mardi 30 septembre 2014

Adeus, povo bom

Alors voilà,  j aimerais faire une spéciale dédicace pour ce dernier article: à Mathieu, hôte qui ne lira probablement jamais ce blog mais a qui je dois des heures délicieuses avec la lecture des oeuvres complètes de Nicolas Bouvier, pavé qu il m a laissé pour alléger son sac. Qu il soit béni, j ai tellement apprécié ce lire les récits de cet écrivain - voyageur qui a le sens du mot... parfois je levais la tête du bouquin et je me disais ha, c est trop beau, j aimerais savoir écrire comme lui..,
Enfin bref, je voulais parler non pas de mon sujet de prédilection, les brésiliens,  pour mon dernier article, mais plutôt des voyageurs.
J en ai vu passer un paquet et c est plutôt classe. Je ne parle pas des touristes mais réellement des voyageurs, ceux qui ne "font" pas un pays mais qui le vivent. Et qui ont chopé le virus et qui ne savent pas quand ils vont rentrer ni où ils vont poser leurs valises. Et qui savent plus ou moins d ou ils viennent mais finalement ca n a pas plus d importance, ce qui est important c est ou ils sont, et ce qu ils vivent. Ceux la sont beaux et, s ils ne sont pas trop blasés,  sont des gens super. Je les admire pas mal, enfin oui et non: j aurais aimé faire le tour du monde et découvrir plein de choses, et plein de gens, et faire comme dans la pub du loto, faire tourner la mappemonde pour connaitre notre prichaine destination. Mais le Brésil, enfin la Bahia, m a pris entre ses griffes et jusqu'à présent, si j ai l occasion de partir quelque part, c est ici. Disons que j ai trouvé ma 2eme patrie. J avais fait ce 2eme voyage comme une sorte de vaccin en me disant c est bon, tu auras ta dose et tu ne voudras plus y retourner, tu parles, ca ne marche pas aussi facilement que ca, cocotte. Enfin, pour l instant tu vas gentiment retourner en France.
Et puis aussi une spéciale dédicace à nous, bande de jeunes: c est pas pour rien qu on dit auberge de jeunesse: on voit passer en effet la jeunesse du monde entier et moi je vous dis qu elle est belle. Elle est belle parce qu elle est comme le Brésil,  métissée. J ai vu des anglais philippins, des new yorkais indiens, des français turcs, des israéliens japonais, des allemands portugais. Et sans parler de tous les afro - américains, des africains tout court, des antillais, des blacks européens qui sont ici, a Salvador, retrouver leurs "cousins" issus de la même terre et qui leur ressemblent, et un peu de leur histoire commune. Ici, ils ne sont pas noirs, ou chinetoques, ou pakis, ils sont en dehors de leur pays et ils le représentent dans toute sa diversité, et se disent donc avant tout originaires du pays où ils ont grandi. Et tout le monde est bien dans sa peau, et on est bien loin de l odeur nauséabonde des marécages bleu Marine français...  Et oui, n en déplaise à certains, c est dans cette jeunesse là que se trouve l avenir et les solutions pour demain. Ils sont dynamiques, ces bandes de jeunes, et leur histoire, leurs métissages,  leur ouverture sur le monde grace a leurs voyages, va leur faire ouvrir les yeux et on ne pourra plus revenir en arrière.  Je suis peut être optimiste et il le faut, mais c est grâce a cette jeunesse que les conflits mondiaux seront peut être du passé.
En tout cas, quoi  qu il en soit, même si ça ne va pas régler tous les problèmes, voyagez, mélangez vous, n ayez pas peur de l autre, bande de jeunes, vous n en serez que plus riches!

Listes 2

5 choses qui m énervent chez les brésiliens:
- la manie qu ils ont de vouloir parler espagnol aux gringos alors qu ils ne savent pas le parler. Les gars, ce n est pas en disant "la" au lieu de "a" qu on parle espagnol! L autre jour, une dame me demande de prendre une photo d elle avec son appareil. Elle me parle pendant 5 minutes en portugais puis elle a du remarquer ma tête de gringa et continue donc en mauvais portugnol "de donde vem"? Merci pour l effort, madame, mais je préférais quand tu parlais portugais..
- Justement, cette manie de se prendre en photo partout, tout le temps, en mode selfie, a 2, en groupe..
- dans les magasins style un peu bio, naturel, graines germées etc, tu vas toujours trouver des produits qui n ont rien a voir avec le délire: style, des gaufrettes industrielles ou des bonbons a la menthe. Mais le pire, c est qu ils vendent tous des compléments alimentaires style "ultra protéine" pour avoir plus de muscles alors que c est complètement anti naturel, mauvais pour la santé et inutile si tu as un régime équilibré et que tu fais du sport. S il vous plaît,  les gens sont déjà assez incultes en matière nutritionnelle, si vous leur vendez de l ultra protéine en faisant passer ca pour un produit bio, on va pas s en sortir...
- quand mr le metteur-de-courses-dans-les-sacs-plastiques au magasin te met qu un article dans un sac qui pourrait en contenir 10 et qui ne comprend pas quand tu lui dis gentiment qu il peut n utiliser qu un sac;
- quand tu es une fille, et que tu es avec un mec, les gens dans la rue vont s adresser systématiquement au mec. Parfois ca a ses bons côtés parce que ça permet d esquiver les mendiants, parfois tu as envie de crier: youhou! Ce n est pas parce que je suis une fille que je n ai aucune conversation et ce n est pas parce que tu vas me parler que mon mec va te casser la gueule! Mais c est généralement comme ca: le côté social grande gueule est réservé aux mecs, pour les filles c est plutôt sois belle et tais toi..

5 choses qui montrent que je suis du quartier (ou presque):
- même quand je ne suis pas habillée en capoeiriste, le voisin me crie "eeeehh capoeiiiiraaa" de sa fenêtre quand je passe (mais croit toujours que je suis hollandaise);
- après être allée un paquet de fois a sa roda, mestre boca rica ne me dit plus en me voyant "ah et tu viens d ou? De France?  Il y a beaucoup de français ici!" Du coup, je pense qu il me reconnait :)
- sur le chemin de l hostel a la capoeira, je dis bonjour a une dizaine de personnes que je connais. Et non, Romain, tous ne veulent pas me choper;
- je connais le prix exact de la boite de pois chiches chez l épicier et celui ci me fait la conversation quand je passe a la caisse. Et je sais où trouver l agua de coco la moins chère de tout le pelourinho;
- les petits vendeurs de souvenirs qui harcèlent les touristes me laissent tranquille quand je passe a côté d eux. Et ca c est vraiment appreciable..

Post scriptum:
Une chose de plus qui va me faire de la saudade:
- le partage systématique de la nourriture entre les personnes présentes. déjà les plats sont généralement pour 2 (pour une analyse socio gastronomique plus approfondie,  lire le blog de Laurène,  toutmanger.wordpress.fr ) , mais en plus une personne ne va jamais manger (ou boire) quelque chose devant toi sans t en proposer. Une caipirinha se fait souvent dans un grand verre que tout le monde partage. L autre jour, j étais au troquet (encore! Diront certains) et une fille vraisemblablement pauvre (peut etre prostituée) achète un paquet de mms. Elle en a proposé a tous les gens du bar alors qu elle ne les connaissait visiblement pas. prenons exemple, les gars.

lundi 11 août 2014

Listes 1

J aime assez les listes, les tops et les flops, qui me permettent de structurer (un peu) ma pensée. J en ai faites quelques unes ici mais ca fait un bail alors en voici plusieurs (non exhaustives):

- avant j aimais pas, maintenant j aime
La capoeira angola. Ben oui, la première fois que j ai vu une roda, ca faisait un mois que j étais arrivée au Bresil, ca a duré 3h et je captais un beignet en portugais. Du coup je me suis ennuyée même si je pressentais la force du truc. Et puis plus tard j ai compris;
L acarajé. J ai du deja en parler ici, ce sont ces espèces de petits beignets de haricots frits a l huile de palme avec des crevettes séchées et des gombos, sortes de haricots verts gluants. Pas très sexy hein? C est en fait très bon, a itaparica j en mangeais quasi tous les jours. Depuis je me suis un peu calmée mais ca cale très bien une fringale nocturne.
Les gâteaux brésiliens.  Pareil, j ai du déjà l evoquer, je radote un peu.. les brésiliens sont fan de sucre et leurs gâteaux sont donc des montagnes de génoise,  lait concentré,  glaçage au chocolat et petits vermicelles. Cependant j ai eu aussi une période de manque de sucre au kilombo et depuis j en suis fan. Surtout qu ils utilisent plein d ingrédients inédits style farine de mais, de manioc, tapioca etc. qui sont une découverte permanente pour mes papilles européennes. Mon top reste quand même le gateau de carotte avec glaçage au chocolat, le gateau de mais au fenouil (oui c est bizarre mais c est très bon) et le prestige, sorte de kinder delice noix de coco géant. 
Le forro. C est vrai aussi qu un mec qui chante avec une voix nasillarde, accompagné d un accordéon et d un triangle,  des chansons qui sont toujours les mêmes et qu accompagnent des couples qui dansent collés,  ca fait plus bal musette ringard que samba do brasil. Mais justement, ces chansons qui sont toujours les mêmes et qui restent dans la tête et ces danses plus sophistiquées qu il n y parait font que j ai pris goût a cette musique. Heureusement, parce qu au mois de juin ici il n y avait que ca!

- je n ai jamais pu m y habituer
Les brésiliennes. Vous le savez, je n ai jamais réussi à avoir une seule amie brésilienne et le problème se perpétue encore aujourd'hui. Je ne vais pas faire de généralités mais elles sont souvent jalouses comme des poux,  plus machistes que les hommes, souvent de mauvais humeur et assez superficielles. je vais m arrêter la, j en aurais des tartines a dire...
La musique "coracao-saudade". Il s agit d une fille ou d un mec qui chante des chansons degoulinantes de mièvrerie où les mots que l on retrouve le plus souvent sont donc coeur, amour, saudade, passion.. les gars, vous avez la meilleure musique du monde, pourquoi vous (et nous) infliger ca?
N importe quel objet, mais surtout les torchons, avec des inscriptions religieuses écrites dessus, style "avec Dieu je suis plus fort". Qui a l idée d inscrire ca sur des torchons? Quel est l objectif des ces obscures personnes,  que la boniche qui essuie les verres fortifie sa foi en lisant ca toute la journée?
Le maté. C est cette espèce de thé vert amer que les gens du Sud boivent toute la journée,  en trainant partout leur thermos, leur tasse en cuir et leur paille. C est très sain, diurétique et tout, ça aurait du me plaire en tant que fan de thé,  mais je n ai pas réussi vraiment à aimer...

- choses que vous ne saviez (peut etre) pas sur le bresil
Le saviez vous?
Les enfants vont a l école soit entre 7h et 13h, soit entre 13h et 18h. Ce qui explique un peu le nombre de gosses dans les rues.
Le Brésil a un système de recyclage optimal... pour les canettes de bière.  A chaque événement son lot de ramasse canettes (femmes vieilles, enfants. .) à qui l on tend sa canette (si on a un minimum de sens humain) ou que l on balance dans le caniveau.
Salvador est la plus grande ville noire en dehors d Afrique et Sao Paulo est la plus grande ville japonaise en dehors du Japon. Ceci explique peut être que je préfère Salvador a Sao Paulo, hahaha.
La majeure partie des fringues et chaussures sont fabriquées au Brésil, et en petite quantité je pense vu le nombre de petites boutiques avec des modèles différents.  Le made in China n a pas -encore?- eu raison du nationalisme brésilien et c est une bonne chose.
Les gauchos, habitants du Rio grande do sul, portent des espadrilles.  J en ai de très belles aux couleurs de l Etat, jaune rouge vert. Oui oui, c est une chose importante a savoir.

- les choses dont je vais avoir la saudade
Ben oui, parce que je rentre fin août. Voilà. 
Se balader en havaianas toute l année. Mes pieds sauvages (mais très bien vernis) ont du mal a rentrer dans des chaussures fermées que je ne mets basiquement que pour la capoeira. 
La conception relative que les bahianais ont du travail. Ce n est pas le centre de la vie, ca permet de gagner son pain et puis c est tout. Si on ne fait pas grand chose, et qu on ne gagne pas grand chose non plus, c est pas bien grave. Et il y a d autres choses bien plus importantes dans la vie, comme réfléchir à avec qui on va prendre une bière, où on va aller voir le match, de quelle couleur on va peindre ses ongles...
La musique tout le temps, l agitation, la vie.
Plein de choses en fait mais ce serait trop long a écrire ici...

- les choses que je vais retrouver avec plaisir
Le soleil qui se couche tard, style on peut trainer au crépuscule apres 19h. Ici généralement,  et principalement en hiver dans la bahia, il fait noir avant 18h. Du coup, les soirées sont longues (surtout quand on est dans une ferme sans électricité dans le trou de l Espirito santo où j avais eu la mégarde de m y aventurer)
Sortir le dimanche matin (au marché de wazemmes ou ailleurs) l oeil endormi, acheter une baguette, des croissants, une revue et des provisions pour le midi et faire a manger en ecoutant On va déguster sur France inter;
Par extension, la bouffe française bien sur :)
Et bien sûr encore plus, Romain,  la famille, les amis, qui sont la principale raison pour laquelle je rentre alors que j aimerais rester (au moins) quelques mois de plus...

mercredi 23 juillet 2014

Quelques nouvelles

Ceci n est pas un post de blog, ce serait plutôt un mail de nouvelles aux amis et a la famille, mais la flemme de faire le tri et de retrouver les adresses mail de chacun, ce sera donc un mail public.
Aux inconnus qui se retrouvent sur ce blog car ils ont tapé "les grosses fesses des brésiliennes" sur Google, salut, ce que vous cherchez n est pas ici (sans deconner, mon article d il y a 5 ans sur le culte des fesses fait l objet du plus grand nombre de visites, ce qui montre le nombre d obsédés sur la toile)
La vie a Bahia reprend donc son cours tranquille.
Nous avons profité du vide post match a Salvador pour passer quelques jours a Boipeba. Nous y avons vu les matchs où plus personne ne croyait dans le Brésil pour la petite finale et ou le bar se divisait entre pro allemands (je ne soutiendrai jamais les argentins et de toute façon c est les allemands les plus forts) et pro argentins (c est les hermanos, il faut ramener la coupe en Amérique du Sud et même si on les aime pas ils sont plus proches de nous). Mais tout ca sans grand enthousiasme. ..
Boipeba entre elle dans la petite finale de nos plages préférées avec Ilha Grande et Floripa. C est une ile bien tranquille, moins touristique que sa voisine morro de sao paulo. Nous avions trouvé un camping bien tranquille les pieds dans l eau (littéralement) qui donne envie de tout plaquer et de  s installer avec le petit rasta qui le tient, et de passer le restant de ses jours a faire des caipis. Je rigole, Romain. Et puis je vais rentrer en France, toute facon. Peut être.  Toujours est il qu il est bon de sortir du pelourinho et de retrouver des gens simples, calmes, avec plein de gosses qui courent partout. De se coucher a 20h  parce qu il n y a pluq grand chose a faire apres et se lever avec le soleil. Ou la pluie, parce que quand même c est l hiver et il pleut. Et c est vraiment beau, avec des plages de sable fin, des cocotiers et tout le tintouin.
Pas mal donc, Boipeba.
une fois rentrés nous découvrons qu une nouvelle race de touristes a remplacé les touristes Coupe du Monde: LE TOURISTE FRANCAIS! En ce moment l hostel en est plein. Eh ben je trouve ca assez cool. Généralement les touristes français,  même s ils ralent, font quand même plus d efforts pour parler portugais, connaître la culture et se balader dans les coins "typiques" d après une expression chère a ma maman.
Et en plus, j ai lancé un grand appel dans l hostel pour récupérer les livres que les gens auraient fini puisque j ai fini tous mes autres bouquins: ca marche, et c est vraiment cool, les gens m expliquant la petite histoire du livre, pourquoi ils l ont aimé et pourquoi ils me le laissent. C est chouette.
En revanche je travaille pas mal au bar en ce moment et ce ne sont pas les meilleurs clients: les français essaient de négocier , les bresiliens sont toujours réglo,  les anglais et les allemands laissent des tips :) D ailleurs, un allemand m a dit qu ils avaient une tradition de ne jamais boire tout seuls, et que s ils étaient tous seuls, ils invitaient la serveuse.  Du coup il était choque que je refuse de boire des coups avec lui, si bien que j ai fini par accepter. Le client est roi n est ce pas?
Voilà voila les petites nouvelles de la Bahia!

mercredi 9 juillet 2014

Brésil - La fête est finie

Bon. Il est toujours facile de dire après coup, "je le savais", "toute façon, je vous l avais dit", mais n empêche, j avais comme un mauvais pressentiment.
Hier matin, le 8 juillet donc avant le match du Brésil, il régnait dans le Pelourinho un petit air de lendemain de fête avant l heure. Les gens démontaient les baraques qui vendent de la caipirinha et des brochettes toutes les nuits depuis 1 mois, il y avait une petite drache bien de chez nous (c est l hiver, je vous rappelle).
Ce mois ci a vu a Salvador s enchainer les évènements: deja qu ici c est la fête mais là c était tous les jours. Les matchs du Bresil, les matchs à Salvador, les fêtes de juin (Sao João, Santo Antonio, São Pedro), l indépendance de la Bahia (le 2 juillet, grande fête), tout était pretexte a défiler dans les rues, a fermer les magasins et a boire des bières.
Mais là, on sentait la fin. Plus de festivités en vue. Plus de match a Salvador. Pour notre part, plus un vlient a l hostel (le dernier était parti à 4h du matin, réveillé par mes soins, et vomissant dans les toilettes avant de monter dans le taxi... hahaha)
Du coup, j ai dit a Romain que je le sentais mal, pour cet après midi.
Un peu plus tard, on retrouve une amie française et son copain brésilien qui voudrait que le Brésil perde pour ne pas oublier les problèmes sociaux. On a retrouvé ce discours très intéressant dans plusieurs bouches, j y reviendrai. On va voir le match au petit bar en bas de chez nous, comme d hab. Mais c était bizarre. Avant le début de match, un mec derrière nous lance des gros pétards dans la rue, c est débile et ça fait beaucoup de bruit, mais c est comme ça. Ensuite, il s embrouille avec un mec; ce mec prend une bouteille de bière, renverse son contenu sur le sol en disant un nom d orixa, un peu style mauvais sort. Puis il casse la bouteille et tente de s ouvrir les veines avec. Oui, oui. Il y a un peu des dingues dans ma rue. Bref, les gens le font partir, il va divaguer ailleurs. Le match commence, difficile de se concentrer.
1er but. Ok, ils sont balezes. Personne ne dit rien dans la rue et dans la montée du Pelourinho a côté, ou il y a des centaines de personnes qui regardent le match sur écran géant. Et là, l avalanche de buts commence. C est trop étrange, on croirait a une mauvais blague. Comme dirait je ne sais plus qui, on ne sait plus si c est un nouveau but ou si c est le replay de l ancien but. De toute façon, "ja foi", c est mort, le Bresil ne peut plus remonter, c est la fessée...
A la mi temps, normalement il y a toujours Olodum, un groupe de percussions, qui joue dans la montée du Pelô pour chauffer la foule et soutenir l équipe. Eh ben là, ils n ont même pas joué. Nous partons dans l hostel pour regarder la 2eme mi temps un peu plus au calme, au cas ou les choses dégenèreraient.
Et là, l homme qui a la plus mauvais foi du monde apparait, il s appelle Acaiah. Acaiah, c est le barman de l hostel avec qui je travaille de temps en temps. C est le mec du coin, qui a toujours raison sur tout et qui a une théorie sur le coupage de citrons ou le comptage des bières. Grande gueule, coupe afro, pseudo capoeiriste, semi beau gosse. Ma copine Mathilde l appelle "le Patrick Sebastien du Pelourinho" parce qu il est toujours moi je moi je... Et toi, femme, gringa, et pas interessante parce que en couple, tu ne peux pas émettre une suggestion intéressante, bien sur. Bon, c est caricatural, il est quand meme sympa et il connait des choses en vrai que je ne connais pas, mais il m a gonflé.
Laurene, Alex, Romain, vous vous rappelez, pendant qu on regardait le match de la France, il est passé en disant que toute façon la France allait perdre et que la plus grande équipe de ce championnat était le Brésil. Quand je me suis moquée de lui parce qu ils n avaient pas réussi a battre le Mexique, j avais eu forcement tort. Hé bien la, il vient, grand sourire, en disant "vous avez vu, je vous l avais dit que le Brésil allait perdre, toute façon j étais pour l Allemagne. Et puis je porte le tshirt du Brésil parce que je l aime bien mais je ne les soutiens pas." Mouahahahahahah. La mauvaise foi incarnée. "ils seront prêts en 2018". Ok mec, mais la, dans ton pays, se prendre une telle raclée, ça doit faire un petit peu mal quand même, vu tout le fric dépensé.
Enfin, le match se termine (Acaiah "savait" bien sur qu ils allaient mettre 7 buts), tout le monde est sonné, dépité, a un peu honte.
Avec Romain, nous travaillons au bar de l hostel. Normalement, le mardi soir est la nuit la plus agitée au Pelô: il y a un gros concert gratuit juste a côté et ça n arrete pas au bar. La, le concert n a pas lieu et nous pouvons faire une petite partie de Yam entre 2 clients qui n en reviennent pas de ce qui s est passé. On a du faire 10 caipis et 1 real de pourboire. nul.
Donc voilà, le Brésil c est fini (enfin, pour le football) et c est pas plus mal comme ça. Même si le fait le chanter l hymne en yaourt ("lalalala a liberdade!") va me manquer et que j aurais aimé les voir arriver en finale, c est pas plus mal comme ça.
Parce que beaucoup disent ici que si le Brésil avait gagné, tous les problemes dont on a parlé avant la Coupe auraient été oubliés et qu on aurait continué comme avant. L "avantage" de la Coupe est qu elle a fait ressurgir toutes les inégalités et les injustices de ce pays qui commence a en avoir marre. Comme disent mes copains du bar, le Brésil est riche mais le peuple est pauvre. Je ne sais pas si c est parce que l on cotoyait plus de gens "alternatifs", que dans la Bahia c est différent ou que c est vraiment comme ça dans tout le Brésil, mais de nombreuses personnes ne soutenaient pas le Brésil les yeux fermés. Ils sont nombreux à critiquer ce pays qu ils adorent pourtant, et pour certains cela fait mal de ne pas pouvoir regarder les matchs avec plaisir, parce qu ils aiment le foot mais ils savent toute la pourriture qu il y a derrière. Même si les critiques ont ont peu diminué ces dernieres semaines (et que la television ne passait litteralement QUE du foot), je pense que cette défaite va permettre de remettre les affaires sur le tapis et que les Brésiliens ne vont pas s endormir sur leur victoire.
Comme dirait mon prof de capoeira aujourd'hui, "é a seleção brasileira que perdeu, não é a gente", c est la ´selection bresilienne qui a perdu, c est pas nous, alors continuez à sourire, à vous battre et à aller de l avant, et montrez qu on peut se réunir et être ensemble pour autre chose que le foot!

mercredi 25 juin 2014

Copa - Salvador

Pour une fois, je vais essayer de faire un article dans les temps. Hé oui coco, aujourd hui c est la rapidité de l information qui prime, on passe d un scoop a l autre, si t es en retard t es foutu.
Je vais donc bien sur vous parler de Coupe du Monde. Que de choses a dire! Je serai donc surement un peu brouillonne et pas tres organisée, en plus le rythme est un peu crevant...
Situons le contexte. Nous sommes dans une ville hôte, Salvador. Nous avons reçu plusieurs équipes phares, les Pays Bas, la France, l Allemagne... Pour notre part, nous ne sommes allés a aucun match, pour des raisons financières aussi bien qu éthiques (Romain: "- Je ne mettrai pas les pieds dans un stade, je ne donnerai pas un sou a la FIFA". "- On achète des paquets de vignettes Paninni?" hahaha) Toutefois, nous les suivons a la TV dans les bars, ce que je considere comme un bon pretexte pour boire des bieres et discuter.
La Coupe du Monde a commencé bizarrement. Ces protestations qui continuaient, cette impression de semi-desorganisation, ces images "coupées" par la télé qui circulent sur Facebook, ce match baclé du Brésil... On sentait que ce n était pas la grosse fête et la pure folie chez les Brésiliens. Ce qu on peut comprendre.
Après, on commence a se prendre au jeu. Les matches sont beaux a voir, il y a du but, le Tiers Monde écrase le Premier, et en plus les Brésiliens sont pour les mêmes équipes que moi (generalement, les Noirs, les Sud Americains, les forts, les Français). Du coup, on a un peu envie de ronchonner et de dire que c est pourri mais on ne peut pas s empecher de se prendre au jeu et de suivre cette satanee coupe.
Faisons de petites études de cas:
Cas n 1: il y a un match a Salvador. Les gens s arretent de travailler (même les cours de capoeira...), la ville est bloquée, les rues sont envahies d étrangers bourrés, a toute heure du jour et de la nuit, étrangement déguisés aux couleurs de leur pays. Pour ça, il faut dire que les Hollandais sont sacrément balèzes. Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du pays. Helicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. Sauf les Français qui avaient l air d avoir perdu tellement ils sont pas funky. Avec Laurene on s était dit, chic, on va pouvoir crier dans la rue et chanter la Marseillaise a plein poumons, et faire cocorico toute la nuit avec nos compatriotes, hé bé que dalle. Déja, on s est perdues, et puis personne ne chantait cocorico. Sauf les Suisses qui étaient bourrés. Bon, au milieu de la nuit ils ont commencé a se derider un peu, caipirinha aidant, mais c etait un peu timide.
Cas n 2: il y a un match du Bresil. Les gens arrêtent de travailler (faut pas deconner, y a match!), la ville s arrête. Les bars sont envahis de brésiliens et de gringos habillés en jaune, vert, bleu. Les femmes sortent leur plus belle manucure aux couleurs du drapeau (d un gout exquis). Les commerçants vendent toutes sortes de babioles aux couleurs du Brésil. Le groupe de percus Olodum joue sur la place du Pelourinho avant la retransmission du match sur écran géant. Hélicos, flics, tout le tintouin, les gens regardent le match et font la fête après. La foule est énorme, les vendeurs de biere et les pickpockets travaillent activement.
De notre côté, nous travaillons pas mal. L hostel est full (ouais, je suis bilingual), le bar tourne a plein régime. La, j ai enchainé une nuit au bar - un morning shift (petit dej et tout, debut a 7h) - une nuit au bar - un morning shift, avec des nuits de 5h. Avec des petits siestons entre 2 quand même. En ce moment ça commence a se calmer puisque le match Bosnie Iran, aujourd hui a Salvador, est le match qui a ramené le moins de touristes de l histoire de la Coupe du monde (les stats ne sont pas de la FIFA, elles sont de moi, mais ne sont pas loin de la realité je pense). Jusqu au prochain 8eme de finale. Mais en ce moment, c est aussi la Sao Joao, alors il y a des concerts de forro a peu près partout, toute la soirée. Les gens mangent du mais et boivent de la liquer de caja (miam) ou de genipapo, et ils sont deguisés en paysans (hé oui). Du coup, le soir c est assez animé et du coup c est pas facile de se reposer quand un accordéon joue "Asa branca" pour la 4ème fois sous ta fenêtre. En vrai, ça ne me dérange pas, mais faut bien raler un peu.  
Nous regardons donc les matchs generalement dans le bistrot en bas de chez nous qui comprend: chaises en plastique - pavés - rue penchée - verre de cachaça a 1 real (1,5 pour les gringos) - télé bien sur - camés et alcoolos du coin - gringos - bière - petits malins qui tirent des pétards - chiens - etc. Tout cela est donc un joyeux bordel, les gens tombent, cassent les bouteilles, tout le monde prend un petit bout de trottoir pour voir le match. Nos copains alccoliques adorent commenter les matchs et faire leurs petites analyses. Parfois, leurs remarques sont vraiment fines et ils font preuve d une culture etonnante. Quel pilier de comptoir, em France, saurait comment s appelle l hymne brésilien? Et le nom du président? Et que la mere d Hitler n etait pas allemande (pourquoi on a parlé de ça? bonne question) Je vous jure, on a parfois des discussions geopolitiques plus intéressantes qu avec mes petits ex collègues de Sciences Po. Ils sont aussi desabusés contre le Brésil et soutiennent parfois les équipes adverses. Les brésiliens ont beau être tres chauvins, ils sont quand meme tres critiques sur la corruption, la politique, et qu on ne fait rien pour les pauvres. Du coup, vous imaginez bien que c est dur de suivre les matchs dans ces conditions. Mais moi j aime bien!
Voilà, vous aurez peut etre droit a un article "part 2" parce que je pense que j ai oublié de raconter plein de trucs. Et ce n est pas fini en plus. Mais je voulais pour une fois faire du "live blogging"!
A plus;

mercredi 11 juin 2014

Pelô, boulot, forro

Je suis très contente de mon titre, je tiens a le souligner.
Pour les non initiés:
pelô = pelourinho, la vieille ville de Salvador, là ou je me trouve en ce moment. Donc non maman, je ne suis pas au bord de la mer mais dans un endroit qui ressemble au Vieux Nice selon ma copine Lisa. Ce qui nest pas faux, mais avec encore plus de cafards et plus de Noirs (fort heureusement -pour les noirs).
Forro = une danse brésilienne qui se danse à 2, collés, avec de la musique un peu style bal musette. J adore, Romain déteste, hihihi.
Et boulot, eh ben c est boulot quoi. On a plusieurs taches, ce qui permet de varier les plaisirs, ce qui est plutôt cool. On fait des "shifts" à la reception l apres midi ou la nuit, on fait (enfin, je fais, apparemment c est un truc de gonzesse) le ménage, et on sert au bar de l hostel. Là, par exemple, je suis au shift de nuit, du coup je dois attendre que tout le monde rentre pour pouvoir pioncer. Generalement, c est pas avant 2-3h du mat. Hier, j etais au bar, et c etait un peu mon baptême du feu puisque le mardi soir ici c est la plus grosse nuit (va savoir pourquoi, ma boss pense que c est parce qu ils bossent tellement pas beaucoup qu ils peuvent se permettre de se mettre une cuite en pleine semaine...). Il y a un gros concert juste a coté et a la fin du concert tout le monde se rue dans le bar et te demande des bieres ou de la caipirinha. Et la caipi, c est long à faire, tu dois casser des glaçons et ça fait mal a la main. Mais du coup, attendez vous à ce que quand je reviens (si je reviens, héhé) je sois une pro de la caipi  :D
Bref, du coup c est assez chouette et en plus on est trop les chouchous parce qu on bosse trop bien. Romain est bien utile en tant que Cool Tools, ce qui consiste à reparer des trucs avec des bouts de ficelle et de la colle. Jusqu a il y a quelques jours on avait une bonne équipe de volontaires, principalement américains, mais vraiment sympas. On faisait pas mal de trucs, plages, diners, sorties, ensemble. A present une partie d entre eux est partie, et avec la Coupe du monde qui arrive ca rend les choses un peu busy. Mais bon, ca va ca vient, c est le principe de l hostel. On a aussi une femme de ménage qui est le cliché de la bahianaise au boulot: elle ne fait rien. Elle passe son temps sur Facebook ou au téléphone, et elle s active un peu quand la boss est dans le coin. Du coup, elle fait un boulot que tu peux faire en 3 heures, en 7 heures. Mais faut pas trop en faire, ici.
Les gens qu on accueille sont essentiellement des étrangers. Ils sont dans l ensemble assez cool, comme tous les backpackers. Mais ils ont une vision assez 'mercantile' du voyage: ils veulent 'faire' un pays un peu, j ai l impression, pour pouvoir le cocher sur une liste ou pour pouvoir dire a leurs copains: 'j ai fait le Brésil'. Mais la majorité ne prennent pas le temps d apprehender vraiment le pays dans lequel ils sont, et certains ne semblent meme pas en avoir envie, et sont très bien dans leur hostel de gringos. C est mon moment snob du blog, mais parfois je me dis, c est vraiment dommage s ils savaient tout ce qu ils ratent en restant regarder un film ricain devant la télé de l hostel plutôt que de sortir et de faire la fête avec les gens...
MAS ENFIM, comme on dit ici, c est pas mes oignons. Mais bon, la fête, c est quand même assez facile a faire ici, meme quand t as pas de thunes et que tu parles pas la langue. Il faut juste sortir dans la rue, rien dans les poches, et aller dans un des nombreux largos (places) du Pelourinho qui jouent de la musique live, gratuite, presque tous les soirs. C est ce qu on fait relativement assez souvent. Ou on (enfin, je) danse la samba dans des bars.
Le reste du temps, ça varie pas trop: c est (tous en choeur): PLAGE et, et quoi? CAPOEIRA! Oui, vous commencez a connaitre ma vie ici.
On s entraine avec une autre pointure de la capoeira angola qui est Mestre Valmir, qui nous fait bien transpirer. Il est vraiment bon et nous répète tous les jours que la capoeira, c est l attitude, et qu il faut sourire et etre detendu quand tu joues. Lui, il a toujours un gros smile quand il joue, ce qui est vraiment classe. Par contre  malheureusement ses eleves doivent pas très bien comprendre le message puisque certains d entre eux, les etrangers surtout, sont un peu des machines de guerre et qu ils jouent de la capoeira comme s ils repondaient a un problème de maths: scientifiquement. Or la capoeira ce n est pas ça, et il faut en jouer avec son coeur. C est beau hein?
Sur ce, je vous laisse sur ces divagations capoeiristiques.

La prochaine fois, je vous raconterai la Coupe du Monde. Ca risque d etre dingue.