mercredi 23 juillet 2014

Quelques nouvelles

Ceci n est pas un post de blog, ce serait plutôt un mail de nouvelles aux amis et a la famille, mais la flemme de faire le tri et de retrouver les adresses mail de chacun, ce sera donc un mail public.
Aux inconnus qui se retrouvent sur ce blog car ils ont tapé "les grosses fesses des brésiliennes" sur Google, salut, ce que vous cherchez n est pas ici (sans deconner, mon article d il y a 5 ans sur le culte des fesses fait l objet du plus grand nombre de visites, ce qui montre le nombre d obsédés sur la toile)
La vie a Bahia reprend donc son cours tranquille.
Nous avons profité du vide post match a Salvador pour passer quelques jours a Boipeba. Nous y avons vu les matchs où plus personne ne croyait dans le Brésil pour la petite finale et ou le bar se divisait entre pro allemands (je ne soutiendrai jamais les argentins et de toute façon c est les allemands les plus forts) et pro argentins (c est les hermanos, il faut ramener la coupe en Amérique du Sud et même si on les aime pas ils sont plus proches de nous). Mais tout ca sans grand enthousiasme. ..
Boipeba entre elle dans la petite finale de nos plages préférées avec Ilha Grande et Floripa. C est une ile bien tranquille, moins touristique que sa voisine morro de sao paulo. Nous avions trouvé un camping bien tranquille les pieds dans l eau (littéralement) qui donne envie de tout plaquer et de  s installer avec le petit rasta qui le tient, et de passer le restant de ses jours a faire des caipis. Je rigole, Romain. Et puis je vais rentrer en France, toute facon. Peut être.  Toujours est il qu il est bon de sortir du pelourinho et de retrouver des gens simples, calmes, avec plein de gosses qui courent partout. De se coucher a 20h  parce qu il n y a pluq grand chose a faire apres et se lever avec le soleil. Ou la pluie, parce que quand même c est l hiver et il pleut. Et c est vraiment beau, avec des plages de sable fin, des cocotiers et tout le tintouin.
Pas mal donc, Boipeba.
une fois rentrés nous découvrons qu une nouvelle race de touristes a remplacé les touristes Coupe du Monde: LE TOURISTE FRANCAIS! En ce moment l hostel en est plein. Eh ben je trouve ca assez cool. Généralement les touristes français,  même s ils ralent, font quand même plus d efforts pour parler portugais, connaître la culture et se balader dans les coins "typiques" d après une expression chère a ma maman.
Et en plus, j ai lancé un grand appel dans l hostel pour récupérer les livres que les gens auraient fini puisque j ai fini tous mes autres bouquins: ca marche, et c est vraiment cool, les gens m expliquant la petite histoire du livre, pourquoi ils l ont aimé et pourquoi ils me le laissent. C est chouette.
En revanche je travaille pas mal au bar en ce moment et ce ne sont pas les meilleurs clients: les français essaient de négocier , les bresiliens sont toujours réglo,  les anglais et les allemands laissent des tips :) D ailleurs, un allemand m a dit qu ils avaient une tradition de ne jamais boire tout seuls, et que s ils étaient tous seuls, ils invitaient la serveuse.  Du coup il était choque que je refuse de boire des coups avec lui, si bien que j ai fini par accepter. Le client est roi n est ce pas?
Voilà voila les petites nouvelles de la Bahia!

mercredi 9 juillet 2014

Brésil - La fête est finie

Bon. Il est toujours facile de dire après coup, "je le savais", "toute façon, je vous l avais dit", mais n empêche, j avais comme un mauvais pressentiment.
Hier matin, le 8 juillet donc avant le match du Brésil, il régnait dans le Pelourinho un petit air de lendemain de fête avant l heure. Les gens démontaient les baraques qui vendent de la caipirinha et des brochettes toutes les nuits depuis 1 mois, il y avait une petite drache bien de chez nous (c est l hiver, je vous rappelle).
Ce mois ci a vu a Salvador s enchainer les évènements: deja qu ici c est la fête mais là c était tous les jours. Les matchs du Bresil, les matchs à Salvador, les fêtes de juin (Sao João, Santo Antonio, São Pedro), l indépendance de la Bahia (le 2 juillet, grande fête), tout était pretexte a défiler dans les rues, a fermer les magasins et a boire des bières.
Mais là, on sentait la fin. Plus de festivités en vue. Plus de match a Salvador. Pour notre part, plus un vlient a l hostel (le dernier était parti à 4h du matin, réveillé par mes soins, et vomissant dans les toilettes avant de monter dans le taxi... hahaha)
Du coup, j ai dit a Romain que je le sentais mal, pour cet après midi.
Un peu plus tard, on retrouve une amie française et son copain brésilien qui voudrait que le Brésil perde pour ne pas oublier les problèmes sociaux. On a retrouvé ce discours très intéressant dans plusieurs bouches, j y reviendrai. On va voir le match au petit bar en bas de chez nous, comme d hab. Mais c était bizarre. Avant le début de match, un mec derrière nous lance des gros pétards dans la rue, c est débile et ça fait beaucoup de bruit, mais c est comme ça. Ensuite, il s embrouille avec un mec; ce mec prend une bouteille de bière, renverse son contenu sur le sol en disant un nom d orixa, un peu style mauvais sort. Puis il casse la bouteille et tente de s ouvrir les veines avec. Oui, oui. Il y a un peu des dingues dans ma rue. Bref, les gens le font partir, il va divaguer ailleurs. Le match commence, difficile de se concentrer.
1er but. Ok, ils sont balezes. Personne ne dit rien dans la rue et dans la montée du Pelourinho a côté, ou il y a des centaines de personnes qui regardent le match sur écran géant. Et là, l avalanche de buts commence. C est trop étrange, on croirait a une mauvais blague. Comme dirait je ne sais plus qui, on ne sait plus si c est un nouveau but ou si c est le replay de l ancien but. De toute façon, "ja foi", c est mort, le Bresil ne peut plus remonter, c est la fessée...
A la mi temps, normalement il y a toujours Olodum, un groupe de percussions, qui joue dans la montée du Pelô pour chauffer la foule et soutenir l équipe. Eh ben là, ils n ont même pas joué. Nous partons dans l hostel pour regarder la 2eme mi temps un peu plus au calme, au cas ou les choses dégenèreraient.
Et là, l homme qui a la plus mauvais foi du monde apparait, il s appelle Acaiah. Acaiah, c est le barman de l hostel avec qui je travaille de temps en temps. C est le mec du coin, qui a toujours raison sur tout et qui a une théorie sur le coupage de citrons ou le comptage des bières. Grande gueule, coupe afro, pseudo capoeiriste, semi beau gosse. Ma copine Mathilde l appelle "le Patrick Sebastien du Pelourinho" parce qu il est toujours moi je moi je... Et toi, femme, gringa, et pas interessante parce que en couple, tu ne peux pas émettre une suggestion intéressante, bien sur. Bon, c est caricatural, il est quand meme sympa et il connait des choses en vrai que je ne connais pas, mais il m a gonflé.
Laurene, Alex, Romain, vous vous rappelez, pendant qu on regardait le match de la France, il est passé en disant que toute façon la France allait perdre et que la plus grande équipe de ce championnat était le Brésil. Quand je me suis moquée de lui parce qu ils n avaient pas réussi a battre le Mexique, j avais eu forcement tort. Hé bien la, il vient, grand sourire, en disant "vous avez vu, je vous l avais dit que le Brésil allait perdre, toute façon j étais pour l Allemagne. Et puis je porte le tshirt du Brésil parce que je l aime bien mais je ne les soutiens pas." Mouahahahahahah. La mauvaise foi incarnée. "ils seront prêts en 2018". Ok mec, mais la, dans ton pays, se prendre une telle raclée, ça doit faire un petit peu mal quand même, vu tout le fric dépensé.
Enfin, le match se termine (Acaiah "savait" bien sur qu ils allaient mettre 7 buts), tout le monde est sonné, dépité, a un peu honte.
Avec Romain, nous travaillons au bar de l hostel. Normalement, le mardi soir est la nuit la plus agitée au Pelô: il y a un gros concert gratuit juste a côté et ça n arrete pas au bar. La, le concert n a pas lieu et nous pouvons faire une petite partie de Yam entre 2 clients qui n en reviennent pas de ce qui s est passé. On a du faire 10 caipis et 1 real de pourboire. nul.
Donc voilà, le Brésil c est fini (enfin, pour le football) et c est pas plus mal comme ça. Même si le fait le chanter l hymne en yaourt ("lalalala a liberdade!") va me manquer et que j aurais aimé les voir arriver en finale, c est pas plus mal comme ça.
Parce que beaucoup disent ici que si le Brésil avait gagné, tous les problemes dont on a parlé avant la Coupe auraient été oubliés et qu on aurait continué comme avant. L "avantage" de la Coupe est qu elle a fait ressurgir toutes les inégalités et les injustices de ce pays qui commence a en avoir marre. Comme disent mes copains du bar, le Brésil est riche mais le peuple est pauvre. Je ne sais pas si c est parce que l on cotoyait plus de gens "alternatifs", que dans la Bahia c est différent ou que c est vraiment comme ça dans tout le Brésil, mais de nombreuses personnes ne soutenaient pas le Brésil les yeux fermés. Ils sont nombreux à critiquer ce pays qu ils adorent pourtant, et pour certains cela fait mal de ne pas pouvoir regarder les matchs avec plaisir, parce qu ils aiment le foot mais ils savent toute la pourriture qu il y a derrière. Même si les critiques ont ont peu diminué ces dernieres semaines (et que la television ne passait litteralement QUE du foot), je pense que cette défaite va permettre de remettre les affaires sur le tapis et que les Brésiliens ne vont pas s endormir sur leur victoire.
Comme dirait mon prof de capoeira aujourd'hui, "é a seleção brasileira que perdeu, não é a gente", c est la ´selection bresilienne qui a perdu, c est pas nous, alors continuez à sourire, à vous battre et à aller de l avant, et montrez qu on peut se réunir et être ensemble pour autre chose que le foot!