Alors voilà, j aimerais faire une spéciale dédicace pour ce dernier article: à Mathieu, hôte qui ne lira probablement jamais ce blog mais a qui je dois des heures délicieuses avec la lecture des oeuvres complètes de Nicolas Bouvier, pavé qu il m a laissé pour alléger son sac. Qu il soit béni, j ai tellement apprécié ce lire les récits de cet écrivain - voyageur qui a le sens du mot... parfois je levais la tête du bouquin et je me disais ha, c est trop beau, j aimerais savoir écrire comme lui..,
Enfin bref, je voulais parler non pas de mon sujet de prédilection, les brésiliens, pour mon dernier article, mais plutôt des voyageurs.
J en ai vu passer un paquet et c est plutôt classe. Je ne parle pas des touristes mais réellement des voyageurs, ceux qui ne "font" pas un pays mais qui le vivent. Et qui ont chopé le virus et qui ne savent pas quand ils vont rentrer ni où ils vont poser leurs valises. Et qui savent plus ou moins d ou ils viennent mais finalement ca n a pas plus d importance, ce qui est important c est ou ils sont, et ce qu ils vivent. Ceux la sont beaux et, s ils ne sont pas trop blasés, sont des gens super. Je les admire pas mal, enfin oui et non: j aurais aimé faire le tour du monde et découvrir plein de choses, et plein de gens, et faire comme dans la pub du loto, faire tourner la mappemonde pour connaitre notre prichaine destination. Mais le Brésil, enfin la Bahia, m a pris entre ses griffes et jusqu'à présent, si j ai l occasion de partir quelque part, c est ici. Disons que j ai trouvé ma 2eme patrie. J avais fait ce 2eme voyage comme une sorte de vaccin en me disant c est bon, tu auras ta dose et tu ne voudras plus y retourner, tu parles, ca ne marche pas aussi facilement que ca, cocotte. Enfin, pour l instant tu vas gentiment retourner en France.
Et puis aussi une spéciale dédicace à nous, bande de jeunes: c est pas pour rien qu on dit auberge de jeunesse: on voit passer en effet la jeunesse du monde entier et moi je vous dis qu elle est belle. Elle est belle parce qu elle est comme le Brésil, métissée. J ai vu des anglais philippins, des new yorkais indiens, des français turcs, des israéliens japonais, des allemands portugais. Et sans parler de tous les afro - américains, des africains tout court, des antillais, des blacks européens qui sont ici, a Salvador, retrouver leurs "cousins" issus de la même terre et qui leur ressemblent, et un peu de leur histoire commune. Ici, ils ne sont pas noirs, ou chinetoques, ou pakis, ils sont en dehors de leur pays et ils le représentent dans toute sa diversité, et se disent donc avant tout originaires du pays où ils ont grandi. Et tout le monde est bien dans sa peau, et on est bien loin de l odeur nauséabonde des marécages bleu Marine français... Et oui, n en déplaise à certains, c est dans cette jeunesse là que se trouve l avenir et les solutions pour demain. Ils sont dynamiques, ces bandes de jeunes, et leur histoire, leurs métissages, leur ouverture sur le monde grace a leurs voyages, va leur faire ouvrir les yeux et on ne pourra plus revenir en arrière. Je suis peut être optimiste et il le faut, mais c est grâce a cette jeunesse que les conflits mondiaux seront peut être du passé.
En tout cas, quoi qu il en soit, même si ça ne va pas régler tous les problèmes, voyagez, mélangez vous, n ayez pas peur de l autre, bande de jeunes, vous n en serez que plus riches!
mardi 30 septembre 2014
Adeus, povo bom
Listes 2
5 choses qui m énervent chez les brésiliens:
- la manie qu ils ont de vouloir parler espagnol aux gringos alors qu ils ne savent pas le parler. Les gars, ce n est pas en disant "la" au lieu de "a" qu on parle espagnol! L autre jour, une dame me demande de prendre une photo d elle avec son appareil. Elle me parle pendant 5 minutes en portugais puis elle a du remarquer ma tête de gringa et continue donc en mauvais portugnol "de donde vem"? Merci pour l effort, madame, mais je préférais quand tu parlais portugais..
- Justement, cette manie de se prendre en photo partout, tout le temps, en mode selfie, a 2, en groupe..
- dans les magasins style un peu bio, naturel, graines germées etc, tu vas toujours trouver des produits qui n ont rien a voir avec le délire: style, des gaufrettes industrielles ou des bonbons a la menthe. Mais le pire, c est qu ils vendent tous des compléments alimentaires style "ultra protéine" pour avoir plus de muscles alors que c est complètement anti naturel, mauvais pour la santé et inutile si tu as un régime équilibré et que tu fais du sport. S il vous plaît, les gens sont déjà assez incultes en matière nutritionnelle, si vous leur vendez de l ultra protéine en faisant passer ca pour un produit bio, on va pas s en sortir...
- quand mr le metteur-de-courses-dans-les-sacs-plastiques au magasin te met qu un article dans un sac qui pourrait en contenir 10 et qui ne comprend pas quand tu lui dis gentiment qu il peut n utiliser qu un sac;
- quand tu es une fille, et que tu es avec un mec, les gens dans la rue vont s adresser systématiquement au mec. Parfois ca a ses bons côtés parce que ça permet d esquiver les mendiants, parfois tu as envie de crier: youhou! Ce n est pas parce que je suis une fille que je n ai aucune conversation et ce n est pas parce que tu vas me parler que mon mec va te casser la gueule! Mais c est généralement comme ca: le côté social grande gueule est réservé aux mecs, pour les filles c est plutôt sois belle et tais toi..
5 choses qui montrent que je suis du quartier (ou presque):
- même quand je ne suis pas habillée en capoeiriste, le voisin me crie "eeeehh capoeiiiiraaa" de sa fenêtre quand je passe (mais croit toujours que je suis hollandaise);
- après être allée un paquet de fois a sa roda, mestre boca rica ne me dit plus en me voyant "ah et tu viens d ou? De France? Il y a beaucoup de français ici!" Du coup, je pense qu il me reconnait :)
- sur le chemin de l hostel a la capoeira, je dis bonjour a une dizaine de personnes que je connais. Et non, Romain, tous ne veulent pas me choper;
- je connais le prix exact de la boite de pois chiches chez l épicier et celui ci me fait la conversation quand je passe a la caisse. Et je sais où trouver l agua de coco la moins chère de tout le pelourinho;
- les petits vendeurs de souvenirs qui harcèlent les touristes me laissent tranquille quand je passe a côté d eux. Et ca c est vraiment appreciable..
Post scriptum:
Une chose de plus qui va me faire de la saudade:
- le partage systématique de la nourriture entre les personnes présentes. déjà les plats sont généralement pour 2 (pour une analyse socio gastronomique plus approfondie, lire le blog de Laurène, toutmanger.wordpress.fr ) , mais en plus une personne ne va jamais manger (ou boire) quelque chose devant toi sans t en proposer. Une caipirinha se fait souvent dans un grand verre que tout le monde partage. L autre jour, j étais au troquet (encore! Diront certains) et une fille vraisemblablement pauvre (peut etre prostituée) achète un paquet de mms. Elle en a proposé a tous les gens du bar alors qu elle ne les connaissait visiblement pas. prenons exemple, les gars.