mercredi 25 juin 2014

Copa - Salvador

Pour une fois, je vais essayer de faire un article dans les temps. Hé oui coco, aujourd hui c est la rapidité de l information qui prime, on passe d un scoop a l autre, si t es en retard t es foutu.
Je vais donc bien sur vous parler de Coupe du Monde. Que de choses a dire! Je serai donc surement un peu brouillonne et pas tres organisée, en plus le rythme est un peu crevant...
Situons le contexte. Nous sommes dans une ville hôte, Salvador. Nous avons reçu plusieurs équipes phares, les Pays Bas, la France, l Allemagne... Pour notre part, nous ne sommes allés a aucun match, pour des raisons financières aussi bien qu éthiques (Romain: "- Je ne mettrai pas les pieds dans un stade, je ne donnerai pas un sou a la FIFA". "- On achète des paquets de vignettes Paninni?" hahaha) Toutefois, nous les suivons a la TV dans les bars, ce que je considere comme un bon pretexte pour boire des bieres et discuter.
La Coupe du Monde a commencé bizarrement. Ces protestations qui continuaient, cette impression de semi-desorganisation, ces images "coupées" par la télé qui circulent sur Facebook, ce match baclé du Brésil... On sentait que ce n était pas la grosse fête et la pure folie chez les Brésiliens. Ce qu on peut comprendre.
Après, on commence a se prendre au jeu. Les matches sont beaux a voir, il y a du but, le Tiers Monde écrase le Premier, et en plus les Brésiliens sont pour les mêmes équipes que moi (generalement, les Noirs, les Sud Americains, les forts, les Français). Du coup, on a un peu envie de ronchonner et de dire que c est pourri mais on ne peut pas s empecher de se prendre au jeu et de suivre cette satanee coupe.
Faisons de petites études de cas:
Cas n 1: il y a un match a Salvador. Les gens s arretent de travailler (même les cours de capoeira...), la ville est bloquée, les rues sont envahies d étrangers bourrés, a toute heure du jour et de la nuit, étrangement déguisés aux couleurs de leur pays. Pour ça, il faut dire que les Hollandais sont sacrément balèzes. Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du pays. Helicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. Sauf les Français qui avaient l air d avoir perdu tellement ils sont pas funky. Avec Laurene on s était dit, chic, on va pouvoir crier dans la rue et chanter la Marseillaise a plein poumons, et faire cocorico toute la nuit avec nos compatriotes, hé bé que dalle. Déja, on s est perdues, et puis personne ne chantait cocorico. Sauf les Suisses qui étaient bourrés. Bon, au milieu de la nuit ils ont commencé a se derider un peu, caipirinha aidant, mais c etait un peu timide.
Cas n 2: il y a un match du Bresil. Les gens arrêtent de travailler (faut pas deconner, y a match!), la ville s arrête. Les bars sont envahis de brésiliens et de gringos habillés en jaune, vert, bleu. Les femmes sortent leur plus belle manucure aux couleurs du drapeau (d un gout exquis). Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du Brésil. Le groupe de percus Olodum joue sur la place du Pelourinho avant la retransmission du match sur écran géant. Hélicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. La foule est énorme, les vendeurs de biere et les pickpockets travaillent activement.
De notre côté, nous travaillons pas mal. L hostel est full (ouais, je suis bilingual), le bar tourne a plein régime. La, j ai enchainé une nuit au bar - un morning shift (petit dej et tout, debut a 7h) - une nuit au bar - un morning shift, avec des nuits de 5h. Avec des petits siestons entre 2 quand même. En ce moment ça commence a se calmer puisque le match Bosnie Iran, aujourd hui a Salvador, est le match qui a ramené le moins de touristes de l histoire de la Coupe du monde (les stats ne sont pas de la FIFA, elles sont de moi, mais ne sont pas loin de la realité je pense). Jusqu au prochain 8eme de finale. Mais en ce moment, c est aussi la Sao Joao, alors il y a des concerts de forro a peu près partout, toute la soirée. Les gens mangent du mais et boivent de la liquer de caja (miam) ou de genipapo, et ils sont deguisés en paysans (hé oui). Du coup, le soir c est assez animé et du coup c est pas facile de se reposer quand un accordéon joue "Asa branca" pour la 4ème fois sous ta fenêtre. En vrai, ça ne me dérange pas, mais faut bien raler un peu.  
Nous regardons donc les matchs generalement dans le bistrot en bas de chez nous qui comprend: chaises en plastique - pavés - rue penchée - verre de cachaça a 1 real (1,5 pour les gringos) - télé bien sur - camés et alcoolos du coin - gringos - bière - petits malins qui tirent des pétards - chiens - etc. Tout cela est donc un joyeux bordel, les gens tombent, cassent les bouteilles, tout le monde prend un petit bout de trottoir pour voir le match. Nos copains alccoliques adorent commenter les matchs et faire leurs petites analyses. Parfois, leurs remarques sont vraiment fines et ils font preuve d une culture etonnante. Quel pilier de comptoir, em France, saurait comment s appelle l hymne brésilien? Et le nom du président? Et que la mere d Hitler n etait pas allemande (pourquoi on a parlé de ça? bonne question) Je vous jure, on a parfois des discussions geopolitiques plus intéressantes qu avec mes petits ex collègues de Sciences Po. Ils sont aussi desabusés contre le Brésil et soutiennent parfois les équipes adverses. Les brésiliens ont beau être tres chauvins, ils sont quand meme tres critiques sur la corruption, la politique, et qu on ne fait rien pour les pauvres. Du coup, vous imaginez bien que c est dur de suivre les matchs dans ces conditions. Mais moi j aime bien!
Voilà, vous aurez peut etre droit a un article "part 2" parce que je pense que j ai oublié de raconter plein de trucs. Et ce n est pas fini en plus. Mais je voulais pour une fois faire du "live blogging"!
A plus;

mercredi 11 juin 2014

Pelô, boulot, forro

Je suis très contente de mon titre, je tiens a le souligner.
Pour les non initiés:
pelô = pelourinho, la vieille ville de Salvador, là ou je me trouve en ce moment. Donc non maman, je ne suis pas au bord de la mer mais dans un endroit qui ressemble au Vieux Nice selon ma copine Lisa. Ce qui nest pas faux, mais avec encore plus de cafards et plus de Noirs (fort heureusement -pour les noirs).
Forro = une danse brésilienne qui se danse à 2, collés, avec de la musique un peu style bal musette. J adore, Romain déteste, hihihi.
Et boulot, eh ben c est boulot quoi. On a plusieurs taches, ce qui permet de varier les plaisirs, ce qui est plutôt cool. On fait des "shifts" à la reception l apres midi ou la nuit, on fait (enfin, je fais, apparemment c est un truc de gonzesse) le ménage, et on sert au bar de l hostel. Là, par exemple, je suis au shift de nuit, du coup je dois attendre que tout le monde rentre pour pouvoir pioncer. Generalement, c est pas avant 2-3h du mat. Hier, j etais au bar, et c etait un peu mon baptême du feu puisque le mardi soir ici c est la plus grosse nuit (va savoir pourquoi, ma boss pense que c est parce qu ils bossent tellement pas beaucoup qu ils peuvent se permettre de se mettre une cuite en pleine semaine...). Il y a un gros concert juste a coté et a la fin du concert tout le monde se rue dans le bar et te demande des bieres ou de la caipirinha. Et la caipi, c est long à faire, tu dois casser des glaçons et ça fait mal a la main. Mais du coup, attendez vous à ce que quand je reviens (si je reviens, héhé) je sois une pro de la caipi  :D
Bref, du coup c est assez chouette et en plus on est trop les chouchous parce qu on bosse trop bien. Romain est bien utile en tant que Cool Tools, ce qui consiste à reparer des trucs avec des bouts de ficelle et de la colle. Jusqu a il y a quelques jours on avait une bonne équipe de volontaires, principalement américains, mais vraiment sympas. On faisait pas mal de trucs, plages, diners, sorties, ensemble. A present une partie d entre eux est partie, et avec la Coupe du monde qui arrive ca rend les choses un peu busy. Mais bon, ca va ca vient, c est le principe de l hostel. On a aussi une femme de ménage qui est le cliché de la bahianaise au boulot: elle ne fait rien. Elle passe son temps sur Facebook ou au téléphone, et elle s active un peu quand la boss est dans le coin. Du coup, elle fait un boulot que tu peux faire en 3 heures, en 7 heures. Mais faut pas trop en faire, ici.
Les gens qu on accueille sont essentiellement des étrangers. Ils sont dans l ensemble assez cool, comme tous les backpackers. Mais ils ont une vision assez 'mercantile' du voyage: ils veulent 'faire' un pays un peu, j ai l impression, pour pouvoir le cocher sur une liste ou pour pouvoir dire a leurs copains: 'j ai fait le Brésil'. Mais la majorité ne prennent pas le temps d apprehender vraiment le pays dans lequel ils sont, et certains ne semblent meme pas en avoir envie, et sont très bien dans leur hostel de gringos. C est mon moment snob du blog, mais parfois je me dis, c est vraiment dommage s ils savaient tout ce qu ils ratent en restant regarder un film ricain devant la télé de l hostel plutôt que de sortir et de faire la fête avec les gens...
MAS ENFIM, comme on dit ici, c est pas mes oignons. Mais bon, la fête, c est quand même assez facile a faire ici, meme quand t as pas de thunes et que tu parles pas la langue. Il faut juste sortir dans la rue, rien dans les poches, et aller dans un des nombreux largos (places) du Pelourinho qui jouent de la musique live, gratuite, presque tous les soirs. C est ce qu on fait relativement assez souvent. Ou on (enfin, je) danse la samba dans des bars.
Le reste du temps, ça varie pas trop: c est (tous en choeur): PLAGE et, et quoi? CAPOEIRA! Oui, vous commencez a connaitre ma vie ici.
On s entraine avec une autre pointure de la capoeira angola qui est Mestre Valmir, qui nous fait bien transpirer. Il est vraiment bon et nous répète tous les jours que la capoeira, c est l attitude, et qu il faut sourire et etre detendu quand tu joues. Lui, il a toujours un gros smile quand il joue, ce qui est vraiment classe. Par contre  malheureusement ses eleves doivent pas très bien comprendre le message puisque certains d entre eux, les etrangers surtout, sont un peu des machines de guerre et qu ils jouent de la capoeira comme s ils repondaient a un problème de maths: scientifiquement. Or la capoeira ce n est pas ça, et il faut en jouer avec son coeur. C est beau hein?
Sur ce, je vous laisse sur ces divagations capoeiristiques.

La prochaine fois, je vous raconterai la Coupe du Monde. Ca risque d etre dingue.

lundi 2 juin 2014

Road trip vers Bahia

Je cherchais quelque chose de drôle ou d original pour raconter ces dernières semaines...
Je trouve pas, donc je vais bêtement raconter ma vie :)
Nous en etions donc restés a Florianopolis, qui est l un des meilleurs endroits du Brésil selon moi.
Imaginez: une ville moyenne sur une grande ile avec plein de petits villages, un lac au milieu, des petites montagnes et plein de vert au milieu.
Dans les petits villages, des maisons colorées, des bateaux, du bleu mer, du jaune sable, du vert arbre.
Et des gens tran-quilles!!! Plein de jeunes, les enfants voyagent tout seuls en bus, des surfeurs, des hippies, des gens normaux...
Oui, parce qu en plus d etre belle, l ile est un spot de surf renommé ET la capitale de la crevette. Deux atouts majeurs a mes yeux.
Bref, nous en profitons pour faire de grosses marches et pour nous baigner. Nous retrouvons la douceur du climat -aprés un bref automne a Porto Alegre- Les treks offrent de superbes vues sur la mer, le lac...
Pour continuer avec mes comparaisons regionales a 2 balles, ca ressemble à la Bretagne en plus ensoleillé :)
Nous y restons 3 petits jours mais avec encore une envie d y retourner. Mais la Bahia nous attend.

On passe rapide à Sao Paulo, puis une nuit à Vitoria. Je retrouve mes copains de l hostel avec plaisir. Les gens y sont vraiment cool. On y a posé la slackline sur la plage (entre 2 cocotiers, les pieds dans le sable avec une agua de coco a la main... dur) et les gens s arrêtent pour discuter. Comme pour la capoeira, très bon facteur de rencontres! Et les gens hallucinent qu on vienne de France. C est vrai qu il y a peu de touristes. Nous reprenons la route pour un petit "24 heures du bus" (hu hu hu) jusqu a Salvador. Sur le chemin, la pauvreté me frappe. Ce sont vraiment de petites cahutes ou vivent des gens dépenaillés. Pourtant, on avait déja fait ce chemin... Est ce parce qu on vient du Sud riche et que nous n avions plus été habitués a la pauvreté?

Quoi qu il en soit: on arrive a Salvador. Notre future boss nous recoit à l hostel. Elle est blonde, musclée, capoeiriste et a été mariée huit ans à un brésilien: non, ce n est pas Chiclete! Elle s appelle Leigh et elle est americaine. Elle parle portugais comme une vache yankee du coup nous entrons dans la phase 'anglophone' du voyage, apres la phase lusophone et la phase francophone. En effet, nous parlons anglais avec elle, avec les autres volontaires et avec la majeure partie des clients de l hostel. Du coup, elle nous embauche parce qu on est des mecs cools et qu on parle 3 langues. Enfin, embauche est un bien grand mot puisque nous ne sommes pas payés, on a juste le droit de dormir et de se péter le bide au petit déj -et de laver nos fringues à l oeil. En echange, on travaille 7h par jour, 4 fois par jour. Ce n est pas tres eprouvant: par exemple, à l heure ou j ecris, je suis en train de travailler héhé... Réception, checkin, réservations, machines à laver, un peu de nettoyage...

Du coup, on profite de nos derniers jours de "vacances" pour partir quelques jours en camping vers le nord de la Bahia, à Diogo. On est dans un camping tenue par une meuf un peu hippie, un peu lesbienne, un peu foldingue. Mais sympa au demeurant. On est les seuls touristes dans le bled. Les bonnes choses: une super plage, un chemin de dunes pour y arriver, la mer tiède, une pure moqueca de crabe, notre nouvelle tente. Les mauvaises choses: le retour de mes amis les moustiques, le sol dur de la tente, la pluie PUIS les coups de soleil (on ne se moque pas).

Voilà, je laisse pour un autre jour ma vie à Salvador, j ai un peu rattrapé mon retard de blog mais faut pas déconner! je ne vais pas étre a l heure non plus, on est dans la Bahia!