jeudi 10 avril 2014

En allant à Rio


Bon, je sais, c’est pas bien, je ne donne pas beaucoup de nouvelles…
En voici quelques unes en m’excusant pour le côté impersonnel.
J’en étais donc restée à ma ferme hallucinogène….

J’ai donc débarqué ensuite à Vitoria, petite capitale d’un petit Etat, mais grosse ville quand même. Je crois que je n’ai jamais autant apprécié la ville, même si mon séjour à la ferme avait été très court… Je suis accueillie par le gérant dingue de l’unique auberge de jeunesse à Vitoria, qui me propose avant même que j’enlève mon sac à dos de bosser dans l’hostel. Et je rencontre avec plaisir toute la galera de l’hostel, des étrangers, des brésiliens qui bossent et qui ont trouvé cet hébergement pas cher, les voisins djeun’s qui viennent boire des bières…
Je reste une semaine dans cette ville sympa, vraiment pas touristique mais très agréable. Un peu moche, ville portuaire, de grands immeubles, mais un super potentiel : elle est construire sur plein d’îles, il y a de grands morros comme à Rio… Si j’étais urbaniste j’en ferais une ville top. Mes activités, pour changer : je vais à la plage, je vais à la capoeira (le seul groupe de capoeira angola de la ville est un peu un fourre-tout avec un obèse, une handicapée, un vieux, une pré-ado, plus des gens normaux. Le niveau est… abordable !), je travaille donc dans l’hostel.
Mes tâches ? Lever 7h, je prépare le petit déj, je le réapprovisionne, je fais les courses pour le midi et je fais à manger. Même si j’’échappe aux tâches ingrates comme celles de récurer les chiottes (je vois d’ici le regard ironique de certains disant « ça ne m’étonne pas »), je balaie les espaces communs et je ne laisse aucune vaisselle sale (hé oui !). En échange, j’ai le gîte et le couvert gratos. C’est un bon deal.

Ensuite, je descends doucement vers Rio, je m’arrête à Buzios : « la St Tropez du Brésil », le bling bling, Brigitte Bardot, les plages… Hé ben, c’est pas top. Il paraît que ce sont les plus belles plages du Brésil, je trouve que ça ressemble à la Corse en moche. C’est mal construit, en plus il ne faisait pas un temps terrible, c’est cher. Je fais le tour des plages à pied quand tout le monde est en « bateau à voile – bétaillière à gringo – funk à donf » ou en buggy. Je me refais des mollets et découvre de petits coins sauvages un peu épargnés. En plus il n’y a que des argentins dans mon hostel : les argentins, c’est les italiens de l’amérique du Sud : ils sont mal élevés, ils parlent fort, ils ne font aucun effort pour parler une autre langue (non, comme les italiens, en vrai y’en a des biens !). Mais en tout cas ceux de l’hostel n’étaient pas mes potes : je ne parle pas espagnol et n’ai aucune envie de les entendre baragouiner le portugnol pour dire des conneries. Mais bon, l’hostel était vraiment pas cher et le petit déj, une tuerie. Je tiens notamment à souligner l’existence d’un gâteau de fuba (farine de maïs) à l’erva-doce (graines de fenouil) qui a enchanté mon séjour.

Puis direction Saquarema. C’est pas dans le Routard et c’est tant mieux : ça mérite de garder sa tranquillité. C’est une petite ville à 1h de Rio, surplombée par une église coloniale blanche construite sur une colline qui s’avance sur la mer (carte postale n°1). Les rouleaux déferlent sur la plage de sable blanc d’Itauna. Les rares plagistes sont des surfeurs qui courent de leurs jambes musclées vers l’eau fraîche (carte postale n°2). Le bord de mer n’est pas défiguré par les immeubles, mais quelques cocotiers et cactus poussent entre les résidences secondaires des cariocas bohèmes (carte postale n°3). Les gens se déplacent à vélo, il y a plein d’enfants (pourquoi ??), les rues sont calmes, c’est vraiment chouette, surtout hors saison j’imagine.
En revanche, l’hébergement manque cruellement pour les backpackers comme moi : l’unique « hostel » se révèle être une maison un peu crassou tenue par un Carioca bourru qui sort rarement de sa chambre. A part un couple d’allemands, j’ai l’impression d’être la seule touriste du coin. J’essaie de faire du body board avant de me faire rabrouer par les surfeurs : « non, il y a trop de courant, tu ne peux pas en faire ici… où, alors ? Aujourd’hui, non, c’est trop dangereux… » ok. Bon, ben, je vous regarde alors ; les gars.
Enfin, c’est bien joli mais la plage toute seule, ça commence à me peser un peu, du coup back to Rio où j’y suis depuis une dizaine de jours.

Puis je me permettre de cracher dans la soupe ? Je ne suis pas fan de Rio. Ce n’est pas ma ville. C’est gigantesque. Tu passes des heures et des heures dans les transports qui, de plus coûtent un bras. Tout coûte d’ailleurs un bras. Du coup, j’ai l’impression de passer mes jours à payer des transports pour t’amènent en 2h à un endroit où tu vas payer ta caipi 10 reais. Et en plus, il y a trop de gringos, surtout à Vidigal. J’ai passé 3 semaines de voyage sans parler un mot de français et maintenant, je parle français ou « portugais-for-gringoes » tout le temps. Voilà, c’était ma minute snob. Mais sinon, c’est bien. Je m’adonne à mon programme préféré : plage et caopeira. J’ai un super groupe avec Mestre Ferradura, un des piliers du Movimento Novo de capoeira angola, qui prône les rodas de rue, la non prise de tête et une manière moins académique d’enseigner la capoeira. Bref, j’adore.
Aujourd’hui, je clos aussi un cycle qui est celui de mon voyage toute seule, puisque Romain arrive et je suis bien contente. Je ne regrette pas un seul moment d’avoir fait ce choix, j’ai adoré voyager complètement librement. Je ne me suis jamais sentie en danger ni, a vrai dire, jamais complètement seule puisque tu rencontres très vite des gens. A part sur la fin où, à Buzios et Saquarema, je me suis quand même un peu fait chier… J’ai aimé et je pense que c’est en partie ainsi que tu peux approcher le « vrai Brésil » et non en meute touristique.

Quoi qu’il en soit, à présent commence la phase :  « Brésil-famille » pour un bon mois à Rio et Porto Alegre ! 

1 commentaire:

Guide de voyages a dit…

Merci de nous faire partager toutes tes aventures au Brésil, ton blog est vraiment enrichissant. Je vais bientôt partir au Brésil et je sillonne la toile pour voir ce qu'il y a à faire et surtout ce qu'il ne faut pas manquer ! :)