ne sais plus qui, on ne sait plus si c est un nouveau but ou si c est le replay de l ancien but. De toute façon, "ja foi", c est mort, le Bresil ne peut plus remonter, c est la fessée...
A la mi temps, normalement il y a toujours Olodum, un groupe de percussions, qui joue dans la montée du Pelô pour chauffer la foule et soutenir l équipe. Eh ben là, ils n ont même pas joué. Nous partons dans l hostel pour regarder la 2eme mi temps un peu plus au calme, au cas ou les choses dégenèreraient.
Et là, l homme qui a la plus mauvais foi du monde apparait, il s appelle Acaiah. Acaiah, c est le barman de l hostel avec qui je travaille de temps en temps. C est le mec du coin, qui a toujours raison sur tout et qui a une théorie sur le coupage de citrons ou le comptage des bières. Grande gueule, coupe afro, pseudo capoeiriste, semi beau gosse. Ma copine Mathilde l appelle "le Patrick Sebastien du Pelourinho" parce qu il est toujours moi je moi je... Et toi, femme, gringa, et pas interessante parce que en couple, tu ne peux pas émettre une suggestion intéressante, bien sur. Bon, c est caricatural, il est quand meme sympa et il connait des choses en vrai que je ne connais pas, mais il m a gonflé.
Laurene, Alex, Romain, vous vous rappelez, pendant qu on regardait le match de la France, il est passé en disant que toute façon la France allait perdre et que la plus grande équipe de ce championnat était le Brésil. Quand je me suis moquée de lui parce qu ils n avaient pas réussi a battre le Mexique, j avais eu forcement tort. Hé bien la, il vient, grand sourire, en disant "vous avez vu, je vous l avais dit que le Brésil allait perdre, toute façon j étais pour l Allemagne. Et puis je porte le tshirt du Brésil parce que je l aime bien mais je ne les soutiens pas." Mouahahahahahah. La mauvaise foi incarnée. "ils seront prêts en 2018". Ok mec, mais la, dans ton pays, se prendre une telle raclée, ça doit faire un petit peu mal quand même, vu tout le fric dépensé.
Enfin, le match se termine (Acaiah "savait" bien sur qu ils allaient mettre 7 buts), tout le monde est sonné, dépité, a un peu honte.
Avec Romain, nous travaillons au bar de l hostel. Normalement, le mardi soir est la nuit la plus agitée au Pelô: il y a un gros concert gratuit juste a côté et ça n arrete pas au bar. La, le concert n a pas lieu et nous pouvons faire une petite partie de Yam entre 2 clients qui n en reviennent pas de ce qui s est passé. On a du faire 10 caipis et 1 real de pourboire. nul.
Donc voilà, le Brésil c est fini (enfin, pour le football) et c est pas plus mal comme ça. Même si le fait le chanter l hymne en yaourt ("lalalala a liberdade!") va me manquer et que j aurais aimé les voir arriver en finale, c est pas plus mal comme ça.
Parce que beaucoup disent ici que si le Brésil avait gagné, tous les problemes dont on a parlé avant la Coupe auraient été oubliés et qu on aurait continué comme avant. L "avantage" de la Coupe est qu elle a fait ressurgir toutes les inégalités et les injustices de ce pays qui commence a en avoir marre. Comme disent mes copains du bar, le Brésil est riche mais le peuple est pauvre. Je ne sais pas si c est parce que l on cotoyait plus de gens "alternatifs", que dans la Bahia c est différent ou que c est vraiment comme ça dans tout le Brésil, mais de nombreuses personnes ne soutenaient pas le Brésil les yeux fermés. Ils sont nombreux à critiquer ce pays qu ils adorent pourtant, et pour certains cela fait mal de ne pas pouvoir regarder les matchs avec plaisir, parce qu ils aiment le foot mais ils savent toute la pourriture qu il y a derrière. Même si les critiques ont ont peu diminué ces dernieres semaines (et que la television ne passait litteralement QUE du foot), je pense que cette défaite va permettre de remettre les affaires sur le tapis et que les Brésiliens ne vont pas s endormir sur leur victoire.
Comme dirait mon prof de capoeira aujourd'hui, "é a seleção brasileira que perdeu, não é a gente", c est la ´selection bresilienne qui a perdu, c est pas nous, alors continuez à sourire, à vous battre et à aller de l avant, et montrez qu on peut se réunir et être ensemble pour autre chose que le foot!

mercredi 25 juin 2014

Copa - Salvador

Pour une fois, je vais essayer de faire un article dans les temps. Hé oui coco, aujourd hui c est la rapidité de l information qui prime, on passe d un scoop a l autre, si t es en retard t es foutu.
Je vais donc bien sur vous parler de Coupe du Monde. Que de choses a dire! Je serai donc surement un peu brouillonne et pas tres organisée, en plus le rythme est un peu crevant...
Situons le contexte. Nous sommes dans une ville hôte, Salvador. Nous avons reçu plusieurs équipes phares, les Pays Bas, la France, l Allemagne... Pour notre part, nous ne sommes allés a aucun match, pour des raisons financières aussi bien qu éthiques (Romain: "- Je ne mettrai pas les pieds dans un stade, je ne donnerai pas un sou a la FIFA". "- On achète des paquets de vignettes Paninni?" hahaha) Toutefois, nous les suivons a la TV dans les bars, ce que je considere comme un bon pretexte pour boire des bieres et discuter.
La Coupe du Monde a commencé bizarrement. Ces protestations qui continuaient, cette impression de semi-desorganisation, ces images "coupées" par la télé qui circulent sur Facebook, ce match baclé du Brésil... On sentait que ce n était pas la grosse fête et la pure folie chez les Brésiliens. Ce qu on peut comprendre.
Après, on commence a se prendre au jeu. Les matches sont beaux a voir, il y a du but, le Tiers Monde écrase le Premier, et en plus les Brésiliens sont pour les mêmes équipes que moi (generalement, les Noirs, les Sud Americains, les forts, les Français). Du coup, on a un peu envie de ronchonner et de dire que c est pourri mais on ne peut pas s empecher de se prendre au jeu et de suivre cette satanee coupe.
Faisons de petites études de cas:
Cas n 1: il y a un match a Salvador. Les gens s arretent de travailler (même les cours de capoeira...), la ville est bloquée, les rues sont envahies d étrangers bourrés, a toute heure du jour et de la nuit, étrangement déguisés aux couleurs de leur pays. Pour ça, il faut dire que les Hollandais sont sacrément balèzes. Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du pays. Helicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. Sauf les Français qui avaient l air d avoir perdu tellement ils sont pas funky. Avec Laurene on s était dit, chic, on va pouvoir crier dans la rue et chanter la Marseillaise a plein poumons, et faire cocorico toute la nuit avec nos compatriotes, hé bé que dalle. Déja, on s est perdues, et puis personne ne chantait cocorico. Sauf les Suisses qui étaient bourrés. Bon, au milieu de la nuit ils ont commencé a se derider un peu, caipirinha aidant, mais c etait un peu timide.
Cas n 2: il y a un match du Bresil. Les gens arrêtent de travailler (faut pas deconner, y a match!), la ville s arrête. Les bars sont envahis de brésiliens et de gringos habillés en jaune, vert, bleu. Les femmes sortent leur plus belle manucure aux couleurs du drapeau (d un gout exquis). Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du Brésil. Le groupe de percus Olodum joue sur la place du Pelourinho avant la retransmission du match sur écran géant. Hélicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. La foule est énorme, les vendeurs de biere et les pickpockets travaillent activement.
De notre côté, nous travaillons pas mal. L hostel est full (ouais, je suis bilingual), le bar tourne a plein régime. La, j ai enchainé une nuit au bar - un morning shift (petit dej et tout, debut a 7h) - une nuit au bar - un morning shift, avec des nuits de 5h. Avec des petits siestons entre 2 quand même. En ce moment ça commence a se calmer puisque le match Bosnie Iran, aujourd hui a Salvador, est le match qui a ramené le moins de touristes de l histoire de la Coupe du monde (les stats ne sont pas de la FIFA, elles sont de moi, mais ne sont pas loin de la realité je pense). Jusqu au prochain 8eme de finale. Mais en ce moment, c est aussi la Sao Joao, alors il y a des concerts de forro a peu près partout, toute la soirée. Les gens mangent du mais et boivent de la liquer de caja (miam) ou de genipapo, et ils sont deguisés en paysans (hé oui). Du coup, le soir c est assez animé et du coup c est pas facile de se reposer quand un accordéon joue "Asa branca" pour la 4ème fois sous ta fenêtre. En vrai, ça ne me dérange pas, mais faut bien raler un peu.  
Nous regardons donc les matchs generalement dans le bistrot en bas de chez nous qui comprend: chaises en plastique - pavés - rue penchée - verre de cachaça a 1 real (1,5 pour les gringos) - télé bien sur - camés et alcoolos du coin - gringos - bière - petits malins qui tirent des pétards - chiens - etc. Tout cela est donc un joyeux bordel, les gens tombent, cassent les bouteilles, tout le monde prend un petit bout de trottoir pour voir le match. Nos copains alccoliques adorent commenter les matchs et faire leurs petites analyses. Parfois, leurs remarques sont vraiment fines et ils font preuve d une culture etonnante. Quel pilier de comptoir, em France, saurait comment s appelle l hymne brésilien? Et le nom du président? Et que la mere d Hitler n etait pas allemande (pourquoi on a parlé de ça? bonne question) Je vous jure, on a parfois des discussions geopolitiques plus intéressantes qu avec mes petits ex collègues de Sciences Po. Ils sont aussi desabusés contre le Brésil et soutiennent parfois les équipes adverses. Les brésiliens ont beau être tres chauvins, ils sont quand meme tres critiques sur la corruption, la politique, et qu on ne fait rien pour les pauvres. Du coup, vous imaginez bien que c est dur de suivre les matchs dans ces conditions. Mais moi j aime bien!
Voilà, vous aurez peut etre droit a un article "part 2" parce que je pense que j ai oublié de raconter plein de trucs. Et ce n est pas fini en plus. Mais je voulais pour une fois faire du "live blogging"!
A plus;

mercredi 11 juin 2014

Pelô, boulot, forro

Je suis très contente de mon titre, je tiens a le souligner.
Pour les non initiés:
pelô = pelourinho, la vieille ville de Salvador, là ou je me trouve en ce moment. Donc non maman, je ne suis pas au bord de la mer mais dans un endroit qui ressemble au Vieux Nice selon ma copine Lisa. Ce qui nest pas faux, mais avec encore plus de cafards et plus de Noirs (fort heureusement -pour les noirs).
Forro = une danse brésilienne qui se danse à 2, collés, avec de la musique un peu style bal musette. J adore, Romain déteste, hihihi.
Et boulot, eh ben c est boulot quoi. On a plusieurs taches, ce qui permet de varier les plaisirs, ce qui est plutôt cool. On fait des "shifts" à la reception l apres midi ou la nuit, on fait (enfin, je fais, apparemment c est un truc de gonzesse) le ménage, et on sert au bar de l hostel. Là, par exemple, je suis au shift de nuit, du coup je dois attendre que tout le monde rentre pour pouvoir pioncer. Generalement, c est pas avant 2-3h du mat. Hier, j etais au bar, et c etait un peu mon baptême du feu puisque le mardi soir ici c est la plus grosse nuit (va savoir pourquoi, ma boss pense que c est parce qu ils bossent tellement pas beaucoup qu ils peuvent se permettre de se mettre une cuite en pleine semaine...). Il y a un gros concert juste a coté et a la fin du concert tout le monde se rue dans le bar et te demande des bieres ou de la caipirinha. Et la caipi, c est long à faire, tu dois casser des glaçons et ça fait mal a la main. Mais du coup, attendez vous à ce que quand je reviens (si je reviens, héhé) je sois une pro de la caipi  :D
Bref, du coup c est assez chouette et en plus on est trop les chouchous parce qu on bosse trop bien. Romain est bien utile en tant que Cool Tools, ce qui consiste à reparer des trucs avec des bouts de ficelle et de la colle. Jusqu a il y a quelques jours on avait une bonne équipe de volontaires, principalement américains, mais vraiment sympas. On faisait pas mal de trucs, plages, diners, sorties, ensemble. A present une partie d entre eux est partie, et avec la Coupe du monde qui arrive ca rend les choses un peu busy. Mais bon, ca va ca vient, c est le principe de l hostel. On a aussi une femme de ménage qui est le cliché de la bahianaise au boulot: elle ne fait rien. Elle passe son temps sur Facebook ou au téléphone, et elle s active un peu quand la boss est dans le coin. Du coup, elle fait un boulot que tu peux faire en 3 heures, en 7 heures. Mais faut pas trop en faire, ici.
Les gens qu on accueille sont essentiellement des étrangers. Ils sont dans l ensemble assez cool, comme tous les backpackers. Mais ils ont une vision assez 'mercantile' du voyage: ils veulent 'faire' un pays un peu, j ai l impression, pour pouvoir le cocher sur une liste ou pour pouvoir dire a leurs copains: 'j ai fait le Brésil'. Mais la majorité ne prennent pas le temps d apprehender vraiment le pays dans lequel ils sont, et certains ne semblent meme pas en avoir envie, et sont très bien dans leur hostel de gringos. C est mon moment snob du blog, mais parfois je me dis, c est vraiment dommage s ils savaient tout ce qu ils ratent en restant regarder un film ricain devant la télé de l hostel plutôt que de sortir et de faire la fête avec les gens...
MAS ENFIM, comme on dit ici, c est pas mes oignons. Mais bon, la fête, c est quand même assez facile a faire ici, meme quand t as pas de thunes et que tu parles pas la langue. Il faut juste sortir dans la rue, rien dans les poches, et aller dans un des nombreux largos (places) du Pelourinho qui jouent de la musique live, gratuite, presque tous les soirs. C est ce qu on fait relativement assez souvent. Ou on (enfin, je) danse la samba dans des bars.
Le reste du temps, ça varie pas trop: c est (tous en choeur): PLAGE et, et quoi? CAPOEIRA! Oui, vous commencez a connaitre ma vie ici.
On s entraine avec une autre pointure de la capoeira angola qui est Mestre Valmir, qui nous fait bien transpirer. Il est vraiment bon et nous répète tous les jours que la capoeira, c est l attitude, et qu il faut sourire et etre detendu quand tu joues. Lui, il a toujours un gros smile quand il joue, ce qui est vraiment classe. Par contre  malheureusement ses eleves doivent pas très bien comprendre le message puisque certains d entre eux, les etrangers surtout, sont un peu des machines de guerre et qu ils jouent de la capoeira comme s ils repondaient a un problème de maths: scientifiquement. Or la capoeira ce n est pas ça, et il faut en jouer avec son coeur. C est beau hein?
Sur ce, je vous laisse sur ces divagations capoeiristiques.

La prochaine fois, je vous raconterai la Coupe du Monde. Ca risque d etre dingue.

lundi 2 juin 2014

Road trip vers Bahia

Je cherchais quelque chose de drôle ou d original pour raconter ces dernières semaines...
Je trouve pas, donc je vais bêtement raconter ma vie :)
Nous en etions donc restés a Florianopolis, qui est l un des meilleurs endroits du Brésil selon moi.
Imaginez: une ville moyenne sur une grande ile avec plein de petits villages, un lac au milieu, des petites montagnes et plein de vert au milieu.
Dans les petits villages, des maisons colorées, des bateaux, du bleu mer, du jaune sable, du vert arbre.
Et des gens tran-quilles!!! Plein de jeunes, les enfants voyagent tout seuls en bus, des surfeurs, des hippies, des gens normaux...
Oui, parce qu en plus d etre belle, l ile est un spot de surf renommé ET la capitale de la crevette. Deux atouts majeurs a mes yeux.
Bref, nous en profitons pour faire de grosses marches et pour nous baigner. Nous retrouvons la douceur du climat -aprés un bref automne a Porto Alegre- Les treks offrent de superbes vues sur la mer, le lac...
Pour continuer avec mes comparaisons regionales a 2 balles, ca ressemble à la Bretagne en plus ensoleillé :)
Nous y restons 3 petits jours mais avec encore une envie d y retourner. Mais la Bahia nous attend.

On passe rapide à Sao Paulo, puis une nuit à Vitoria. Je retrouve mes copains de l hostel avec plaisir. Les gens y sont vraiment cool. On y a posé la slackline sur la plage (entre 2 cocotiers, les pieds dans le sable avec une agua de coco a la main... dur) et les gens s arrêtent pour discuter. Comme pour la capoeira, très bon facteur de rencontres! Et les gens hallucinent qu on vienne de France. C est vrai qu il y a peu de touristes. Nous reprenons la route pour un petit "24 heures du bus" (hu hu hu) jusqu a Salvador. Sur le chemin, la pauvreté me frappe. Ce sont vraiment de petites cahutes ou vivent des gens dépenaillés. Pourtant, on avait déja fait ce chemin... Est ce parce qu on vient du Sud riche et que nous n avions plus été habitués a la pauvreté?

Quoi qu il en soit: on arrive a Salvador. Notre future boss nous recoit à l hostel. Elle est blonde, musclée, capoeiriste et a été mariée huit ans à un brésilien: non, ce n est pas Chiclete! Elle s appelle Leigh et elle est americaine. Elle parle portugais comme une vache yankee du coup nous entrons dans la phase 'anglophone' du voyage, apres la phase lusophone et la phase francophone. En effet, nous parlons anglais avec elle, avec les autres volontaires et avec la majeure partie des clients de l hostel. Du coup, elle nous embauche parce qu on est des mecs cools et qu on parle 3 langues. Enfin, embauche est un bien grand mot puisque nous ne sommes pas payés, on a juste le droit de dormir et de se péter le bide au petit déj -et de laver nos fringues à l oeil. En echange, on travaille 7h par jour, 4 fois par jour. Ce n est pas tres eprouvant: par exemple, à l heure ou j ecris, je suis en train de travailler héhé... Réception, checkin, réservations, machines à laver, un peu de nettoyage...

Du coup, on profite de nos derniers jours de "vacances" pour partir quelques jours en camping vers le nord de la Bahia, à Diogo. On est dans un camping tenue par une meuf un peu hippie, un peu lesbienne, un peu foldingue. Mais sympa au demeurant. On est les seuls touristes dans le bled. Les bonnes choses: une super plage, un chemin de dunes pour y arriver, la mer tiède, une pure moqueca de crabe, notre nouvelle tente. Les mauvaises choses: le retour de mes amis les moustiques, le sol dur de la tente, la pluie PUIS les coups de soleil (on ne se moque pas).

Voilà, je laisse pour un autre jour ma vie à Salvador, j ai un peu rattrapé mon retard de blog mais faut pas déconner! je ne vais pas étre a l heure non plus, on est dans la Bahia!

dimanche 25 mai 2014

J ai Josué en double

Tout a commencé à Rio: Lauréne offre un album Panini des joueurs de la Coupe du monde a Sofia. Vous savez, ceux où on achete les paquets de vignettes qu on colle et qu on échange avec ses copains a la recré. Pour ma part, javais l album du Roi Lion, et je crois bien qu il etait complet. Bref.
Je ne savais pas qu on touchait la a un élément majeur de la vie bresilienne!  Ainsi, pour des raisons tout a fait anthropologiques et d integration dans la vie du pays, nous en achetons un.
D une part, on comprend pourquoi ils sont tous forts en foot: on sait tout sur les joueurs,  leur taille, leur poids...
D autre part, cela donne lieu a des scènes vraiment comiques.
De passage quelques heures a Sao Paulo entre 2 bus, on sort notre album pour coller quelques nouvelles vignettes. La, un homme nous aborde, une quarantaine d'années,  et nous dit: vous connaissez la rue untel? La il y a un kiosque et tout le monde se retrouve pour échanger ses images! J ai terminé mon album en 2 jours! Enfin, c est pour mon fils... il se rattrape comme il peut, le bonhomme.
Nous y passons un peu plus tard et effectivement, plein de gars de son age, en costume cravate, qu milieu des buildings,  qui ont d énormes paquets de vignettes a la main, qui échangent très sérieusement leurs doubles avec des inconnus. On veut tenter l expérience mais nous faisons pale figure avec nos 2 pauvres doubles...
Voilà,  un petit exemple de la folie qui s empare les brésiliens quand on parle de foot! Et a mon avis ca ne fait que commencer!

lundi 12 mai 2014

On dirait le sud

Vous m excuserez pour ce titre un peu facile...
Mais, rappelez vous, ici on a la tête a l envers, et le Sud du Brésil n est pas le sud de nino ferrer, c est pas "toujours en été... "
En effet, nous nous sommes dirigés, après un séjour carioca bien rempli (mais pourquoi tu parles jamais de rio? Me demanderait laulau - ben, ça m inspire pas...) , vers le sud du Brésil,  où c est l automne!!
Un automne bien morose, on est obligés de mettre des T SHIRTS A MANCHES LONGUES!! Et même que parfois IL PLEUT! Enfin, cela ne m a pas empêché de prendre un coup de soleil pas plus tard qu aujourd'hui... :p
Vous m excuserez pour ce debut d article un peu brouillon.
Bref, nous passames avec ma belle famille une dizaine d agréables jours dans cette charmante ville de Porto Alegre. C est pas très brésilien typique: c est propre, il n y a pas -que- des drogués dans les parcs, ils mangent des presque vraies bonnes baguettes, et je pourrais passer pour une brésilienne a côté de tous les descendants d allemands blonds qui y habitent.
En quelques points:

- les gauchos, habitants de cet Etat, sont très fiers de leur coin, un peu chauvins même. Ils boivent partout,  et tout le temps, du maté, sorte de thé vert dans une gourde en cuir; on y mange beaucoup de tres bonne viande.

- nous sommes allés a Gramado, une sorte de Courchevel-Disneyland-Baviere local un peu kitsch.
Je dois quand meme faire une parenthèse sur le kitsch: il faut imaginer une station de montagne avec des décors en carton pâte qui font allemand-suisse, avec des restos de fondue et des bars a biere a tous les coins de rue, qui passent de la musique traditionnelle allemande. Tu peux faire du pedalo en forme de cygne et te faire photographier avec des fringues de bavarois. Tu peux acheter des toques en fourrure ( pour sortir quand il fait "froid") et aller dans des parcs a theme style "Ice world".
Malgré tout,  j ai mangé de la fondue au fromage , bu de la super bonne biere, et il y a de très beaux paysages, donc c est plutôt cool.

- et comme partout, capoeira! Un super groupe, on a été accueillis comme des rois (ils ne recoivent pas beaucoup d étrangers) et on a repris les entraînements a la dure: tous les jours, 2 ou 3h. Bon, pas vraiment tous les jours, mais pas mal quand même!  Bonne ambiance, bonne rodas, bons jeux.
Comme quoi, la bonne capoeira n est pas qu a Bahia. 

A présent nous sommes a Florianopolis, un des meilleurs endroits du Bresil -et donc du monde - ever . Je ne fais pas du brasilianisme primaire ("le plus beau coucher de soleil du monde "- "la plus grande baie du monde "- "les meilleurs salgados de la ville"), c est juste la vérité!  Episode a suivre donc. Tchuss!

jeudi 10 avril 2014

En allant à Rio


Bon, je sais, c’est pas bien, je ne donne pas beaucoup de nouvelles…
En voici quelques unes en m’excusant pour le côté impersonnel.
J’en étais donc restée à ma ferme hallucinogène….

J’ai donc débarqué ensuite à Vitoria, petite capitale d’un petit Etat, mais grosse ville quand même. Je crois que je n’ai jamais autant apprécié la ville, même si mon séjour à la ferme avait été très court… Je suis accueillie par le gérant dingue de l’unique auberge de jeunesse à Vitoria, qui me propose avant même que j’enlève mon sac à dos de bosser dans l’hostel. Et je rencontre avec plaisir toute la galera de l’hostel, des étrangers, des brésiliens qui bossent et qui ont trouvé cet hébergement pas cher, les voisins djeun’s qui viennent boire des bières…
Je reste une semaine dans cette ville sympa, vraiment pas touristique mais très agréable. Un peu moche, ville portuaire, de grands immeubles, mais un super potentiel : elle est construire sur plein d’îles, il y a de grands morros comme à Rio… Si j’étais urbaniste j’en ferais une ville top. Mes activités, pour changer : je vais à la plage, je vais à la capoeira (le seul groupe de capoeira angola de la ville est un peu un fourre-tout avec un obèse, une handicapée, un vieux, une pré-ado, plus des gens normaux. Le niveau est… abordable !), je travaille donc dans l’hostel.
Mes tâches ? Lever 7h, je prépare le petit déj, je le réapprovisionne, je fais les courses pour le midi et je fais à manger. Même si j’’échappe aux tâches ingrates comme celles de récurer les chiottes (je vois d’ici le regard ironique de certains disant « ça ne m’étonne pas »), je balaie les espaces communs et je ne laisse aucune vaisselle sale (hé oui !). En échange, j’ai le gîte et le couvert gratos. C’est un bon deal.

Ensuite, je descends doucement vers Rio, je m’arrête à Buzios : « la St Tropez du Brésil », le bling bling, Brigitte Bardot, les plages… Hé ben, c’est pas top. Il paraît que ce sont les plus belles plages du Brésil, je trouve que ça ressemble à la Corse en moche. C’est mal construit, en plus il ne faisait pas un temps terrible, c’est cher. Je fais le tour des plages à pied quand tout le monde est en « bateau à voile – bétaillière à gringo – funk à donf » ou en buggy. Je me refais des mollets et découvre de petits coins sauvages un peu épargnés. En plus il n’y a que des argentins dans mon hostel : les argentins, c’est les italiens de l’amérique du Sud : ils sont mal élevés, ils parlent fort, ils ne font aucun effort pour parler une autre langue (non, comme les italiens, en vrai y’en a des biens !). Mais en tout cas ceux de l’hostel n’étaient pas mes potes : je ne parle pas espagnol et n’ai aucune envie de les entendre baragouiner le portugnol pour dire des conneries. Mais bon, l’hostel était vraiment pas cher et le petit déj, une tuerie. Je tiens notamment à souligner l’existence d’un gâteau de fuba (farine de maïs) à l’erva-doce (graines de fenouil) qui a enchanté mon séjour.

Puis direction Saquarema. C’est pas dans le Routard et c’est tant mieux : ça mérite de garder sa tranquillité. C’est une petite ville à 1h de Rio, surplombée par une église coloniale blanche construite sur une colline qui s’avance sur la mer (carte postale n°1). Les rouleaux déferlent sur la plage de sable blanc d’Itauna. Les rares plagistes sont des surfeurs qui courent de leurs jambes musclées vers l’eau fraîche (carte postale n°2). Le bord de mer n’est pas défiguré par les immeubles, mais quelques cocotiers et cactus poussent entre les résidences secondaires des cariocas bohèmes (carte postale n°3). Les gens se déplacent à vélo, il y a plein d’enfants (pourquoi ??), les rues sont calmes, c’est vraiment chouette, surtout hors saison j’imagine.
En revanche, l’hébergement manque cruellement pour les backpackers comme moi : l’unique « hostel » se révèle être une maison un peu crassou tenue par un Carioca bourru qui sort rarement de sa chambre. A part un couple d’allemands, j’ai l’impression d’être la seule touriste du coin. J’essaie de faire du body board avant de me faire rabrouer par les surfeurs : « non, il y a trop de courant, tu ne peux pas en faire ici… où, alors ? Aujourd’hui, non, c’est trop dangereux… » ok. Bon, ben, je vous regarde alors ; les gars.
Enfin, c’est bien joli mais la plage toute seule, ça commence à me peser un peu, du coup back to Rio où j’y suis depuis une dizaine de jours.

Puis je me permettre de cracher dans la soupe ? Je ne suis pas fan de Rio. Ce n’est pas ma ville. C’est gigantesque. Tu passes des heures et des heures dans les transports qui, de plus coûtent un bras. Tout coûte d’ailleurs un bras. Du coup, j’ai l’impression de passer mes jours à payer des transports pour t’amènent en 2h à un endroit où tu vas payer ta caipi 10 reais. Et en plus, il y a trop de gringos, surtout à Vidigal. J’ai passé 3 semaines de voyage sans parler un mot de français et maintenant, je parle français ou « portugais-for-gringoes » tout le temps. Voilà, c’était ma minute snob. Mais sinon, c’est bien. Je m’adonne à mon programme préféré : plage et caopeira. J’ai un super groupe avec Mestre Ferradura, un des piliers du Movimento Novo de capoeira angola, qui prône les rodas de rue, la non prise de tête et une manière moins académique d’enseigner la capoeira. Bref, j’adore.
Aujourd’hui, je clos aussi un cycle qui est celui de mon voyage toute seule, puisque Romain arrive et je suis bien contente. Je ne regrette pas un seul moment d’avoir fait ce choix, j’ai adoré voyager complètement librement. Je ne me suis jamais sentie en danger ni, a vrai dire, jamais complètement seule puisque tu rencontres très vite des gens. A part sur la fin où, à Buzios et Saquarema, je me suis quand même un peu fait chier… J’ai aimé et je pense que c’est en partie ainsi que tu peux approcher le « vrai Brésil » et non en meute touristique.

Quoi qu’il en soit, à présent commence la phase :  « Brésil-famille » pour un bon mois à Rio et Porto Alegre ! 

mardi 11 mars 2014

Conceptualisons

Jusqu ici, je n ai trouvé le temps que d écrire des mails factuels a la famille,  l accès à internet et le fait d etre seule dans un endroit tranquille étant un luxe par ici. Je profite du fait que la communauté qui m héberge soit partie se droguer sous couvert de cérémonie hippio-sectaire pour pré rédiger ce petit post.. mais laissez moi vous raconter.
En gros, j ai suivi mon itinéraire prévu: itaparica, quilombo tenonde, carnaval de rio, puis wwoofing dans l espirito santo. en 1 mois et demi, tant de choses a raconter!
Je vais essayer de résumer quelques aspects de mes aventures a travers quelques mots: les brésiliens sont assez fans de concepts, je vais donc leur en emprunter 3 : natureza, musicalidade et espiritualidade. Je pense que personne n a besoin de traduction?

Natureza: les citadins dont je fais partie ne rêvent que d une chose, une vie simple, rudimentaire,  pas de superflu. Hé ben j en ai eu en veux tu en voilà, et parfois, je n ai eu ni superflu ni essentiel! C est agréable mais pas de tout repos. Les coins ou je suis allés sont magnifiques. Très souvent j ai été immiscée dans la "vraie vie" brésilienne,  du moins quelques uns de ses aspects les plus authentiques. 
Toutefois la vie dans la nature (ou du moins la "vida simples") a quelques inconvénients: les moustiques en 1er lieu, mon fléau! Ils sont partout! (Sauf chez Laurène et je l en bénis) ils te bourdonnent dans l oreille et te piquent a foison. Mon top a été au quilombo: les pieds couverts de boutons (vraiment,  ce n est pas une facon de parler), puis des boutons infectés qui creusent des plaies pleines de pus (j espere que vous apprécierez mon alliteration gore)
Ensuite: mes douches sont généralement froides, et sont soit un filet d eau soit pas grand chose de plus. Et il ne fait pas toujours 30 degres.. donc imaginez, entraînement de capoeira,  travail dans les champs, t as envie d une bonne douche pour decrasser, hé bien non.
Ensuite: l eau et l électricité ne sont pas toujours au rendez vous. Je n ai pas encore eu l honneur de tester la favela sans eau chez laulau mais ca doit être quetchose. La ou je suis a présent,  il n y a pas d électricité.  Ca veut dire qu a 7h du soir, la vie s arrête,  quasi. Hé ouais, c est comme ça la nature en vrai.
Ensuite, tu ravales ta pudeur pour faire pipi et tu fais n importe où comme tout le monde: au carnaval, j ai vu des filles faire au milieu de la foule avec ses copines qui se mettent autour pour cacher! La ou je suis, tu ne fais que caca dans les toilettes seches, tu ne peux pas faire pipi (pour ma part je ne sais pas encore comment ils font pour separer les 2..)
Sinon, mes fringues ne sèchent pas parce qu il fait trop humide, j ai des cals sur les mains a force de travailler la terre, je dors sur des matelas imbrobables, je fais ma lessive au savon de coco et a la brosse, je sais cuire des feijao et des gateaux au feu de bois et (essaie) d ouvrir des cocos a la machette.
Parce que parfois, il y a de vrais luxes, comme ceux ci: ton pote monte en haut du cocotier et t ouvre une noix de coco rafraîchissante; le hamac où je suis, dans une veranda en terre avec une vue sublime sur la colline d en face; les gommages d argile du fleuve du quilombo; l eau tiede d itaparica a maree basse; la vue magique de chez Laurène; les jus de goyaves fraichement cueillies pour le petit dej.. et bien d autres!

Musicalidade:
Bon, j en ai déjà parlé et c est un cliché, mais la vie bresilienne est remplie de musique. Il y a d abord pour moi celle de la capoeira: difficile d aprentissage comme l ensemble de cet art, mais superbe. Tous les soirs au quilombo, nous faisions nos 2h de musique ou presque. Malheureusement,  j etais forte a l école mais mauvaise élève en capoeira: j apprends lentement et meme si j ai progressé en 1 mois, j arrive tout juste a tater du berimbau et a chanter plus ou moins juste et en rythme dessus. Toutefois c est ce qui me plaît dans la capoeira: les possibilités de progression sont infinies dans tous les domaines.  Au conseil de classe de la capoeira,  je pense que j aurais "encouragements" : style, eleve méritante malgré des bases douteuses. Doit travailler davantage pour suivre la classe."
Bref! Mais c est top! Et les chansons parlent d esclavage, du candomblé,  de la vie quotidienne,  la pêche,  le travail dans les champs, les animaux... plein de choses a dire, mais je ne sais pas trop comment car je suis trop dedans. 
Il y a aussi la musique du quotidien,  de la télé,  de la radio: généralement de la sousoupe gnangnan d amour et de saudade. Les brésiliens sont fans. Moi, moins.
Il y a les concerts de pagodao d itaparica: waw, j avais jamais vu une chose pareille. Une scène,  un chanteur, de la musique boum boum avec des paroles vulgaires (style: descends jusqu'au sol, je vais te manger...) et des danseurs et legging argenté sur scène et... des centaines de filles de 12 a 20 ans qui "dansent" le cul en arriere dans une parodie a peine voilée d acte sexuel. Et les mecs matent en buvant de la biere. Tu m etonnes que les filles tombent enceintes a 15 ans..
A côté de ces scènes,  il y a des voitures avec des baffles dans le coffre qui vomissent une musique similaire, avec parfois des enfants qui reproduisent la même danse vulgaire, et les mamans laissent faire en rigolant.
Et heureusement,  il y a le samba carioca (et encore, je suis restée sur ma faim...) : un groupe de percussions plus ou moins grand, un cavaquinho, des grands classiques que tout le monde reprend en coeur, avec le sourire, en dansant. J adore. J ai pu donc voir pour de vrai au carnaval ces scènes que tu vois a la télé: des meufs en string avec des plumes, des grands noirs qui jouent des percus, et des gens avec des déguisements dingues qui se tremoussent: sauf que la, les gens qui défilent,  hé ben je les connaissais! Sauf que ma soeur n est pas une grande noire, a son grand desarroi. Donc en gros, elle a "fait" le Sambodromo, et donc parcouru une grande avenue pendant une heure en secouant frénétiquement un instrument qui ressemble a un boulier (en rythme, et c est pas si facile que vous croyez), devant des milliers de gens, accompagnée d une centaine d autres musiciens plus d autres centaines de danseurs et bonhommes déguisés en sac a main ou en tamanoir. C est plutôt classe.
Au carnaval il y avait aussi les blocos de rue, des coins de pure folie ou les gens plus ou moins déguisés parcourent les rues en dansant et en buvant. C est indescriptible et assez fou. Mais la musique est généralement toujours bonne.
Cependant: ces gens ont un répertoire de milliers de chansons excellentes et celle que j ai du entendre 30 fois depuis que je suis ici, la mono chanson, celle que tout le monde reprend en choeur, est celle ci:

Enfin donc, la spiritualidade:
Je commence par mon expérience actuelle car c est assez bizarre: je suis donc partie en tant que volontaire wwoofeur chez des jeunes qui ont un terrain a cultiver, sympas, voyageurs, hippies mais pas trop. C est assez cool. Je plante plein de trucs et il y a plein de cascades. Toutefois, au dela du fait que les conditions de vie soient tres spartiates,  ils appartiennent a une communauté sectaire dite "église du santo daime" , le daime étant un thé hallucinogène type ayuascah qu ils boivent dans une cérémonie où ils glorifient la vie et la nature. Le genre de trucs qui m énerve. La nature n a pas besoin d être spiritualisee pour être belle, bordel. D autant plus que j ignorais totalement cet aspect la de la communaute avant de venir  et avais soigneusement évité les annonces woofing style "on aime la vie et on vit tout nus en chantant des louanges a la mere nature"
Donc! Depuis 4 jours, je voyais plusieurs trucs bizarres, on me parle d eglise, de travail spirituel, quand je descends a la ville je ne vois que des hippies, sur le chemin des cascades un petit mot explique ce qu est le Santo Daime (le saint thé hallucinogène donc) , et aujourd'hui jour de cérémonie je comprends que toute la communauté en est!
On m a proposé d y aller, je sais que boire ça est une expérience hors du commun mais je suis a présent beaucoup trop critique pour tester cela. Mes chakras ne sont pas ouverts, on va dire.
Sinon,  les églises évangélistes ont toujours la cote (cf post d il y a 5 ans) , je commence a dire "gracas a deus" comme toute autre expression, il y a toujours écrit "dieu est fidèle" sur les scooters et les paquets de parmesan. 
Il y a donc aussi le candomblé,  cette religion si proche du vaudou, forte dans la Bahia. Je ne vais pas entrer dans les détails mais ai assisté à une superbe procession pour Iemanja,  la déesse de la mer, a itaparica. Cette "religion" est malheureusement en perte de vitesse face aux églises importées mais est bien présente dans l inconscient,  voire le quotidien des gens. Un exemple: au quilombo, il y avait un gars qui était un peu malade, pas très bien: il est allé voir sa mère de saint (la prêtresse) qui et entré en transe et lui a parlé de fleurs suspendues: le mec est allé voir la où il avait pendu une orchidée avec son ex meuf et la, il trouve une meche de ses cheveux avec de la terre dans un paquet: menace de mort! Du coup il a brûlé le truc, il s est purifié et il a fait une petite offrande a son dieu et il est allé mieux.
Allez démêler le vraix du faux, le fantasmé de l imaginé,  toujours est il que certaines choses sont parfois inexplicables ici. Et je pense que les haitianophiles qui me lisent comprendront!
Ne vous inquiétez  pas, je reste toutefois loin de tout ca! Mon maitre de capoeira n est pas un gourou,  gracas a deus (oups..)