Après Sao Luis, nous avions encore quelques jours avant le Forum Social Mondial; nous sommes donc allés sur la petite île d'Algodoal, et ce fut, ma foi, un fort bon choix.
Elle n'est pas très connue des touristes, seuls les Bélemois la prennent d'assaut pendant les jours fériés. Le reste du temps, elle est déserte et retrouve son calme et sa langueur tropicale.
Nous prenons le petit bateau qui va du continent à l'île (au passage, quelques dauphins nous saluent...) et sur la plage, des carrioles à cheval attendent les passagers. Pas de voiture sur l'île, l'électricité est arrivée il y a peu, un vrai bonheur. Des rues en terre, des chiens errants, des enfants qui jouent au futebol.
Nous rencontrons sur la plage Raoni, un jeune qui aide sa tante à la pousada pendant les vacances. Lui vient d'une communauté dans le centre de l'Etat du Para, et il préfère travailler ici, face à la plage, que de se bourrer la gueule et fumer des joints toute la journée avec ses amis dans son village. Où, apparemment, il n'y a pas grand chose à faire. C'est vrai qu'ici, en-dehors des endroits touristiques, la vie doit être vraiment dure et les seules "distractions" sont les drogues occidentales qui les pourrissent.
Enfin, nous parlons pas mal avec lui, et il nous propose de faire le tour de l'île avec lui le lendemain, grosse balade de 16km.
On commence par le port, où un petit vieux nous emmène sur sa barque pour traverser la mangrove. L'eau est calme, les arbres commencent à nous entourer et à former un tunnel au-dessus de l'eau, on aperçoit un ibis rouge et l'on sent que ça grouille de vie, dans l'eau et dans les arbres.
Nous arrivons sur une terre sableuse, à la végétation assez "méditerranéenne", où l'on commence notre balade. On ne rencontre personne sur tout le chemin, à part quelques cahutes et la seule moto de l'île (qui sert à réparer l'électricité). Après plusieurs heures de marche, on arrive dans un village au bout de l'île, d'une tranquilité étonnante. On arrive avec Raoni, on va voir ses potes qui tendent à Romain un énorme buzz en lui disant "roule le, francês!" Après un des amis monte sur un cocotier et nous tend des noix de coco fraichement cueillies. On boit leur jus en regardant la mer, la mangrove et le mouvement des cocotiers. On s'arrête dans un petit restaurant où le patron nous offre le café et un plat de crevettes fraichement pêchées du matin. Délice...
On reprend tranquillement notre route, et l'on attaque la partie "plage". C'est-à-dire, une étendue de sable blanc de centaines de mètres de large, avec la mer au loin à marée basse. Là encore on ne croise qu'au plus 5 personnes; du sable blanc à perte de vue, on a l'impression d'etre dans le désert alors qu'on est aux portes de l'Amazonie. La dernière partie est vraiment magnifique, avec de vraies dunes et quelques buissons éparpillés, et l'on arrive à la Praia da Princesa, quelques cahutes-restaurants sur la plage. On mange un petit repas à base de crevettes, poisson et riz, on boit des bières, on se baigne, on se repose... Puis retour à notre petit village en prenant une barque au coucher du soleil. Les couleurs sont magnifiques.
Nous reprenons le bateau le lendemain tôt, une nouvelle fois en compagnie des dauphins.
Direction, Bélem.
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